Économie

Certaines marques, comme Lululemon et Ikea, se lancent sur le marché de la revente

Explications.

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Les marques Canada Goose, IKEA et Lululemon. Les marques Canada Goose, IKEA et Lululemon.

Alors que les Canadiens se tournent de plus en plus vers les articles d’occasion pour faire durer leur argent, certaines des plus grandes marques du pays cherchent elles aussi à se tailler une part de ce marché en pleine croissance.

Lululemon, dont le siège est à Vancouver, fait partie des entreprises qui se lancent dans la revente au Canada – rejoignant ainsi des marques comme Canada Goose et Ikea – et qui offrent à leurs clients la possibilité de revendre leurs produits usagés pour qu’ils puissent être revendus à quelqu’un d’autre.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Leurs produits se vendent déjà sur le marché de la revente. Pourquoi ne pas simplement entrer sur ce marché, contrôler l’image et la présentation de ces produits, et en profiter pour attirer de nouveaux clients?», a demandé Sid Mookerjee, professeur adjoint de marketing à l’Université McGill.

M. Mookerjee a expliqué que les marques y voient une occasion d’atteindre des consommateurs qui pourraient vouloir leurs produits, mais qui ne sont pas disposés ou en mesure de payer le prix plein.

Ce changement survient alors que les friperies et les boutiques de dépôt-vente traditionnelles suscitent elles aussi un intérêt croissant chez les acheteurs.

Lea Wilhelm, propriétaire de The Peacock Boutique Consignment à Calgary, explique que le commerce de dépôt-vente existe depuis 50 ans et vend toute une gamme de marques haut de gamme, dont Lululemon.

«Les gens font un peu plus attention à leurs dépenses», a-t-elle dit. «Les gens veulent toujours de la bonne qualité. C’est là qu’une entreprise comme la nôtre peut offrir de la bonne qualité pour une fraction du prix.»

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Elle a ajouté qu’elle se réjouissait de voir les grands détaillants prolonger la durée de vie de leurs produits et qu’elle ne s’inquiétait pas de cette concurrence accrue.

The Peacock Boutique Consignment peut payer les consignateurs en argent comptant plutôt que de limiter la rémunération à des crédits d’épicerie, a-t-elle précisé. Le magasin propose aussi des produits de nombreuses marques.

«On s’est suffisamment diversifiés pour ne pas dépendre uniquement d’une seule marque, d’un seul style ou de quoi que ce soit d’autre pour revendre à nos clients», a ajouté Lea Wilhelm.

La revente connaît un essor fulgurant

La croissance du marché de la revente crée aussi une autre occasion d’affaires : l’infrastructure nécessaire pour préparer des millions de produits usagés en vue de leur revente.

Lululemon a étendu son programme de revente Like New au Canada plus tôt cette année grâce à un partenariat avec Tersus Solutions, une entreprise basée à Denver qui s’occupe des coulisses pour remettre les produits usagés sur le marché.

Dans le cadre de ce programme, les clients peuvent échanger des articles Lululemon propres et en bon état, qui répondent aux critères d’admissibilité de l’entreprise, contre une carte-cadeau électronique utilisable en ligne ou en magasin.

Lululemon n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de CTV News.

Chaque article vendu dans le cadre du programme canadien passe par la nouvelle installation de Tersus à Calgary, d’une superficie de 25 000 pieds carrés, la première de l’entreprise à l’extérieur des États-Unis. Là-bas, les articles sont nettoyés et évalués, photographiés et mis en vente en ligne, avant d’être emballés et expédiés à leur nouveau propriétaire.

«On a eu de très nombreux jours où on expédiait plus d’un millier d’articles parmi ceux qui nous parvenaient, qui passaient par le système de recommerce, et les consommateurs les rachetaient pour, comme dirait Lulu, leur deuxième chance», a expliqué Steve Bommer, directeur général de Tersus Canada.

Tersus utilise du dioxyde de carbone sous pression plutôt que de l’eau pour nettoyer les vêtements.

«Ce qui se passe, c’est que le CO₂ se transforme en liquide sous ce genre de pression», a mentionné M. Bommer.

Contrairement à l’eau, le CO₂ liquide ne laisse pas les vêtements mouillés au sens conventionnel du terme, ce qui élimine le besoin d’un processus de séchage traditionnel, selon lui.

M. Bommer a précisé que ce procédé permet d’économiser environ 300 gallons, soit plus de 1100 litres, d’eau par cycle de nettoyage par rapport à un lavage humide conventionnel.

