Clinton Begin en avait assez de se rendre fréquemment dans les agences bancaires et d’appeler la salle des marchés pour suivre l’évolution de diverses transactions.
«Il y avait beaucoup de choses qui me faisaient perdre trop de temps. J’étais toujours en train de téléphoner, toujours en train de me déplacer. C’était toujours toute une histoire», se souvient-il.
Même s’il était client de plusieurs grands établissements bancaires depuis des décennies, ses frustrations n’ont cessé de croître jusqu’à atteindre leur paroxysme lors d’un incident concernant l’un de ses comptes enregistrés. Il a finalement décidé de franchir le pas et de choisir une entreprise de finance technologique comme banque principale.
L’autorité de régulation bancaire canadienne a simplifié son cadre d’octroi d’agréments bancaires, permettant ainsi aux petites sociétés financières et aux coopératives de crédit provinciales d’intégrer plus facilement le système financier fédéral et de concurrencer les six grandes banques canadiennes. Cela offre également aux consommateurs un choix plus large quant à l’établissement bancaire avec lequel ils souhaitent travailler.
Réfléchir à ses besoins
Mais les consommateurs ne devraient pas changer de banque sur un coup de tête, souligne Natasha Macmillan, directrice principale des services bancaires courants chez Ratehub.ca. Ils doivent d’abord réfléchir à leurs besoins.
Par exemple, une entreprise de finance technologique pourrait être plus adaptée à une personne qui recherche un taux d’épargne plus élevé, des frais bancaires moins élevés et qui n’a pas besoin d’une agence physique. Une coopérative de crédit pourrait être plus intéressante pour ceux qui souhaitent bénéficier de services personnalisés, d’un engagement communautaire et de frais bancaires moins élevés, suggère Mme Macmillan.
Cependant, certaines personnes peuvent encore préférer l’expérience d’une agence physique et l’accès à la large gamme de services qu’un établissement bancaire d’une des six grandes banques peut offrir.
Lorsqu’on envisage de passer à une banque plus petite, Mme Macmillan propose de comparer des facteurs clés, tels que les offres de comptes courants, l’existence ou non de frais sur les transactions et les retraits aux distributeurs, ainsi que les taux d’intérêt sur l’épargne.
Il convient également de prêter attention à l’accessibilité de l’application mobile, aux fonctionnalités de cybersécurité et à la protection des dépôts assurée par la Société d’assurance-dépôts du Canada, qui protège l’épargne des consommateurs jusqu’à 100 000 $ en cas de faillite d’une banque membre.
Un quart des Canadiens changent de banque
L’étude «Canadian Financial Switching 2026» d’Environics, menée auprès de plus de 42 000 Canadiens dans sept villes, a révélé que 22 % des personnes interrogées avaient changé de banque au cours des 12 derniers mois, contre 24 % en 2025.
Traditionnellement, une grande partie de la croissance des banques en place provient des clients existants qui souscrivent un autre produit auprès d’elles, comme une nouvelle carte de crédit, un compte d’épargne, un compte de placement, un prêt immobilier ou une ligne de crédit, explique Heidi Wilson, vice-présidente des services financiers chez Environics Research.
«Ce qui a le plus faibli cette année, c’est ce comportement consistant à “rester fidèle et ouvrir un autre compte”», ajoute-t-elle.
«Cela suggère que l’avantage de la vente croisée automatique dont bénéficient les banques en place n’est peut-être plus aussi fort qu’auparavant, suppose Mme Wilson. Les clients existants sont peut-être plus enclins à comparer les offres, à répartir leurs dépenses entre plusieurs établissements ou à essayer un autre prestataire.»
Nick Hearne, planificateur financier agréé, indique que les offres promotionnelles incitent souvent les gens à ouvrir de nouveaux comptes ou à changer de banque, ce qui ne devrait pas être la motivation principale.
«Il faut faire la distinction entre l’offre temporaire et la relation à long terme», affirme-t-il.
M. Hearne souligne qu’il est important de prendre en compte la relation globale que l’on entretient avec une banque.
«Les investisseurs doivent comprendre à la fois ce qu’ils paient et ce qu’ils reçoivent en contrepartie, qu’il s’agisse de gestion de portefeuille, de planification financière, de coordination fiscale, de planification des revenus de retraite ou de conseils continus», énumère-t-il.
«La question essentielle est de savoir si les conseils et les services fournis justifient leur coût», ajoute-t-il.
Étape par étape
Le transfert de comptes doit se faire par étapes, une fois que vous avez pris votre décision.
Commencez par vous assurer que le nouveau compte est bien ouvert et opérationnel, conseille M. Hearne. Transférez ensuite les versements de salaire ou de retraite, les versements de l’État et les éventuels avantages fiscaux versés par l’Agence du revenu du Canada, ainsi que les prélèvements automatiques pour le paiement des factures.
Passer en revue vos anciens relevés bancaires peut également vous aider à identifier les paiements peu fréquents, tels que les abonnements annuels, les primes d’assurance et les impôts fonciers.
«Ensuite, vous devriez probablement laisser votre ancien compte ouvert pendant un ou deux cycles de facturation, juste pour vous assurer de n’avoir rien oublié avant de le fermer», détaille M. Hearne.
«L’objectif n’est pas de changer rapidement. L’objectif est de changer sans heurts.»

