«Payez vos livres s’il vous plaît»: c’est le message qu’a lancé l’autrice Jessica David dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Elle dénonçait la publication de la version numérique d’un de ses ouvrages sur un groupe Facebook alors que son livre venait de paraître. Une publication qui lui fait perdre des revenus en tant qu’autrice.
Mme David se remet présentement d’un cancer du sein donc l’année 2025 a été très difficile pour elle.
«J’ai vraiment comme été dans un tourbillon de peur, plus capable de rien faire… Éventuellement, je me suis dit “il me faut un projet”», explique-t-elle.
L’idée d’un roman de Noël lui est alors venue. «Juste pour moi, juste pour le fun», dit Mme David alors qu’elle dit que l’écriture de ce livre lui a amené «beaucoup de lumière».
Résultat: Il faut toujours avoir une opinion sur Noël est paru le 14 novembre dernier. Toutefois, sa version numérique a commencé à circuler gratuitement sur internet en très peu de temps.
L’autrice Marie-Eve Hudon qui a fait paraître le roman Sur la route de Noël en octobre dernier vit également la même situation alors que l’ouvrage s’est retrouvé sur le même groupe Facebook que le roman de Jessica David.
En entrevue avec Noovo Info, Mme Hudon explique qu’une copie d’un livre numérique peut être partagée de manière «exponentielle».
«C’est que la même copie va être partagée à dix personnes qui elles-mêmes, vont pouvoir la repartager à dix personnes».
De son côté, Mme David affirme que le nombre de livres vendus en moyenne se situe à 800 copies. En moyenne, l’auteur d’un livre touche 10% des revenus des ventes. Des revenus qui sont partagés entre plusieurs acteurs de ce qui est appelé la chaîne du livre.
«800 copies à 10 % du prix de vente, donc on est à peu près à 2,50$. On a de l’imposition là-dessus comme tout le monde. Donc, c’est pas un grand nombre de titres», explique l’autrice.
L’autrice a même remarqué que la première page d’un autre de ses ouvrages a récolté au-dessus de 1000 vues.
«Quand tu te dis que sur une page, c’est 1000 vues… Je me dis déjà là que c’est 2500$ qui ne vont pas dans mes poches.»
— Jessica David, autrice
Un phénomène qui se multiplie
L’auteur et président de l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ), Pierre-Yves Villeneuve, affirme qu’il y a une multiplication de pages privées du genre.
Des fans d’un auteur peuvent se partager des copies numériques sans se rendre compte que c’est le gagne-pain de celui-ci, explique M. Villeneuve.
Voyez le reportage de Marika Simard dans la vidéo.

