Un juge d’Amsterdam a rejeté mercredi le recours formé par une organisation juive visant à faire annuler deux concerts du rappeur Ye, anciennement Kanye West, estimant que ces concerts ne constituaient pas une menace pour l’ordre public.
Ye a suscité une vive controverse ces dernières années en raison d’une série de propos antisémites, ce qui a soumis les autorités néerlandaises à une pression croissante pour qu’elles annulent les concerts prévus les 6 et 8 juin.
Le Conseil central juif a déposé mardi une requête en urgence, arguant que Ye devrait être banni du pays pour avoir exprimé son admiration pour Adolf Hitler et vendu des t-shirts arborant des croix gammées.
Selon le tribunal de district d’Amsterdam, il n’y avait aucun motif valable pour empêcher Ye de se produire. «Rien n’indique que la présence de West dans les jours à venir entraînera des dangers concrets pour l’ordre public», a soutenu le tribunal dans un communiqué.
Le Conseil central juif a exprimé sa déception concernant cette décision. «Nous avons l’impression qu’il est acceptable d’être antisémite», a dit Chanan Hertzberger, président de l’organisation, à l’Associated Press.
Les législateurs néerlandais ont soutenu une requête visant à interdire l’entrée de Ye sur le territoire, mais le ministre de l’Immigration a déclaré qu’il n’existait aucune base juridique pour une telle mesure. Les propos de Ye étaient «répréhensibles», mais il n’y avait «aucune raison de lui interdire l’entrée», a fait valoir Bart van den Brink aux journalistes la semaine dernière.
L’artiste de 48 ans devait donner ses premiers concerts en Europe depuis plus de dix ans. En avril, il s’était vu refuser l’entrée au Royaume-Uni en raison de ses propos, ce qui avait entraîné une série d’annulations. Des concerts en Italie et en Pologne ont été annulés.
Plus de 100 000 admirateurs se sont rassemblés à Istanbul samedi soir pour assister au premier concert de Ye en Turquie.
Les organisateurs du concert indiquent que 70 000 billets ont été vendus pour les deux prochains concerts au Gelredome, dans la ville d’Arnhem, à l’est des Pays-Bas.
Ye s’est excusé en janvier dans une annonce d’une page entière publiée dans le Wall Street Journal, affirmant que son trouble bipolaire l’avait conduit à «une phase maniaque de quatre mois, marquée par un comportement psychotique, paranoïaque et impulsif qui a détruit (sa) vie».
