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Patrick Stewart, vedette de «Star Trek» et de «X-Men», est décédé à l’âge de 86 ans

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Patrick Stewart L'acteur Patrick Stewart participe à une conférence de presse consacrée au film « Logan » dans le cadre de la Berlinale 2017, à Berlin, en Allemagne, le 17 février 2017. (Photo AP/Michael Sohn, archives)

Patrick Stewart, cet acteur de théâtre de formation classique qui a interprété l’intégralité de l’œuvre shakespearienne et apporté une touche de gravité à la franchise Star Trek ainsi qu’aux films X-Men, est décédé. Il avait 86 ans.

M. Stewart s’est éteint mercredi à Los Angeles, à l’issue d’un combat «bref et émouvant» marqué par la maladie d’Alzheimer et la démence à corps de Lewy, a déclaré la porte-parole Kelly Bush Novak.

Bien qu’il fût surtout connu pour ses rôles du professeur Charles Xavier et du capitaine Jean-Luc Picard, respectivement dans les séries et les films «X-Men» et «Star Trek : La Nouvelle Génération», Stewart a passé une plus grande partie de sa carrière sur les planches qu’au Manoir des X-Men ou à bord de l’USS Enterprise.

En plus d’avoir incarné des personnages aussi variés que Claudius ou Macbeth, il a souvent présenté une adaptation en solo de «A Christmas Carol» et a joué au West End et à Broadway dans «No Man’s Land» d’Harold Pinter et «En attendant Godot» de Samuel Beckett, aux côtés de son ami Ian McKellen.

C’est lorsqu’il s’est enfin attaqué à Macbeth pour la première fois qu’il a reçu certaines des meilleures critiques de sa carrière. La production, mise en scène par Rupert Goold, a été présentée pour la première fois en mai 2007 au Chichester Festival Theatre, en Angleterre, avant de s’installer dans le West End de Londres, puis à la Brooklyn Academy of Music, pour finalement rejoindre Broadway en 2008.

La prestation de Stewart lui a valu sa seule nomination aux prix Tony. Le Times de Londres a qualifié son Macbeth de «création captivante mêlant fragilité, convoitise, égoïsme et humour noir». Le «Daily Telegraph» a déclaré qu’il avait livré «une prestation véritablement exceptionnelle» et le «New York Times» a qualifié le spectacle de «incontournable».

«J’ai attendu près de 50 ans», a déclaré Stewart à l’Associated Press en 2008. «Je l’ai appris quand j’avais 14 ans. J’ai mémorisé tous les monologues simplement parce que je les trouvais formidables. Et ils sont restés gravés dans ma mémoire, ce qui m’a évité d’avoir à apprendre ces passages de la pièce, ce qui est une bénédiction, car l’apprentissage des répliques est désormais devenu le seul fléau de ce métier.»

Le commandant du vaisseau spatial a grandi sans toilettes

Élevé à Mirfield, dans le Yorkshire, une région ouvrière du nord de l’Angleterre, le futur commandant d’un vaisseau spatial du XXIVe siècle a grandi sans salle de bain chez lui.

Stewart s’est joint à une troupe de théâtre amateur à l’âge de 12 ans et a appris Shakespeare par cœur pour le plaisir à l’adolescence. Il a remporté une bourse d’études à la Bristol Old Vic Theatre School, ce qui lui a permis de lancer sa carrière d’acteur de caractère.

Il était chauve depuis l’âge de 19 ans — l’alopécie est courante dans sa famille.

Son père, un ancien sergent-major de régiment de l’Armée britannique, était sujet à des accès de «violence répétée envers ma mère», comme l’a écrit Stewart dans un article de journal. «La violence est toujours un choix qu’un homme fait et il en est seul responsable.»

Dans ses mémoires, «Making It So», Stewart raconte comment lui et son frère aîné Trevor se préparaient aux nuits où leur père rentrait ivre et en colère, et s’en prenait à leur mère. «Parfois, c’était à main ouverte, d’autres fois avec le poing fermé. Il visait toujours sa tête.»

Sa passion pour Shakespeare s’est avérée fructueuse dans le rôle du capitaine Picard.

«La scène s’est avérée être un espace sûr, un refuge contre la vie réelle où je pouvais incarner un autre personnage, vivant dans un autre lieu et à une autre époque», écrira-t-il.

Stewart a été accepté au sein de la Royal Shakespeare Company, où il est resté pendant 14 ans, interprétant des rôles aussi variés que Marc Antoine, Henri IV, Shylock et Oberon. «Les gens qui ne faisaient pas partie de la compagnie me disaient : “Laisse tomber. Pourquoi ne vas-tu pas ailleurs?» Et je répondais : «Pour faire quoi?», a-t-il déclaré à l’AP. «La télé?»