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L’entreprise se prépare aussi à traiter des milliers de souliers pour une autre marque au Canada, tout en collaborant avec plusieurs grandes entreprises de vêtements aux États-Unis.

«Au Canada, on a On Shoes. C’est une entreprise suisse. Ils viennent de s’associer avec nous. Ils s’apprêtent à envoyer environ 20 000 paires de souliers pour qu’elles subissent le même genre de processus de recommerce que celui mis en place par Lululemon», a dit M. Bommer. «Aux États-Unis, ils travaillent avec Arc’teryx, et Tersus collabore avec The North Face et Canada Goose.»

Canada Goose a lancé sa plateforme de revente certifiée Generations aux États-Unis en janvier 2023, avant de l’étendre au Canada en juillet de la même année et au Japon en 2025. Les clients peuvent échanger des produits admissibles contre une carte-cadeau; les articles sont authentifiés, évalués et préparés pour la revente.

L’entreprise affirme que plus de 17 000 produits ont été remis en circulation via Generations au cours de sa première année. Au cours de son exercice financier 2026, plus de 19 000 produits ont été remis en circulation grâce à la revente et à la réparation.

«Les produits Canada Goose sont conçus pour durer, et Generations a été créé pour aider à prolonger ce cycle de vie», a rapporté Carrie Baker, présidente de la marque et des opérations commerciales chez Canada Goose, dans un communiqué. «On sait qu’il y a un intérêt croissant pour la revente de confiance, et Generations offre aux clients un moyen certifié d’échanger, de magasiner et de redécouvrir des articles Canada Goose qui ont encore des années de vie devant eux.»

La tendance va au-delà des vêtements

Ikea Canada revend depuis longtemps les produits retournés et ceux qui ont servi de modèles par l’entremise de ses sections As-Is et a lancé en 2019 un programme permettant aux clients de revendre au détaillant des meubles Ikea usagés admissibles. L’entreprise affirme avoir vendu 1,6 million de produits par l’entremise de ses sections As-Is canadiennes l’année dernière et indique que son programme de revente continue de prendre de l’ampleur.

Peter Jones, responsable du développement durable chez Ikea Canada, a expliqué que les clients peuvent vérifier en ligne quels produits sont admissibles et obtenir une soumission avant d’apporter les meubles à un magasin en échange d’une carte-cadeau Ikea.

«Il y a plein de cas de usage pour ça», a-t-il rapporté. «Un étudiant entre à l’université. Il y reste trois ans. Il achète un bureau et des chaises. Peut-être qu’à la fin de ces trois ans, il n’a plus besoin de son bureau. Il nous le rapporte alors et nous le revend.»

M. Jones n’est pas surpris que d’autres grands détaillants se lancent dans la revente.

«Je dirais que tous les détaillants devraient le faire», a-t-il ajouté. «On est vraiment partisans d’une économie circulaire. C’est la seule façon d’assurer la viabilité d’une entreprise à long terme.»

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Selon le professeur Sid Mookerjee, la durabilité est une autre raison pour laquelle les marques s’intéressent de plus en plus à la revente, car les entreprises subissent des pressions pour montrer comment elles réduisent les déchets et maintiennent les produits en circulation plus longtemps. Mais il a ajouté que l’attrait de l’achat d’occasion évolue aussi.

Faire des achats d’occasion peut montrer que quelqu’un est malin financièrement ou qu’il a déniché quelque chose d’unique, a-t-il dit, tandis que les consommateurs sont de plus en plus à l’aise avec l’idée qu’ils n’ont pas besoin de posséder en permanence tout ce qu’ils utilisent.

«Ils ont l’habitude d’acquérir des biens en les considérant davantage comme des possessions temporaires plutôt que permanentes», a souligné M. Mookerjee.

Pour les détaillants de dépôt-vente traditionnels comme The Peacock Boutique Consignment, l’arrivée de grandes marques dans un secteur qu’ils occupent depuis des décennies est un autre signe que les mentalités à l’égard des biens d’occasion ont changé.

Pour Lea Wilhelm, il y a aussi une raison plus importante de faire circuler les vêtements. «Je sais à quel point l’industrie de la mode est néfaste pour notre planète», a-t-elle dit. «Le simple fait d’essayer de faire quoi que ce soit pour atténuer ça, pour le bien de notre planète, c’est pourquoi c’est important pour moi.»