Les Canadiens admissibles ont commencé à recevoir leur deuxième versement dans le cadre de la nouvelle Prestation canadienne pour l’épicerie et les produits de première nécessité, mais certains estiment que cet argent supplémentaire ne contribue guère à alléger la pression liée à la hausse des coûts des aliments et des dépenses du ménage.
Cette prestation, anciennement appelée «crédit pour la TPS/TVH», prévoit des versements trimestriels aux Canadiens à faible revenu, calculés en fonction de facteurs tels que le revenu, l’état civil et le nombre d’enfants dans le ménage.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Une personne seule sans enfants peut recevoir jusqu’à 679$ par année, tandis que les ménages comptant quatre enfants ou plus peuvent recevoir jusqu’à 1826$.
CTVNews.ca a demandé à ses lecteurs si cette prestation aidait leurs familles à joindre les deux bouts. Dans leurs réponses par courriel, certains ont indiqué que cela ne suffisait pas pour faire une différence notable, tandis que d’autres ont précisé qu’ils n’étaient pas admissibles, malgré les difficultés financières auxquelles ils font face.
«Une goutte d’eau dans l’océan»
Pour certaines personnes âgées et celles qui vivent de prestations d’invalidité, cet argent supplémentaire est le bienvenu, mais il disparaît rapidement.
«Cela ne m’aide pratiquement pas du tout», a écrit Allen Mayes, d’Armstrong, en Colombie-Britannique, ajoutant que la prestation annuelle maximale pour une personne seule ne lui permettait de faire qu’une poignée d’achats d’épicerie.
Cet homme de 73 ans a indiqué qu’il vivait à la fois de la Régie des pensions du Canada (RPC) et de la Sécurité de la vieillesse (SV), et qu’il dépensait environ 150 $ toutes les deux semaines en aliments de base.
«(Cette aide) représente moins de 20% de mes dépenses alimentaires de base pour l’année. Ce n’est pas une goutte d’eau dans un seau — c’est une goutte dans l’océan», a écrit M. Mayes. Il a précisé qu’il se nourrit principalement d’aliments de base peu coûteux tels que les fèves, les pois et le maïs surgelés, le riz et la farine, et qu’il cuit son propre pain pour économiser de l’argent.
Guy Helwig, de Southampton, en Ontario, a affirmé que cette aide financière aidait «un peu», mais a fait valoir que la hausse des coûts allait bien au-delà des dépenses d’épicerie.
M. Helwig, qui a précisé qu’il était à la retraite et qu’il vivait avec un revenu fixe, a souligné la hausse des loyers, des impôts fonciers, des tarifs d’eau et d’égouts, ainsi que des frais de téléphone, de câble et d’Internet.
«Les gens croulent sous le poids des factures en hausse!» a-t-il écrit.
«Marre de ne jamais être entendue»
Jodie McAuley, de l’île de Vancouver, a indiqué que le montant qu’elle a reçu est bien trop maigre pour faire une différence significative.
«127$ pour l’épicerie pour une personne âgée, c’est tout simplement lamentable», a-t-elle écrit. «Si vous faites le calcul, cela revient à 1,41$ par jour entre chaque versement. Une boîte de soupe coûte plus cher que ça »
La situation est similaire pour Liz Carter.
«Même si j’apprécie tout argent supplémentaire que je reçois, ce n’est vraiment qu’une “goutte d’eau dans l’océan”», a écrit cette résidente de Red Deer, en Alberta.
Cette femme de 72 ans a raconté qu’elle avait peu de nourriture dans son réfrigérateur et son garde-manger, et qu’elle avait dû réduire ses portions en raison de la hausse des prix.
«Je me nourris principalement de thon maigre en conserve et de lanières de poulet grillées surgelées», a-t-elle écrit.
Mike Van Damme, de Sarnia, en Ontario, a dit qu’il recevait environ 1 200 $ par mois grâce au Régime de pensions du Canada (RPC).
Il a ajouté que les personnes vivant de prestations d’invalidité ont du mal à subvenir à leurs besoins essentiels et méritent davantage de dignité.
«Je n’ai jamais demandé à naître avec une anomalie génétique qui affecte mon cœur», a-t-il écrit. «Nous parlons tous de l’accessibilité financière, mais peu de mesures sont prises, et les personnes en invalidité en ont assez de ne jamais être entendues.»
«Le gouvernement nous a abandonnés»
Pour certains lecteurs, la situation géographique et les circonstances compliquent encore davantage le problème.
Arlene Campbell, originaire de Patuanak, en Saskatchewan, a expliqué que les résidents de sa collectivité du nord de la Saskatchewan n’ont pas accès aux grandes chaînes d’épicerie telles que Walmart ou Superstore.
«Nous devons faire nos achats chez Northern Store, et les frais de transport sont inclus dans les prix, ce qui entraîne un coût extrêmement élevé», a-t-elle écrit.
Elle a indiqué qu’un bidon de lait peut coûter près de 14$, tandis qu’une boîte de couches peut atteindre 64$.
Bien que Mme Campbell apprécie la remise sur les produits d’épicerie, elle a déclaré que ce n’était «pas vraiment un avantage».
Toutes les personnes qui ont répondu à l’appel ne reçoivent pas cette prestation.
Cindy Hitch, qui réside à Winnipeg, a déclaré avoir été mise à pied en 2025 après la faillite de son employeur et vivre depuis de l’assurance-emploi.
Elle estime que le calcul de la prestation, basé sur son revenu antérieur, a laissé de côté des personnes comme elle. «J’ai l’impression que le gouvernement nous a abandonnés», a écrit Mme Hitch.
Avec des informations de Daniel Otis pour CTV News