Stewart a fini par partir à la recherche de rôles plus variés, notamment dans le film «Excalibur» de 1981. Il venait tout juste de terminer une production de «Qui a peur de Virginia Woolf?» en 1987 lorsqu’une offre intéressante s’est présentée. «Je me suis retrouvé à Hollywood pour tourner une série de science-fiction diffusée en syndication, dont on m’avait assuré qu’elle serait un échec.»

Patrick Stewart assiste à la 84e cérémonie annuelle des Peabody Awards, le dimanche 9 juin 2024, à Beverly Hills, en Californie. (Photo by Richard Shotwell/Invision/AP, archive) Crédit image | (Richard Shotwell)

Ce ne fut bien sûr pas le cas. Grâce à la riche voix de baryton et au port noble de Stewart, la franchise «Star Trek» a duré sept ans, totalisant 178 épisodes et donnant lieu à quatre longs métrages. Il était connu pour son slogan «Make it so».

Son admiration pour Shakespeare lui a été très utile lorsqu’il a commencé à incarner Jean-Luc Picard, un commandant de vaisseau spatial du XXIVe siècle.

«Il y a une formalité dans leur façon de parler et de se comporter qui me rappelle de nombreuses situations shakespeariennes que j’avais vécues sur scène. Je me suis rendu compte que je devais jouer Jean-Luc comme s’il s’agissait d’un personnage de “Henri IV”, qui parle d’hommes courageux», a écrit Stewart dans ses mémoires.

Malgré les Borgs et les Klingons, Stewart a tout de même réussi à faire une place au vers blanc. Il a fondé la Paramount Shakespeare Company, un atelier organisé les samedis et dimanches matins et ouvert à tout acteur intéressé. (Stewart a repris le rôle de Picard dans la série télévisée «Star Trek : Picard».)

La série lui a apporté une plus grande visibilité, ce qui lui a valu davantage de travail, notamment des rôles dans les films «Conspiracy Theory», «L.A. Story» et à Broadway, où il a joué dans «La Tempête», «The Caretaker» et «A Life in the Theater» de David Mamet. Il a été fait chevalier par la reine Elizabeth II en juin 2010. Stewart était également ambassadeur de l’International Rescue Committee.

Une personnalité courageuse et imposante... et sexy?

En juillet 1992, lui et la supermodèle Cindy Crawford figuraient en couverture du numéro «Top Turn-Ons» du TV Guide, d’après un sondage auprès des lecteurs. Dans ses mémoires, Stewart a écrit : «absurde.»

Stewart a incarné pour la première fois le personnage de Xavier dans la trilogie originale des X-Men, apparaissant dans trois films entre 2000 et 2006. Il est ensuite revenu dans quatre autres films avant la mort du professeur X dans «Logan», sorti en 2017. Il a refait son apparition dans «Doctor Strange in the Multiverse of Madness» en 2022.

Patrick Stewart Captain Picard Crédit image | (CBS Photo Archive/CBS via Getty Images)

Il a également démontré ses talents d’humoriste dans la série «Blunt Talk» de Seth MacFarlane diffusée sur Starz pendant deux saisons et a prêté sa voix au personnage de Poop dans «Le Film des emojis». Il a fait des apparitions dans «Robot Chicken», «Futurama» et «Les Simpson» (dans un épisode, Homer perd ses cheveux, et Stewart lui dit que c’est génial d’être chauve).

Plus tard dans sa vie, il s’est révélé très à l’aise avec Internet et s’est fait de nouveaux admirateurs grâce à son humour, en posant dans un bain vêtu d’un costume de homard et en déclenchant une vague de mèmes lorsqu’il a publié une photo de lui en train de cueillir des pommes. Lorsqu’un journal britannique l’a par erreur présenté comme homosexuel, il a déclaré que c’était un changement agréable. «Au moins, je ne me suis pas réveillé avec Internet qui m’annonçait que j’étais encore mort», a-t-il tweeté.

Il a épousé Sunny Ozell, auteure-compositrice et chanteuse de Brooklyn, en 2013, lors d’une cérémonie célébrée par McKellen, son partenaire dans la série « X-Men ». Stewart a par la suite publié sur Twitter une photo des jeunes mariés dans une piscine à balles.

Il laisse également dans le deuil deux enfants, une fille, Sophia, et un fils, Daniel.