Art et culture

Une maison de l'Illinois fréquentée par George Harrison est en vente

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Cette photo, fournie par Grady Adams, montre la maison située au 113, rue McCann à Benton, dans l'Illinois, où George Harrison, alors inconnu, a séjourné lors d'une visite à sa sœur en septembre 1963, quelques mois avant les débuts des Beatles aux Ét... Cette photo, fournie par Grady Adams, montre la maison située au 113, rue McCann à Benton, dans l'Illinois, où George Harrison, alors inconnu, a séjourné lors d'une visite à sa sœur en septembre 1963, quelques mois avant les débuts des Beatles aux États-Unis. La maison est aujourd'hui à vendre et certains admirateurs des Beatles craignent sa démolition. Grady Adams via AP (Uncredited)

Pour ce musicien britannique maigrichon, ce n’était qu’un simple voyage pour rendre visite à la famille de sa sœur en septembre 1963 à Benton, dans l’Illinois.

Il est parti camper. Il a improvisé avec des musiciens locaux. Il a bu de la racinette livrée en patins à roulettes. Il a acheté des disques. Il s’est procuré une guitare. Puis, il est rentré chez lui.

La fois suivante où les habitants de Benton ont revu George Harrison, c’était aux côtés de 73 millions d’autres téléspectateurs qui avaient syntonisé la chaîne pour voir son groupe, les Beatles, faire ses débuts aux États-Unis dans The Ed Sullivan Show, environ quatre mois plus tard. «L’invasion britannique», qui a bouleversé la musique populaire et la culture américaine, était lancée.

Aujourd’hui, la maison où Harrison et son frère Peter ont séjourné à Benton, à 160 kilomètres au sud-est de Saint-Louis, est à vendre.

On comprendra les amateurs des Beatles de s’inquiéter pour son avenir. En 1995, la maison située au 113, McCann Street avait rendez-vous avec la boule de démolition. Des militants, dont la sœur de Harrison, Louise Harrison Caldwell, qui avait quitté la ville à la fin des années 1960, sont intervenus pour la sauver.

C’est l’exploitation minière qui a amené la famille de la sœur de Harrison à Benton

Auparavant connue pour avoir organisé la dernière pendaison publique de l’État en 1928, Benton, qui compte 6700 habitants, a été construite sur les riches gisements de charbon du sud de l’Illinois. Louise Caldwell s’est installée dans la ville lorsque son mari, ingénieur des mines, a trouvé un emploi dans ce qui était alors une industrie florissante.

La maison qu’ils ont choisie est un bungalow de cinq chambres construit en 1935, avec une façade en briques surplombant son large porche.

Au milieu des années 1990, une agence de l’État a racheté la maison à un propriétaire ultérieur avec l’intention de la raser pour en faire un stationnement. Robert Bartel, un grand amateur de Springfield, auteur et documentariste spécialiste des Beatles, a alerté les médias et les fidèles des Fab Four.

Des investisseurs locaux l’ont rachetée à l’État et ont ouvert le Hard Day’s Nite Bed and Breakfast, où l’on pouvait voir le canapé sur lequel Harrison jouait de la guitare ainsi que de nombreux autres souvenirs des Beatles prêtés, dont plusieurs provenant de Robert Bartel.

L’auberge a fermé ses portes en 2010. Grady Adams, un habitant de Benton, l’exploite depuis ce temps comme des appartements classiques avec chambre et salle de bain, mais souhaite désormais vendre la maison, la mettant en vente à 105 000 $ US. Brian Calcaterra, directeur du développement économique de Benton, a suggéré que la ville rédige une ordonnance pour protéger la maison de la démolition par un nouveau propriétaire, mais le maire de Benton, Lee Messersmith, a déclaré que le conseil municipal n’avait pas encore débattu de la question.

«Bien sûr, si elle n’est pas démolie, je préférerais cela», a déclaré M. Adams.

La question de savoir s’il existe un intérêt – ou l’énergie nécessaire – pour redonner à la maison de McCann Street sa gloire des Beatles reste à débattre.

Jim Kirkpatrick, de Creal Springs, auteur de «Before He Was Fab», un récit de la visite de Harrison dont les droits ont été achetés pour un film, a eu au moins une conversation encourageante avec une personne envisageant l’achat.

Robert Rea, chef d’entreprise à Benton et historien qui a contribué à sauver la maison des Beatles il y a trente ans, croit que l’engouement s’est estompé.

«Quand nous avons fait cela (en 1995), le monde est devenu fou parce que les gens pensaient: “George va venir, il va sauver la maison”, a expliqué M. Rea. Et je suis juste honnête avec vous, peut-être que je passe à côté de quelque chose, mais cet élan n’est plus là.»

Un dernier voyage dans l’anonymat

Ce voyage était peut-être la dernière occasion pour Harrison de profiter de l’anonymat. Il a campé dans la forêt nationale de Shawnee. Il a joué avec un groupe local populaire lors d’un concert dans une salle située à proximité. Le leader du groupe l’a emmené dans un restaurant où les serveuses se déplaçaient en patins, et où il a bu de la racinette pour la première fois.

Dans un magasin de disques sur la place du centre-ville de Benton, Harrison a acheté une pile de vinyles. Parmi eux se trouvait le simple R&B de James Ray, «I’ve Got My Mind Set on You», dont la reprise par Harrison en 1987 s’est hissée en première place au palmarès.

Il a également acheté une guitare Rickenbacker 425, comme celle de son comparse John Lennon. Harrison a joué de cette guitare un mois plus tard, lorsque les Beatles ont enregistré I Want to Hold Your Hand. Elle s’est vendue aux enchères en 2014 pour 675 000 $ US.

Un jour, pendant la visite de Harrison, lui et Caldwell sont passés à la radio WFRX, où Marcia Schafer Raubach, alors âgée de 17 ans, animait une émission pour adolescents le samedi après-midi. Harrison lui a offert un exemplaire de «She Loves You», en lui disant qu’elle venait d’atteindre la première place des palmarès britanniques.

Raubach a interviewé Harrison à l’antenne, une première pour un Beatle aux États-Unis, et a diffusé le 45 tours, qu’elle possède toujours. Elle a raconté que cela sonnait différemment des chansons que les adolescents américains passaient alors en boucle sur les juke-box. Mais cela n’a pas marqué son public.

Malgré ses cheveux un peu longs dans un pays où la coupe en brosse était de rigueur, Raubach a trouvé Harrison, vêtu d’une chemise blanche impeccable, d’un jean et de sandales, «très soigné».

«Il était sympathique et bien élevé, et on l’appelait le «Beatle discret» – eh bien, il l’était.»

«Si j’avais su ce qu’ils allaient devenir, j’aurais géré ça différemment, a confié Raubach, aujourd’hui âgée de 79 ans. C’est toujours incroyable qu’il soit venu ici et que je l’aie rencontré. Je pense qu’il aimait vraiment le sud de l’Illinois.»

Harrison n’est cependant jamais revenu à Benton; il est décédé en 2001 à l’âge de 58 ans. Caldwell avait 91 ans lorsqu’elle est décédée en 2023.