Économie

Bombardier affiche un chiffre d'affaires «record» pour son secteur des services

Publié le 

Les revenus de Bombardier ont progressé de 3 % sur un an au troisième trimestre. Photo prise au centre d’assemblage de Bombardier à Mississauga, en Ontario, le 8 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan Les revenus de Bombardier ont progressé de 3 % sur un an au troisième trimestre. Photo prise au centre d’assemblage de Bombardier à Mississauga, en Ontario, le 8 décembre 2025. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Sammy Kogan)

Signe que Bombardier cherche à étendre son secteur des services, les revenus tirés de ces activités ont dépassé un cap «record» de 700 millions $ au cours des derniers mois. L’avionneur québécois observe également toujours un «momentum» favorable dans le domaine de la défense.

Le constructeur indique que ses services, qui comprennent notamment l’entretien et le soutien après-vente de ses avions, ont généré des revenus de 701 millions $ au troisième trimestre s’étant terminé le 30 septembre, soit une hausse d’environ 19 % par rapport à il y a un an.

Ce résultat constitue une première pour l’entreprise établie à Montréal, a souligné son président et chef de la direction, Éric Martel, lors d’une téléconférence avec des analystes financiers jeudi matin.

«Depuis des années, nous investissons dans notre réseau de services, nous développons nos capacités et nous nous rapprochons de nos clients partout dans le monde», a affirmé M. Martel.

Et l’expansion dans ce secteur n’est pas terminée, a-t-il précisé, évoquant qu’il reste d’autres occasions à explorer.

Le mois dernier, Bombardier a annoncé des investissements estimés à 270 millions $ aux États-Unis. L’entreprise vise notamment le Texas, qu’elle considère comme un «pilier de l’expansion continue de son réseau de services».

Un «momentum» en défense

La bonne performance dans les activités de services se répète aussi dans le secteur de la défense, a fait valoir M. Martel, qui y voit un «momentum croissant».

«Nous continuons de voir notre carnet de commandes à long terme prendre forme grâce à d’importants contrats stratégiques», a affirmé le patron de la société montréalaise.

Il a cité en exemple le choix de l’OTAN, l’été dernier, d’acquérir des appareils de surveillance GlobalEye de l’entreprise de défense suédoise Saab, fabriqués en partenariat avec Bombardier.

Et plus récemment, Ottawa a convenu avec Saab d’un protocole d’accord non contraignant pour l’achat éventuel d’une flotte de ces avions militaires pour l’Aviation royale canadienne.

La fabrication de l’appareil s’appuie sur le jet d’affaires Global 6500 de Bombardier. Ce dernier est construit dans la région de Toronto, puis envoyé en Suède pour y être défait et réassemblé avec les composants de surveillance.

Ce type d’appareil est en forte demande, a rappelé M. Martel en conférence de presse jeudi. Mais ayant atteint sa capacité pour produire ces avions en Suède, Saab appelle en renfort Bombardier.

Des discussions sont en cours entre les deux partenaires pour établir quelles portions du travail pourraient être menées dans les installations de Bombardier au Canada.

Le constructeur québécois évalue en parallèle quel site au pays pourrait accueillir une partie de la production du GlobalEye.

«On regarde plusieurs endroits au Canada», a mentionné M. Martel aux journalistes. La décision devrait être prise au début de l’année prochaine.

La disponibilité de la main-d’œuvre est probablement le «critère le plus important» pour déterminer l’emplacement, a-t-il indiqué.

«On a besoin de mécaniciens licenciés. Alors, dans quelle ville on peut être certain qu’on va trouver ce talent nécessaire va être extrêmement important», a expliqué M. Martel.

Début octobre, «The Globe and Mail» rapportait que, selon des sources, Bombardier favoriserait l’agrandissement de son usine actuelle située près de l’aéroport Pearson de Toronto. Cet endroit serait privilégié principalement parce que l’entreprise y construit son Global 6500, précisait le quotidien torontois.

Jeudi devant les médias, M. Martel a dit ne pas pencher actuellement pour un site plus qu’un autre.

«On a vraiment une approche avec des critères précis. (...) Chacun des critères a un certain poids. On est en train de passer au travers de tous ces critères-là, évaluer tous les endroits où on pourrait faire ça.

«Mon équipe est extrêmement diligente par rapport à ça», a-t-il fait valoir.

Résultats financiers

Bombardier a vu son bénéfice net diminuer d’une année à l’autre au troisième trimestre, mais ses revenus ont progressé de 3 % au cours de la même période.

L’entreprise montréalaise a annoncé un bénéfice net de 81 millions $ US, soit 73 cents US par action. À la même période l’an dernier, son bénéfice avait atteint 85 millions $ US, soit 77 cents US par action.

Sur une base ajustée, Bombardier a indiqué que son bénéfice a atteint 182 millions $ US, soit 1,72 $ US par action, en hausse par rapport à 129 millions $ US, soit 1,21 $ US par action, il y a un an.

Les revenus de l’entreprise se sont chiffrés à 2,37 milliards $ US lors du dernier trimestre, en hausse comparativement à 2,31 milliards $ US à la même période l’an dernier.

Les flux de trésorerie disponibles se sont chiffrés à 183 millions $ US, en amélioration de 20 % par rapport à ceux du troisième trimestre de 2025.

Bombardier a d’ailleurs revu à la hausse ses prévisions de flux de trésorerie disponibles pour l’ensemble de l’exercice. Ils devraient être supérieurs à 1,3 milliard $ US pour l’exercice complet, plutôt qu’à 1,0 milliard $ US.

En date du 30 septembre, le carnet de commandes de l’entreprise était évalué à 22,2 milliards $ US, alors qu’il était évalué à 17,5 milliards $ US au 31 décembre 2025.

Lors du troisième trimestre, Bombardier a livré 33 avions, soit un de moins qu’à la même période l’an dernier.

Frédéric Lacroix-Couture

Frédéric Lacroix-Couture

Journaliste