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Paramount reporte la finalisation du rachat de Warner

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ARCHIVES - Le procureur général de Californie, Rob Bonta, prend la parole lors de la convention d'État du Parti démocrate de Californie de 2026, le 21 février 2026, à San Francisco. (Photo AP/Jeff Chiu, Archives) ARCHIVES - Le procureur général de Californie, Rob Bonta, prend la parole lors de la convention d'État du Parti démocrate de Californie de 2026, le 21 février 2026, à San Francisco. Photo AP (Jeff Chiu)

Paramount et Warner Bros. Discovery ont convenu de reporter la finalisation de leur fusion, d’un montant de 81 milliards $US, jusqu’à une date bien avancée de l’année prochaine. Une décision surprenante qui intervient alors qu’un juge continue d’examiner le recours déposé par 12 États cherchant à bloquer purement et simplement l’opération.

Paramount a indiqué vendredi dans un communiqué qu’elle ne finaliserait pas le rachat de Warner avant qu’une décision de justice ne soit rendue concernant les recours des États, ou au plus tard le 1er juin 2027.

Cet accord intervient quelques jours seulement après que la juge fédérale Araceli Martínez-Olguín a accordé une injonction provisoire visant à geler la transaction pendant plusieurs semaines, soulignant que les États avaient soulevé des «questions sérieuses» et présenté des arguments solides quant au risque que la fusion «réduise considérablement la concurrence».

Paramount et les États ont également convenu d’annuler l’audience relative à l’injonction préliminaire qui était prévue le 3 août. L’affaire intentée par les États s’oriente désormais vers un procès antitrust de plus grande envergure.

Un report salué comme une victoire

«C’est exactement ce que nous recherchions depuis le début: une voie directe vers un procès fondé sur les preuves», a écrit Paramount dans un communiqué.

La société, rachetée par Skydance l’année dernière à peine, a ajouté qu’elle se réjouissait de pouvoir prouver que cette transaction était «bénéfique pour la concurrence, pour les consommateurs et pour les créateurs».

De son côté, le procureur général de Californie, Rob Bonta — qui dirige l’action en justice des États —, a qualifié ce report d’excellente nouvelle pour le public, les cinémas et les professionnels du divertissement et des médias à l’échelle nationale.

«Notre argument contre cette fusion illégale est simple: lorsque trop peu d’entreprises détiennent un pouvoir excessif sur des marchés essentiels à la vie américaine, cela renchérit les prix et aggrave la situation», a commenté M. Bonta dans un communiqué.

Il a ajouté que les États étaient impatients de voir leur recours aboutir devant les tribunaux et de s’assurer que la fusion Paramount-Warner «ne voie jamais le jour».

La Writers Guild of America a également intenté une action en justice visant à bloquer la fusion, arguant que l’opération causerait un préjudice spécifique aux scénaristes de cinéma et de télévision. Ce report laissera également plus de temps pour que cette affaire suive son cours devant les tribunaux.

Une fusion qui nuirait à la concurrence à Hollywood

Un rapprochement entre Warner et Paramount réunirait deux des cinq derniers studios historiques d’Hollywood ainsi qu’une multitude de chaînes de télévision, dont CNN.

Le service de diffusion en continu HBO Max de Warner et des titres très appréciés des adeptes comme «Harry Potter» se retrouveraient sous le même toit que CBS, propriété de Paramount, et le service de diffusion en continu Paramount+, qui propose notamment des titres tels que «Top Gun».

La semaine dernière, les douze États — parmi lesquels figurent, outre la Californie, des poids lourds du divertissement comme New York — ont intenté une action en justice pour bloquer cette acquisition, alléguant qu’une telle fusion «anéantirait la concurrence» à Hollywood et réduirait le choix des consommateurs, en particulier des cinéphiles et des abonnés au câble.

Paramount a qualifié à plusieurs reprises les allégations des États de sans fondement et de ne pas refléter la réalité actuelle du secteur.

La société met en avant l’influence croissante des géants de la technologie et de la diffusion en continu dans l’ensemble du secteur du divertissement et fait valoir que la fusion l’aiderait à rivaliser avec des concurrents plus importants, comme Netflix (qui avait lui-même autrefois souhaité racheter une grande partie des activités de Warner) et d’autres «qui ont nui au marché de l’exploitation en salles».

La plainte des États ne porte pas spécifiquement sur la diffusion en continu. Elle allègue que la fusion enfreint la loi Clayton — une loi fédérale antitrust majeure — en raison de l’emprise prévue sur trois marchés : la distribution cinématographique, la sortie en salles des grandes superproductions et l’octroi de licences pour les chaînes du câble de base.

La contestation des États — dont tous ont des procureurs généraux démocrates — contraste nettement avec le feu vert de fait donné à l’opération par l’administration Trump.

Le département américain de la Justice a annoncé en juin qu’il ne s’opposerait pas à la fusion et a publié à la place un communiqué inhabituellement long, estimant qu’un rapprochement entre Paramount et Warner apporterait «des avantages aux consommateurs et aux travailleurs américains».

Le département de la Justice a affirmé que son examen n’avait rien de politique. Cependant, les détracteurs ont haussé les sourcils — et souligné les liens étroits entre le président républicain Donald Trump et la famille milliardaire de David Ellison, PDG de Paramount.

De nombreux regards se tournent également vers les actifs de Warner, tels que CNN, une chaîne qui suscite depuis longtemps la colère de Trump et des membres de son administration, notamment au vu des remous éditoriaux au sein de CBS, propriété de Paramount, après le rachat par Skydance.

Le report annoncé vendredi «atténue considérablement la crainte à court terme qu’une société Paramount politisée ne contrôle CNN lors des élections de mi-mandat de 2026», a noté Mike Proulx, vice-président et directeur de recherche chez Forrester.

Incertitudes à plus long terme

«J’ai dit dès le départ que quiconque pense savoir comment cette opération va se terminer devrait y réfléchir à deux fois, a écrit M. Proulx. Ce que nous savons, c’est que le chemin menant à l’une ou l’autre issue vient de s’allonger, de se compliquer et sera probablement plus coûteux.»

Ce retard, qui dure désormais depuis plusieurs mois, pourrait s’avérer très coûteux pour Paramount. La société s’était auparavant engagée à verser aux actionnaires de Warner une indemnité supplémentaire, dite «ticking fee», s’élevant à environ 7 millions $US par jour si l’opération n’était pas conclue avant le 30 septembre.

Si l’on tient compte des milliards de dollars de dette, le projet d’acquisition de Warner par Paramount est actuellement évalué à près de 111 milliards $US sur la base des actions en circulation.

Au-delà des États-Unis, Paramount a également mis en avant l’obtention d’autorisations réglementaires dans des pays tels que le Canada, la Chine et l’Australie.

L’Union européenne a aussi donné son feu vert à l’opération, sous réserve que la société s’engage à adapter ses partenariats de distribution cinématographique sur son territoire.

Parallèlement, l’examen de l’opération se poursuit au Royaume-Uni, qui a séparément laissé entendre qu’il pourrait intervenir.