Économie

«Ça va être difficile»: une entreprise de bougies suspend ses ventes aux États-Unis en raison des tarifs

20 % de ses ventes proviennent de clients américains.

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Ellen Santos Ellen Santos, propriétaire de Farmhouse Charm Candles à Calgary. (CTV News)

Une entreprise de l’Alberta a suspendu ses ventes à ses clients américains après que ses chandelles ont été soumises à un droit de douane de 50 %, ce qui met en lumière le contexte de plus en plus complexe auquel sont confrontées les petites entreprises canadiennes qui vendent au sud de la frontière.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Ellen Santos, propriétaire de Farmhouse Charm Candles Inc., a indiqué que ce droit de douane est survenu juste au moment où l’entreprise commençait à prendre de l’élan aux États-Unis, notamment grâce à l’intérêt manifesté par de nouveaux clients grossistes.

«Techniquement, on donne les chandelles gratuitement», a précisé Mme Santos à propos de la tentative de l’entreprise d’absorber le tarif douanier. «C’est insensé. Et ce n’est pas viable.»

L’entreprise fabrique ses chandelles à la main à Calgary et affirme qu’environ 20 % de ses ventes proviennent de clients américains.

Cependant, tous ses produits ne subissent pas le même traitement à la frontière.

Les chandelles et les fondants de cire de Farmhouse Charm sont fabriqués à partir des mêmes ingrédients, à une différence près: les chandelles sont munies d’une mèche. Cette distinction place les produits finis dans des catégories douanières différentes.

L’entreprise précise que ses fondants de cire et ses vaporisateurs d’ambiance ne sont pas assujettis au tarif de 50 % et continueront d’être vendus aux clients américains. Mais les chandelles représentent l’essentiel de ses revenus.

«Ça va être difficile», a soutenu Glen Baulsobrino, directeur des opérations de l’entreprise.

«Le marché américain est un marché énorme, surtout pour nos produits.»

—  Glen Baulsobrino, directeur des opérations de Farmhouse Charm Candles

Les entreprises se diversifient

Le défi dépasse largement le cadre d’une seule entreprise albertaine.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) indique que 40 % des petites entreprises exportant vers les États-Unis s’attendent à être touchées par les derniers droits de douane, tandis que près d’un tiers s’attend à voir son chiffre d’affaires chuter de 50 % ou plus.

Jasmin Guénette, vice-présidente des affaires nationales de la FCEI, a indiqué que l’organisation salue les efforts d’Ottawa pour soutenir les petites entreprises, mais souhaite que le gouvernement fédéral aille plus loin.

«Nous demandons également au gouvernement fédéral d’alléger le fardeau fiscal des petites entreprises, de réduire le taux d’imposition des petites entreprises afin que celles-ci puissent conserver une plus grande partie de leurs bénéfices et s’adapter à leur situation commerciale», a dit M. Guénette.

Il a ajouté que l’incertitude entourant les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis pousse les entreprises à s’adapter, notamment en trouvant des fournisseurs à l’extérieur des États-Unis et plus près de chez elles.

«Nous avons vu de nombreuses entreprises commencer à diversifier leurs activités», a souligné M. Guénette, ajoutant que les entreprises pourraient également envisager d’exporter leurs produits et marchandises vers des marchés internationaux en dehors des États-Unis.

«40 millions de Canadiens»

Mais la diversification hors du marché américain présente des défis qui lui sont propres.

Moshe Lander, économiste à l’Université Concordia, a expliqué que la situation géographique du Canada et l’envergure de l’économie américaine font qu’il est difficile pour les entreprises canadiennes de remplacer le marché américain.

«Si vous essayez maintenant de trouver des clients en Europe, vous devez d’abord franchir un océan», a expliqué M. Lander.

«Et c’est une entreprise beaucoup plus compliquée. Si vous visez l’Asie, c’est la même chose.»

—  Moshe Lander, économiste

«Nous dépendrons toujours du marché américain», a-t-il soutenu. «C’est la plus grande économie du monde.»

Un durcissement des contrôles à la frontière pourrait également limiter la capacité de croissance des entreprises canadiennes, a affirmé M. Lander.

«Au lieu d’un marché nord-américain intégré de 500 millions de personnes, on se retrouve maintenant avec 40 millions de Canadiens», a-t-il précisé, ajoutant que les petites entreprises qui rêvent de devenir des moyennes ou grandes entreprises «pourraient se rendre compte qu’elles n’en ont plus la capacité».

«Une période difficile en ce moment»

Malgré ces défis, Mme Santos et M. Baulsobrino n’abandonnent pas leurs projets d’expansion internationale. Ils espèrent commencer à s’implanter sur d’autres marchés au début de l’année prochaine, tout en continuant à vendre leurs produits non assujettis à des droits de douane aux États-Unis.

Parallèlement, Mme Santos a indiqué que l’entreprise mettait davantage l’accent sur sa clientèle canadienne et s’attachait à nouer des relations avec des détaillants locaux à Calgary et ailleurs en Alberta.

«Nous essayons de rester à flot en établissant des contacts avec davantage de clients locaux», a-t-elle exprimé. «Nous avons conclu plusieurs partenariats avec des magasins locaux à Calgary et dans l’Alberta.»

Mme Santos a indiqué que l’incertitude rendait cette période difficile pour l’entreprise, mais elle garde l’espoir que le contexte commercial actuel ne durera pas.

«Nous voulons nous aussi rester positifs», a-t-elle déclaré. «Cela ne durera certainement pas éternellement. Mais c’est une période difficile en ce moment.»

Avec des informations de Kristen Yu pour CTV News