Art et culture

Production du spectacle de Julien Lacroix: Juste pour rire recule

L’humoriste honni a été ramené... puis «cancellé» en une journée.

Mis à jour le 

Publié le 

Production du spectacle de Julien Lacroix: Juste pour rire recule Juste pour rire ne produira finalement pas le prochain spectacle de l'humoriste controversé Julien Lacroix, face à la vague d'indignation.

Face à la vague d’indignation suscitée par l’annonce de son association avec l’humoriste controversé Julien Lacroix, Juste pour rire a annoncé qu’il ne produira finalement pas son prochain spectacle.

L’association entre le controversé humoriste Julien Lacroix, visé en 2020 par une vague de dénonciations d’agressions ou d’inconduites sexuelles, et Juste pour Rire avait fait vivement réagir dans la communauté de l’humour québécoise, jeudi et vendredi.

En juillet 2020, neuf femmes s’étaient confiées au journal Le Devoir, disant avoir été victimes d’agressions ou d’inconduites sexuelles de la part de Julien Lacroix.

Dans un communiqué, Juste pour rire a reconnu que «sa décision initiale n’était pas la bonne».

«Diriger le Groupe Juste pour rire vient avec une grande responsabilité, je le réalise encore plus aujourd’hui», mentionne le PDG Sylvain Parent-Bédard. «Parmi ces responsabilités figure celle de l’écoute. Nous avons écouté aujourd’hui, nous avons reconsidéré notre décision, nous la regrettons et nous corrigeons.»

Plusieurs humoristes avaient utilisé leur plateforme pour dénoncer l’annonce et partager leur découragement ou leur colère, avant que Juste pour rire recule.

«Tant qu’il n’y a pas un réel désir d’inclusion et de rendre notre milieu sécuritaire pour moi, pour l’instant, c’est encore de la poudre aux yeux», a lancé Emna Achour, humoriste et militant féministe, en entrevue avec Noovo Info.

Sur les réseaux sociaux, on pouvait également voir plusieurs réactions de nombreux humoristes. En voici quelques exemples:

«Même pas UNE semaine après le 8 mars. SACRAMENT. QUE. J’[SUIS]. TANNÉE […] Je suis déçue de mon milieu», a partagé Christine Morency dans une série de stories.

«[…] Hier, en voyant cette annonce, j’ai eu envie de vomir. Parce que ça me rappelle à quel point, encore aujourd’hui, certaines décisions dans ce milieu donnent l’impression que la carrière et l’argent passent avant la considération des femmes, des humains», a de son côté réagi Mélanie Ghanimé dans un long message sur Facebook.

«Aucune structure mise en place pour protéger les survivantes et les femmes en général. Juste des démarches pour réhabiliter des agresseurs qui pourraient leur rapporter du beau gros cash», a renchéri Emna Achour dans une publication où elle partageait une capture d’écran de l’article de La Presse.

«Arke tu me f*cking niaises», a commenté Coralie LaPerrière sous ladite publication, qui a cumulé 1000 mentions «j’aime» et une centaine de commentaires sur Instagram.

«Honnêtement, je sais même pu quoi dire. Évidemment, chu ben en t*barnak! Mais j’ai de la peine aussi… Ça me fait de la peine pour les victimes. Ça me fait de la peine pour les autres artistes qui pourront pu se sentir en sécurité et ceux qui vont devoir choisir entre payer leurs bills et travailler avec eux», a partagé l’autrice Justine Philie.

Émilie Ouellette a de son côté ironisé sur la situation. «Juste pour rire devrait ramener les galas thématiques. Le gala des agresseurs. Ils ont un premier bon flash : Julien Lacroix», a-t-elle écrit sur Facebook.

L’ancienne agence de Lacroix, le Groupe Phaneuf, qui s’était distancé de l’humoriste après l’article du Devoir, a aussi réagi à la nouvelle. «Nous sommes indignées. Nous sommes fâchées. Notre position reste la même. Bien que nous ayons donné le temps au temps», peut-on lire dans une publication relayée sur Facebook.

En entrevue avec La Presse, le PDG de Juste pour rire, Sylvain Parent-Bédard expliquait la décision par son intention de «renforcer sa présence comme producteur de spectacles solos et [d’]accompagner de près des artistes de premier plan dans leurs projets».

«Nous reconnaissons également le chemin qu’il a parcouru au cours des dernières années et l’évolution qui accompagne cette démarche», a ajouté M. Parent-Bédard lors de l’entretien.