L’Union européenne (UE) a approuvé cette semaine le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount pour un montant de 81 milliards $ US. Elle lève ainsi un nouvel obstacle réglementaire à cette mégafusion susceptible de bouleverser profondément le paysage mondial du divertissement et des médias.
Ce feu vert s’accompagne toutefois de certaines conditions.
La Commission européenne, qui est l’autorité de la concurrence de l’UE, a déclaré que, même avec le regroupement Paramount-Warner, il existerait suffisamment de concurrents sur des marchés tels que la production cinématographique et la diffusion en continu au sein de son bloc de 27 pays.
Cependant, en ce qui concerne la distribution des films dans les salles, la Commission a mis en garde contre une forte concentration qui pourrait entraîner «une détérioration des conditions de location et de distribution pour les exploitants de salles, ce qui, en fin de compte, porterait préjudice aux consommateurs».
Pour remédier à cela, la Commission a indiqué que Paramount, détenu par Skydance, avait accepté de mettre fin à sa participation, au sein de l’Espace économique européen, dans United International Pictures — une coentreprise de longue date avec un autre grand studio, Universal, que Paramount utilisait pour distribuer des films en salles en dehors de l’Amérique du Nord.
L’entreprise doit mettre fin à ce partenariat dans les 13 mois suivant la finalisation de l’acquisition de Warner, a précisé la Commission, et ne conclure aucun nouvel accord avec Universal pendant les dix prochaines années.
Entre autres conditions, la distribution actuelle des films Warner doit être transférée vers le même circuit que celui utilisé par Paramount dans ces pays européens. La Commission européenne a précisé que son autorisation était subordonnée aux engagements pris par l’entreprise et qu’elle surveillerait leur mise en œuvre, sans donner plus de détails sur la manière dont cela serait contrôlé.
Paramount s’est félicitée du feu vert de l’UE, qu’elle a qualifié de «jalon majeur» vers la finalisation de son acquisition. Dans un communiqué publié mercredi, l’entreprise a ajouté que ces autorisations reflétaient la manière dont l’alliance Paramount-Warner «élargira le choix des consommateurs» et créera une entreprise d’une envergure «capable de rivaliser avec les entreprises technologiques qui en sont venues à dominer le secteur».
Universal n’a pas répondu mercredi à une demande de commentaire concernant les nouveaux engagements de Paramount en matière de distribution cinématographique en Europe.
Une fusion entre Paramount et Warner signifierait de regrouper HBO Max, des titres très appréciés des admirateurs comme «Harry Potter» et même CNN sous le même toit que CBS, «Top Gun» et le service de diffusion en continu Paramount+.
Au-delà des films et de la diffusion en continu, les deux entreprises américaines possèdent également plusieurs actifs télévisuels situés en Europe — notamment le groupe TVN de Warner en Pologne, ainsi que des chaînes localisées pour les marques phares de Paramount, telles que MTV et Nickelodeon.
