La première ministre Christine Fréchette a officialisé lundi son intention d’éliminer la TVQ sur certains produits.
Dans un point de presse dans une épicerie, elle a précisé quels produits seraient visés par cette mesure. On retrouve par exemple les fruits et les légumes coupés, les noix, les muffins, le papier hygiénique et les mouchoirs en papier dans les produits qui coûteront un peu moins cher dès le 15 juillet prochain.
«On vient régler aujourd’hui une sorte d’iniquité ou d’illogisme. Il y a plusieurs des produits qu’on achetait qui étaient taxés si on en achetait moins que six et à partir du moment où on en achetait six, ils devenaient détaxés. Donc on vient éliminer cette incongruité», a fait valoir Mme Fréchette, qui a précisé que cette mesure était permanente.
La première ministre a précisé que pour une famille de deux enfants, cela équivaudrait à une économie d’environ 50 $ par année. «On va donc réduire la facture d’épicerie de manière récurrente», a-t-elle insisté.
Sur une base quotidienne, une telle économie ne représente toutefois que 13,7 sous par jour ou 4,15 $ par mois.
Coûts d’immatriculation
En plus de l’abolition de la TVQ sur certains produits, Mme Fréchette a annoncé une réduction de 50 $ sur le coût de renouvellement des droits d’immatriculation pour les véhicules de promenade dès septembre prochain.
Avec cette déduction, qui sera appliquée automatiquement, Mme Fréchette dit vouloir aider les automobilistes de la province à composer avec la hausse du coût de l’essence causée par le conflit en Iran. D’après le gouvernement, ce sont 4,9 millions de véhicules qui sont concernés par cette annonce.
Bonification du crédit d’impôt pour solidarité
Mme Fréchette a porté à trois le nombre de mesures pour limiter les impacts de la hausse du coût de la vie lundi, alors qu’elle a aussi annoncé une bonification du crédit d’impôt pour solidarité pour certains Québécois.
Ensemble, ces trois annonces devraient coûter 682 millions $.
La ventilation des ces mesures nous apprend que la détaxation des aliments coûtera 102 millions $ à l’État, une somme qui sera récurrente. La réduction des frais d’immatriculation représente, elle, 245 millions $, mais ne sera pas récurrente. Le chèque envoyé aux bénéficiaires du crédit d’impôt pour solidarité représente de son côté un déboursé de 335 millions $, un montant qui ne sera pas récurrent lui non plus.
Girard: «On a la marge de manoeuvre»
Mme Fréchette avait déjà atteint la maximum de la «petite caisse» de 250 millions $ que lui avait mis de côté le ministre des Finances dans son budget et avec les annonces de lundi, le total des sommes récurrentes engagées atteint maintenant 336 millions $, auxquelles s’ajoutent les 580 millions $ non récurrents.
Mais Eric Girard a dû intervenir à quelques reprises pour exposer l’état réel des finances publiques afin de tenter de désamorcer ce qui s’annonce déjà comme un argument qui sera répété sans relâche par les partis d’opposition lors de la prochaine campagne électorale.
«On a des revenus supplémentaires qui compensent amplement ces sommes et d’ailleurs, nous allons publier les comptes publics de l’année 25-26 à la fin juin et les résultats sont meilleurs que prévu», a-t-il dit.
«Les finances publiques sont dans un bon ordre, a-t-il poursuivi. Le déficit 24-25 a été révisé à la baisse, le déficit 25-26 a été révisé à 9,9 milliards $ et sera révisé encore aux comptes publics. C’est 1,2 % du PIB, la moyenne des provinces canadiennes est de 1,9 %. Notre niveau de dette, on a 4 % moins de dette que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en proportion de l’économie. Et ça, c’est après une pandémie, l’invasion d’Ukraine par la Russie, une guerre tarifaire et maintenant un conflit au Moyen-Orient. Vraiment, la dette est bien gérée. Alors, je vous confirme qu’on a la marge manoeuvre pour faire les gestes qu’on fait aujourd’hui.»
Avec de l’information de La Presse canadienne

