Économie

Alcool, produits laitiers et autos: ce qui est et ce qui n’est pas à l’ordre du jour dans les négos entre le Canada et les États-Unis

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Le ministre responsable du commerce entre le Canada et les États-Unis, DominIc LeBlanc, et la négociatrice en chef en matière de commerce, Janice Charette, donnent une conférence de presse, le 2 juin 2026, sur le toit de l'ambassade canadienne à Wash... Le ministre responsable du commerce entre le Canada et les États-Unis, DominIc LeBlanc, et la négociatrice en chef en matière de commerce, Janice Charette, donnent une conférence de presse, le 2 juin 2026, sur le toit de l'ambassade canadienne à Washington. LA PRESSE CANADIENNE/Kelly Geraldine Malone (Kelly Geraldine Malone)

Au lendemain de pourparlers commerciaux approfondis entre des représentants du Canada et des États-Unis à Washington, des détails commencent à émerger sur les points de concession mutuelle qui pourraient faire l’objet des négociations en cours.

Plusieurs sources de l’industrie ont déclaré à CTV News qu’elles étaient prudemment optimistes quant aux progrès réalisés en vue d’un accord bilatéral global, distinct de l’accord trilatéral officiel conclu entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Toutefois, elles mettent également en garde contre toute attente quant à la conclusion d’un accord avant la date limite imminente du 19 août.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

CTV News garantit la confidentialité à certaines sources afin qu’elles puissent s’exprimer plus librement au sujet des négociations, qui, selon ce qu’on leur a dit, sont «tendues» et risquent d’être déraillées à tout moment par le président américain Donald Trump.

Une source au fait des négociations a dit à CTV News que le Canada cherche à obtenir le statut de «nation la plus favorisée» dans tous les secteurs. Selon cette source, cela ne signifie pas la suppression totale des droits de douane, mais plutôt l’obtention du taux le plus bas, qui pourrait varier selon les produits.

Deux autres sources ont indiqué à CTV News que les propositions à l’étude comprennent la suppression des contre-droits de douane sur les automobiles et des interdictions provinciales sur l’alcool. Des propositions sont également échangées concernant la modification du mode de gestion des quotas laitiers.

Si les négociations ne parviennent pas à empêcher l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane que les États-Unis prévoient d’imposer au Canada dans 11 jours, une autre source indique que le Canada prépare des mesures de rétorsion «ciblées avec précision». La source a précisé que ces mesures ne sont pas des contre-tarifs douaniers, mais qu’elles pourraient inclure des mesures visant à entraver l’accès préférentiel aux grands projets d’approvisionnement, aux minéraux essentiels et à l’énergie que les États-Unis souhaitent obtenir.

LeBlanc termine un autre voyage aux États-Unis

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, s’est quant à lui rendu de nouveau à Washington mardi, pour son deuxième voyage à Washington en autant de semaines, dans un contexte de guerre commerciale prolongée avec les États-Unis et de nouvelles menaces tarifaires de la part du président américain Donald Trump.

Il était accompagné de la négociatrice en chef du Canada auprès des États-Unis, Janice Charette.

Bien que M. LeBlanc quitte Washington vendredi et doive revenir lundi, son bureau n’a pas confirmé si le ministre tiendrait une autre rencontre avec le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, la semaine prochaine.

Cette série de voyages intervient alors que la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis — déclenchée lorsque Trump a imposé une série de droits de douane sur les produits canadiens — atteint la barre des 18 mois.

Trump, quant à lui, a signé un décret à la fin du mois dernier afin d’imposer un nouveau droit de douane de 50 % sur certains produits canadiens, notamment le vin, les bâtons de hockey et le ciment, en raison de ce que son administration qualifie de politiques commerciales discriminatoires.

Plus précisément, le président conteste les interdictions provinciales visant l’alcool américain, la gestion de l’offre dans le secteur laitier, ainsi que certains droits de douane et quotas sur les automobiles importées au Canada en provenance des États-Unis.

Ces mesures doivent entrer en vigueur le 19 juillet. Interrogé jeudi, alors qu’il se rendait à ses réunions, sur la possibilité que le Canada et les États-Unis parviennent à un accord avant cette date, M. LeBlanc a répondu en français : «je l’espère.»

Charest met en garde contre des «attentes trop élevées»

Dans une entrevue accordée vendredi à CTV News, l’ancien premier ministre du Québec — et actuel membre du Comité consultatif du premier ministre sur les relations économiques canado-américaines —, Jean Charest, a mis en garde les Canadiens contre des «attentes trop élevées» quant à la conclusion d’une entente avant la date limite du 19 août.

Il a toutefois précisé que le secteur laitier canadien, soumis à la gestion de l’offre, faisait partie des discussions.

Trump s’en est pris à ce système vieux de plusieurs décennies, qui impose un contrôle de la production afin de répondre à la demande intérieure. Trump a fait valoir que ce système, qui fixe également des quotas d’importation pour les produits laitiers, les œufs et la volaille, est « déraisonnable » pour les agriculteurs américains qui souhaitent vendre leurs produits au Canada.

M. Charest a réitéré ce qu’avait déclaré M. Carney jeudi: la gestion de l’offre restera en vigueur. Il a toutefois ajouté que des travaux étaient en cours concernant les quotas, qui avaient été négociés en 2018, avant la signature de l’ACEUM l’année suivante.

L’ACEUM accorde aux producteurs laitiers américains l’accès à environ 3,5 à 3,9 % du marché laitier canadien par le biais de quotas tarifaires spécialisés.

«Il y a des éléments que nous pourrions modifier pour permettre à notre voisin américain de tirer parti des quotas qui ont déjà été attribués; ils existent déjà», a dit M. Charest jeudi. «Ce sont le genre de mesures que nous pourrions prendre et qui seraient bénéfiques pour les deux parties.»

Le comité consultatif, composé de 24 membres, s’est réuni virtuellement jeudi alors que M. LeBlanc et Mme Charette étaient en visite à Washington.

«(M. LeBlanc, Charette et l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, Mark Wiseman) ont réitéré que le Canada collabore étroitement avec les États-Unis pour régler les questions commerciales en suspens dans l’intérêt mutuel des deux pays, notamment en obtenant une exemption de tous les tarifs sectoriels existants et des nouveaux tarifs prévus à l’article 338 que les États-Unis prévoient imposer le 19 août, ainsi qu’en réalisant des progrès vers une modernisation de l’ACEUM», indique un communiqué publié à la suite de la réunion de jeudi.

L’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) fait désormais l’objet d’un processus d’examen annuel, les trois pays n’ayant pas réussi à s’entendre à l’unanimité sur un renouvellement global de l’accord le 1er juillet.