Le réseau souterrain de Montréal se transforme en musée d’art contemporain le temps du Festival Art Souterrain, qui se déroule du 25 avril au 10 mai.
Pour sa 18e mouture, imaginée sous le thème de la «dualité», l’événement printanier annuel propose au public de venir découvrir une vingtaine d’œuvres visuelles créées par des artistes du Québec et de la scène internationale.
La commissaire de ce parcours exploratoire urbain, Ariane Plante, a choisi d’aborder plus spécifiquement l’angle de la matérialité à travers la sculpture, l’installation, la vidéo, le son ou encore le numérique. Elle souligne cependant que, «quand on s’attarde vraiment aux œuvres sélectionnées, on s’aperçoit vite que la dualité va bien au-delà de la matière et des enjeux physiques».
Les oeuvres sont également bien ancrées dans l’air du temps.
«Les œuvres portent dans leur sillage des échos et des tensions qui agitent notre monde», a dit Mme Plante en marge de la visite de presse organisée jeudi à la Place Ville-Marie. «On retrouve les questions d’identité, de migration, les enjeux sociaux, des questions politiques, territoriales, et les relations troubles qu’on entretient avec la consommation, la mémoire, la nature.»
Mme Plante voit dans ces œuvres «un ensemble de visions pacifiées où les dualités ne divisent pas, elles nous invitent plutôt à transformer notre manière d’être au monde pour nourrir une capacité à imaginer un devenir commun». «C’est à ça que j’ai eu envie de convier le public cette année», a-t-elle précisé.
Si le slogan du 18e anniversaire est: «L’art contemporain sous la ville et au-delà», c’est parce qu’une nouvelle formule a été adoptée.
Le festival s’étend cette fois à l’extérieur du réseau souterrain, dans différents lieux satellites situés dans trois quartiers de la ville, grâce à des partenariats avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal, la Galerie ELLEPHANT, l’Institut culturel du Mexique à Montréal, le Hangar 7826, TIAN Contemporain, la Biennale d’Art contemporain autochtone et la Galerie FOFA de l’Université Concordia, ainsi qu’avec le Festival du film asiatique de Montréal et le centre de production et d’exposition Eastern Bloc.
Sa mission demeure toutefois la même: démocratiser l’art dans les espaces publics.
«Le Festival Art Souterrain joue depuis longtemps un rôle essentiel à Montréal, celui de faire sortir l’art contemporain de ses cadres habituels, de l’amener là où la vie se passe: dans les corridors, les halls, les lieux de passage entre deux rendez-vous, entre le travail et la maison», soutient Marie-Michèle Cron, conseillère culturelle en arts numériques et visuels au Conseil des arts de Montréal.
«En transformant ces espaces du quotidien en une expérience artistique, le festival nous rappelle que l’art peut être vécu à l’extérieur d’un musée ou d’une salle de spectacle. Il est une composante vivante de la ville.»
— Marie-Michèle Cron, conseillère culturelle en arts numériques et visuels au Conseil des arts de Montréal
Ce message a également trouvé écho auprès d’Andréanne Moreau, responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la langue française à la Ville de Montréal.
«Chaque jour, des milliers de Montréalaises et de Montréalais entrent en contact avec l’art contemporain simplement en faisant leurs déplacements», a affirmé Mme Moreau en conférence de presse, ajoutant que «la culture, c’est ce qui fait l’ADN de Montréal».
«Ça fait du bien de voir de l’art, de la culture et de la couleur dans nos déplacements quotidiens», dit Mme Moreau. «Ça égaie toutes les journées. Cette rencontre avec la création enrichit l’expérience urbaine et rend la culture vivante, accessible et ancrée dans la réalité de chacune et chacun.»

