Le réalisateur, metteur en scène et auteur Louis Saia, qui a collaboré aux pièces de théâtre marquantes Appelez-moi Stéphane et Les Voisins, en plus d’offrir l’immense succès Les Boys au cinéma, est mort. Il avait 75 ans.
L’Agence Goodwin a annoncé sur sa page Facebook mercredi matin qu’il s’est éteint «après une courte maladie». Il laisse dans le deuil sa conjointe des 40 dernières années, Lise Mauffette, avec qui il avait créé la série «Histoires de filles».
Louis Saia a commencé sa carrière avec son ami Claude Meunier, d’abord comme metteur en scène du trio Paul et Paul.
Leur collaboration donnera naissance à des pièces importantes du répertoire québécois, dont «Appelez-moi Stéphane» et «Les Voisins» dans les années 1980. Il a aussi fait partie de la brigade d’auteurs de «Broue», une autre pièce marquante au Québec.
Il s’impliquera d’ailleurs auprès d’un autre groupe d’humour important, Rock et Belles Oreilles, ce qui lui permettra de gagner le Félix de la meilleure mise en scène en 1992.
Saia deviendra un incontournable dans le milieu de la télévision et du cinéma dans la décennie 1990: il est crédité collaborateur à la conception pour «La Petite Vie», joue un rôle important dans la série jeunesse «Radio Enfer» et met en scène «Histoire de filles».
C’est aussi pendant cette période qu’il propose un grand succès du cinéma québécois, «Les Boys», en 1997. Il réalisera aussi deux autres films de la franchise quelques années plus tard, et s’impliquera dans la série télévisée diffusée à Radio-Canada.
Un homme d’une grande fidélité
Claude Meunier a réagi à la mort de son complice sur les réseaux sociaux.
«Mon grand ami Louis est parti ce matin. J’aimais TELLEMENT cet homme. Je t’embrasse Louis», a écrit l’auteur et humoriste.
François Chénier a connu Louis Saia sur différents projets au fil des ans. Les deux hommes travaillaient d’ailleurs ensemble dans les derniers mois à l’écriture du sixième film de la série «Les Boys».
«On a terminé d’écrire le scénario il y a un mois», alors «le scénario a été déposé» et «je trouve ça le fun de penser qu’on a un leg encore à découvrir, qu’il reste encore du Saia à découvrir, si jamais ce film se fait», a indiqué le comédien et auteur à La Presse Canadienne.
Au milieu des années 1990, François Chénier faisait partie de la distribution de Radio-Enfer, scénarisé par Louis Saia, et il a tenu a souligner la fidélité du scripteur et metteur en scène.
«Quand on était ados, on tripait sur la pièce Les Voisins, alors on rêvait de travailler avec Louis» et «plusieurs d’entre nous, de la gang de Radio-Enfer, 30 ans plus tard, on collaborait encore avec Louis, alors c’était un homme qui était d’une grande fidélité».
Jacques Primeau, producteur et gérant d’artistes associé au groupe Rock et Belles Oreilles, se souvient d’un «homme d’une intelligence remarquable, brillant, drôle, impressionnant, doté d’un véritable leadership de création».
Louis Saia exerçait un «leadership sur toute l’équipe créative et il avait une écoute phénoménale de ce que les artistes voulaient faire. Il les amenait à se dépasser, à aller plus loin, à chercher le rire de plus, c’était quelqu’un d’extrêmement rigoureux», et avec lui, «on était dans le travail mais aussi dans le rire», a indiqué M. Primeau à La Presse Canadienne.
Hommages d’autres artistes
Des artistes qui ont croisé le chemin de Louis Saia dans leur carrière ont également tenu à lui adresser quelques mots.
«Je luis dois tellement», a écrit la comédienne Guylaine Tremblay sur sa page Facebook.
«Il fut mon premier metteur en scène au théâtre dans Monogamy, m’a demandé de faire partie de l’équipe des noirs dans la LNI, c’est aussi grâce à lui que Claude Meunier a pensé à moi pour Caro dans La petite vie, ensuite il y a eu Histoires de filles.»
Yves P. Pelletier, un ancien membre de Rock et Belles Oreilles, a partagé une photo du groupe en compagnie de Saia en 1990.
«Merci pour ‘tout’ mon cher Louis. ‘Tout’ = extrêmement beaucoup (!!!)», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Hommages à Québec
Les réactions au décès de Louis Saia ont commencé à affluer en début de matinée. Le premier ministre François Legault a affirmé que Saia «nous a fait rire et réfléchir» autour d’œuvres «uniques qui nous ressemblent».
«La saga Les Boys a marqué des générations entières de Québécois avec des répliques comme “la dureté du mental” qui font maintenant partie de notre culture. Merci pour tout ce que vous avez donné», a-t-il ajouté sur la plateforme X.
Louis Saia nous a quittés.
— François Legault (@francoislegault) April 1, 2026
Pendant plus de 50 ans, il nous a fait rire et réfléchir et rassembler autour d’œuvres uniques qui nous ressemblent.
La saga Les Boys a marqué des générations entières de Québécois avec des répliques comme « la dureté du mental » qui font maintenant…
Le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, s’est désolé de perdre «un grand de l’humour».
«Autant au théâtre, qu’au cinéma, qu’à la télévision, il est derrière des oeuvres qui ont marqué notre culture et derrière certaines expressions aussi qui font partie maintenant du jargon québécois et de la culture québécoise», a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
Le chef péquiste Paul St-Pierre-Plamondon a souligné qu’il y avait un «avant et un après» Louis Saia: «Il n’est pas exagéré de dire que tout le monde au Québec a été marqué, à un moment ou à un autre, par l’une des œuvres de Louis Saia.»
Le chef libéral Charles Milliard a affirmé de son côté que Louis Saia aura laissé «une empreinte indélébile sur l’imaginaire collectif québécois».