Art et culture

Le réalisateur français Jean-Paul Rappeneau est décédé à 94 ans

Il a tourné avec les plus grands comédiens français.

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French film director Jean-Paul Rappeneau poses during a photocall prior to the screening of Roman Polanski's movie "Based on a true story" in Paris, France, Monday Oct. 30, 2017. Le réalisateur français Jean-Paul Rappeneau pose lors d'une séance photo avant la projection du film de Roman Polanski « Basé sur une histoire vraie » à Paris, en France, le lundi 30 octobre 2017. (Francois Mori/The Associated Press)

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l’étranger Cyrano de Bergerac (1990), est décédé mardi soir à Paris à l’âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l’AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l’un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand (Le Sauvage) à Catherine Deneuve (La vie de château), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo (Les Mariés de l’An II) ou Isabelle Adjani (Tout feu tout flamme).

C’est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d’Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l’écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l’interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son «Cyrano» avait décroché 10 César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

«Nous ne pouvions nous contenter d’une simple mise en images de la pièce (…). Le vrai pari du film, c’est que les personnages y parlent en vers», expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d’entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s’écouler de longues années entre chaque film.

«Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c’est plutôt un film tous les 5 ou 6 ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. À moins bien sûr d’avoir besoin d’argent…», disait-il à l’hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle (Au revoir les enfants) dont il devient l’assistant, co-écrivant le scénario de Zazie dans le métro.

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 La vie de château, dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l’ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l’éclosion de la Nouvelle Vague, il s’était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. «À l’exception d’à bout de souffle et d’Hiroshima mon amour, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment», disait-il.

Tenant d’un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l’écran Le Hussard sur le toit, avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique Belles Familles, remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires (Vive allure) dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. «Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j’attends le prochain voyage».