L’éditeur de cartes bancaires American Express a annoncé vendredi la suppression de 5 % des postes dans le monde, ce qui représente environ 3 800 emplois, dans le cadre d’une restructuration accompagnant le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) pour davantage d’efficacité.
«La solide performance de nos activités tout au long de l’année nous a permis d’accroître nos dépenses de marketing et investissements technologiques», a indiqué Stephen Squeri, PDG d’American Express, lors d’une audioconférence avec des analystes consacrée aux résultats du troisième trimestre.
Selon lui, le groupe a décidé d’utiliser une partie du produit de cession de Global Business Travel Group (GBT) — annoncée en mai, environ 6,3 milliards de dollars de valeur d’entreprise — «pour investir afin de rendre l’entreprise plus efficace et mieux préparée pour l’avenir».
«En conséquence, nous avons enregistré une charge de restructuration sur le trimestre de 336 millions de dollars, ce qui devrait entraîner la suppression d’environ 5 % de nos postes au niveau mondial», a-t-il indiqué, sans précision de localisation ni de calendrier.
Sollicité par l’AFP, American Express n’a pas souhaité fournir d’autres détails.
D’après un document boursier, le groupe employait environ 76 800 personnes au 31 décembre 2025, dont près de 26 000 aux États-Unis.
M. Squeri a affirmé que cette restructuration visait à «positionner l’entreprise pour une croissance de long terme».
«Nous sommes sur une bonne dynamique, mais, pour accélérer l’innovation et réussir dans les prochaines années, nous avons besoin de gagner en agilité et en efficacité», a-t-il justifié, avant de se lancer dans une longue explication sur le déploiement de l’intelligence artificielle en interne et dans la relation clients.
«L’IA nous donne l’opportunité de changer fondamentalement la façon dont les porteurs de carte profitent de leur adhésion, la rendant plus proactive, personnalisée et importante dans leur vie quotidienne», a relevé M. Squeri.
Le groupe compte développer ses propres produits, mais également conclure des partenariats, comme déjà avec OpenAI et son agent ChatGPT.
«Nous considérons l’IA comme un puissant accélérateur de notre stratégie à long terme», a commenté le PDG, précisant qu’American Express se trouvait encore «aux prémices».
De son côté, le directeur financier Christophe Le Caillec a précisé que la cession de GBT avait généré un gain de 1,11$ par action et que la restructuration pèserait à hauteur de 37 cents par action.
Au troisième trimestre, American Express a réalisé un chiffre d’affaires de 20,06 milliards de dollars (+9% sur un an) et un bénéfice net de 3,71 milliards (+28%).
«Nous sommes sur la trajectoire pour réaliser une autre année de croissance du chiffre d’affaires supérieure à 10% et du bénéfice par action autour de 15%», a affirmé M. Squeri.
Le groupe table sur un bénéfice net par action compris entre 18,30$ et 18,60$ sur l’année, contre 15,38$ en 2025.
Dans la journée, l’action American Express perdait 3,54% à la Bourse de New York.
