Cette fin de semaine se tient les 30es Journées de la culture, trois jours d’activités gratuites et ouvertes à tous pour faire la promotion de la scène culturelle québécoise.
Initiation aux danses autochtones, atelier de reliure, confection de zines, rencontres avec des artistes, concert gratuit de l’Orchestre symphonique de Montréal: ce ne sont là que quelques-unes des activités proposées du 25 au 27 septembre.
La thématique de cette édition, «La culture fait du bien», vise à mettre de l’avant les bienfaits de la culture, rappelle Michel Vallée, président et chef de direction de «Culture pour tous», l’organisme à but non lucratif derrière l’évènement.
Il cite un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé publié en 2019 qui se penche sur le lien factuel et observable entre les arts et leur effet sur la santé.
Dans ce rapport, qui compile les résultats de quelque 900 publications scientifiques sur le sujet, l’OMS constate que les arts contribuent à diminuer la solitude et l’isolement, et que les personnes qui entretiennent une relation avec les arts seraient également plus susceptibles de mener des vies saines.
«La culture vient donner des outils que la médecine n’a pas, et c’est ce dont on se rend compte de plus en plus avec les années: le pouvoir de la culture pour guérir, mais aussi pour être mieux dans notre peau, pour être, tout simplement, en santé», souligne M. Vallée.
Les activités sont proposées sur une base volontaire par des artisans ou des artistes, ou des individus issus du milieu municipal, de l’éducation du communautaire ou des affaires, qui s’engagent à tenir des activités offertes gratuitement au grand public.
Elles concernent les disciplines artistiques, mais l’organisme inclut également les métiers d’art, la culture scientifique, le patrimoine et l’histoire, portant le décompte officiel des activités proposées à 2500, mais M. Vallée estime que le vrai total pourrait avoisiner le 3000.
Une histoire de grands centres?
Quand il entend que le centre de la culture se trouve à Québec ou à Montréal, Michel Vallée se rappelle cet homme de Baie-Comeau, qui lui avait dit «Michel. Pourquoi me parles-tu de culture ? La culture, ce n’est pas ici que ça se passe, c’est à Montréal.»
M. Vallée a été frustré par cette remarque, et s’est fait un devoir de faire la promotion de la culture dans toutes les régions québécoises. Il s’agit d’une promesse phare des Journées de la culture, celle de tenir des activités dans chacune des 17 régions du Québec.
«J’en ai encore des frissons, parce que c’est la lutte, c’est la bataille qu’on mène, et, d’année en année, on continue de prouver que c’est partout dans les régions du Québec que la culture se déploie.»
M. Vallée estime que les Québécois sont au rendez-vous autant aujourd’hui qu’il y a trente ans, et que l’évènement avait été un succès dès sa première année d’existence.
«On se rend compte à quel point notre compréhension de la culture a fait du chemin au fil des années, explique-t-il. On est parti de la démocratisation de la culture, il y a trente ans, et aujourd’hui, on se rend compte qu’on peut aussi y contribuer et y participer».
L’évènement existe depuis que l’Assemblée nationale du Québec a décrété, en 1997, que le dernier vendredi de septembre et ses deux journées subséquentes sont les Journées nationales de la culture.
«À l’heure où il y a des coupes en culture, qu’on se demande comment on va réussir à la faire vivre, souligne M. Vallée, ça nous prouve à quel point c’est important, puisque cette célébration-là, même si elle a trente ans, elle ne vieillit pas.»
