Art et culture

La Petite-Bourgogne rend hommage à Oliver Jones

«Je pleure la perte d’un ange.»

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Monique Leclerc Monique Leclerc rend hommage à son mari lors des funérailles du musicien de jazz québécois Oliver Jones, à l’Union United Church de Montréal, le jeudi 20 août 2026. Le pianiste primé est décédé le 22 juillet à l’âge de 91 ans. (Christinne Muschi/La Presse Canadienne)

Jeudi, les rires, le jazz et le gospel résonnaient dans une modeste église du quartier de la Petite-Bourgogne, à Montréal, alors que les personnes en deuil se rassemblaient pour les funérailles du légendaire pianiste de jazz Oliver Jones.

Les larmes coulaient tandis que la famille et les amis partageaient des anecdotes sur cet homme généreux, talentueux et humble.

«Je pleure la perte d’un ange», a déclaré sa veuve, Monique Leclerc Jones, au début de la cérémonie à l’Union United Church.

«Comment puis-je dire adieu, ou même au revoir, à l’ange qui a été toute ma vie pendant un quart de siècle?»

—  Monique Leclerc Jones

M. Jones jouait du piano dans cette église depuis l’âge de cinq ans et y est resté fidèle pendant la majeure partie de sa vie.

Richard Jones a également rendu hommage à son père, évoquant des années de voyages, d’amitié et de golf.

«J’aime imaginer mon père au ciel maintenant… avec un immense sourire, jouant joyeusement de la musique avec tous les autres musiciens qui l’ont précédé», a-t-il dit à l’assemblée.

La cérémonie rendait hommage à l’influence de Jones sur la communauté du jazz, avec des discours et des prestations de musiciens comme Ranee Lee et Kim Richardson.

Le Dr. Oliver Jones Trio a interprété l’une de ses propres compositions, Lights of Burgundy.

«C’est formidable que sa musique continue de vivre après lui», a exprimé le bassiste Éric Lagacé, qui a joué avec Jones pendant plus d’une décennie.

Oliver Jones est décédé le 22 juillet à l’âge de 91 ans.

Ce pianiste primé s’est hissé au rang de vedette en provenant du même quartier défavorisé de Montréal que son ami et mentor Oscar Peterson; il avait étudié le piano dès son enfance auprès de Daisy, la sœur de Peterson.

M. Jones est devenu membre de l’Ordre du Canada et a reçu de nombreux autres prix et distinctions.

Tout au long de sa vie, il a soutenu les jeunes musiciens et s’est fait le champion de la scène jazz locale, se produisant année après année au Festival international de jazz de la ville.

«Il a été un pilier», a expliqué Alain Simard, fondateur du festival, avant les funérailles. «Il faisait preuve d’une telle humilité et d’une telle gentillesse, d’une gentillesse infinie, et il n’aurait jamais pu imaginer qu’il connaîtrait un tel succès.»

Dans son hommage, Jim West, ami de Jones et son producteur pendant des décennies depuis leur rencontre en 1982, s’est souvenu des années de musique et de voyages qu’il a partagées avec le pianiste.

«C’est difficile de résumer 45 ans en quelques minutes», a-t-il indiqué avant la cérémonie.

Il a évoqué une tournée musicale qu’ils avaient effectuée ensemble en Afrique, au cours de laquelle Jones avait tenu à organiser des concerts pour les enfants.

«Cela ne faisait pas partie du programme; c’était lui qui disait: “Je veux que ça se fasse.” Et pour moi, c’est tout à fait lui», a dit West.

Guillaume Cliche-Rivard, député provincial de la circonscription, et Chantal Rouleau, ministre provinciale responsable de la métropole, étaient également présents.

Mme Rouleau a rencontré le pianiste à plusieurs reprises au fil des ans.

«Il était toujours très attentif, toujours souriant et gentil. Un homme bon, un homme bien, et un très, très grand musicien qui a fait rayonner la ville et le Québec partout dans le monde», a-t-elle raconté.

M. Cliche-Rivard a souligné l’importance que revêtait M. Jones pour le quartier.

«Toute la communauté est en deuil», a-t-il affirmé.

À l’extérieur de l’église, des rangées de personnes en deuil suivaient attentivement la cérémonie, projetée sur un écran.

Parmi elles se trouvait le cousin de M. Jones, Vance McKenzie, lui-même chanteur et guitariste.

«Il n’avait pas une once de méchanceté en lui. C’était tout simplement une personne pure», a-t-il exprimé.

Malgré la chaleur qui régnait dans l’église bondée, l’assistance a applaudi, chanté et dansé tandis que la musique émouvante de la chorale et des solistes résonnait dans tous les coins de l’église.

Ils ont clôturé la cérémonie par des interprétations émouvantes d’Amazing Grace et d’Hymn to Freedom, tandis que Montréal faisait ses adieux à Oliver Jones.