Michael, le film à gros budget consacré à la vie Michael Jackson, a fait fi des critiques négatives et d’une production mouvementée pour réaliser un démarrage de 97 millions $ dans les salles des États-Unis et du Canada, selon les estimations du studio publiées dimanche, pulvérisant un record pour le premier week-end d’une biographie musicale romancée.
Portrait hautement autorisé, coproduit par la succession du chanteur, Michael de Lionsgate a largement surpassé les précédents des biographies romancées comme Straight Outta Compton (60,2 millions $ lors de son lancement en 2015) et Bohemian Rhapsody (51 millions $ en 2018).
Les ventes à l’international ont également été solides. Michael a rapporté 120,4 millions $ à l’étranger, pour un total mondial de 217,4 millions $ lors de son lancement — un nouveau record pour une biographie romancée musicale. Le studio Universal s’est occupé de la distribution sur la plupart des marchés internationaux.
Même sur le marché lucratif des biographies romancées, Michael représentait un pari audacieux de la part de Lionsgate sur une figure extrêmement populaire, mais controversée. La réputation de Jackson, décédé en 2009 à l’âge de 50 ans, a été maintes fois ternie par des allégations d’agressions sexuelles sur des enfants. Jackson et sa succession ont toujours clamé son innocence, bien que la vedette de la musique populaire ait reconnu avoir partagé une chambre avec les enfants d’autres personnes. Il a été acquitté lors de son unique procès pénal en 2005.
Certains membres de la famille Jackson se sont opposés au film. Janet Jackson n’y a pas participé et n’y apparaît pas. La fille de Jackson, Paris, l’a qualifié de «monde imaginaire». Mais trois ans après Leaving Neverland, le documentaire de 2019 sur les abus sexuels présumés de Jackson sur des enfants, Graham King, le producteur de Bohemian Rhapsody, avait annoncé son projet de biographie romancée. Le neveu de Jackson, Jaafar Jackson, a été choisi pour tenir le rôle principal.
La production de Michael a connu des difficultés inhabituelles. Une fois le tournage terminé, les producteurs se sont rendu compte qu’ils avaient commis une erreur coûteuse. Le troisième acte était centré sur les accusations de Jordan Chandler, alors âgé de 13 ans, à qui Jackson avait versé 23 millions $ dans le cadre d’un accord à l’amiable conclu en 1994. Les termes de cet accord interdisaient à la succession de Jackson de mentionner Chandler dans un film.
Une grande partie du film a dû être coupée. Des reprises de tournage, pour un coût pouvant atteindre 50 millions $, ont été réalisées aux frais de la succession. Le réalisateur Antoine Fuqua et le scénariste John Logan ont remanié le film pour qu’il se termine en 1988, avant que les accusations ne soient formulées.
Pourtant, malgré les débuts difficiles de Michael, le film est devenu un succès. Le coût total de production s’est élevé à près de 200 millions $. Pour couvrir les frais, Lionsgate a vendu les droits de distribution internationale à Universal. Une suite, bien qu’elle n’ait pas encore été annoncée, est attendue.
Les critiques ont fustigé le film pour avoir passé sous silence certains aspects moins flatteurs de la vie de Jackson. Il n’a obtenu qu’un maigre 38 % sur Rotten Tomatoes. Mais le public s’est montré bien plus enthousiaste. Michael a obtenu la note «A-» sur CinemaScore.
La sortie de Michael a contribué à un printemps solide pour Hollywood, porté par des succès au box-office tels que Projet Dernière Chance d’Amazon MGM et Super Mario Galaxy d’Universal. Après trois semaines en tête de recettes, la suite de Mario a glissé à la deuxième place, à 21,2 millions $. En quatre semaines, elle a rapporté 386,5 millions $ sur le marché national.
