L’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq organisations syndicales de la construction, se dit ravie des augmentations de salaire qui seront finalement accordées pour les trois dernières années de la convention collective 2025-2029.
L’association patronale du secteur, toutefois, craint que celles-ci augmentent les coûts pour les consommateurs.
À la suite de la grève de trois semaines qui avait eu cours, en mai et juin derniers, dans le secteur de la construction résidentielle, les parties avaient conclu une entente de principe.
Les parties s’étaient entendues pour la hausse de salaire pour la première année, mais, pour les années 2026, 2027 et 2028, les augmentations de salaire devaient être déterminées par un conseil d’arbitrage. C’est cette décision qui vient d’être rendue.
Ainsi, les travailleurs de la construction résidentielle lourde — qui compte un plus grand nombre d’étages — toucheront des augmentations de salaire de l’ordre de 5 % à compter du 26 avril prochain, de 5 % à compter d’avril 2027 et de 4 % à compter d’avril 2028.
Ceux du résidentiel léger toucheront des augmentations de 5,5 % à compter du 26 avril prochain, de 5,5 % pour 2027 et de 4,5 % pour 2028.
L’Alliance syndicale, qui regroupe la FTQ-Construction, le Syndicat québécois de la construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), la CSD-Construction et la CSN-Construction, se réjouit des augmentations obtenues pour ses membres qui oeuvrent dans le secteur résidentiel. Elle représente aussi ceux qui travaillent dans les autres secteurs.
«Il s’agit d’une solution ponctuelle et contextuelle évitant d’aggraver la situation relative aux écarts de salaire entre le secteur résidentiel (particulièrement le sous-secteur léger), et le secteur institutionnel et commercial», a commenté le porte-parole de l’Alliance, Alexandre Ricard.
«L’Alliance syndicale de la construction est ravie car il était primordial pour nous de ne pas accroître l’écart de salaire. Nous défendrons avec vigueur les droits des travailleurs et des travailleuses dans le comité sur l’attractivité et la rétention du personnel dans le secteur résidentiel – qui inclut le rattrapage salarial – afin d’obtenir des gains tangibles», a-t-il ajouté.
L’association patronale du secteur, qui est l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), craint au contraire les répercussions de telles hausses sur l’abordabilité des habitations.
«L’APCHQ comprend et soutient l’importance d’offrir d’excellentes conditions aux travailleur(se)s. Toutefois, ces conditions de travail sont imposées sans gains de productivité pour les compenser. L’abordabilité est ainsi encore plus fragilisée.
«Construire dans le secteur résidentiel implique que la main-d’œuvre représente entre 40 % et 50 % des coûts de construction, une proportion nettement supérieure à celle des autres secteurs (industriel, institutionnel, génie civil). Aussi, lorsque les salaires augmentent, ce sont les citoyen(ne)s qui paient la facture, ce qui n’est pas le cas dans les autres secteurs, où ce sont principalement les entreprises ou le gouvernement qui en assument les coûts, qui sont de surcroît bien souvent déductibles d’impôt», ajoute l’APCHQ.

