Le pianiste de jazz montréalais Olivier Jones s’est éteint mercredi à l’âge de 91 ans.
Sa famille et la maison de disques Justin Time Records en ont fait l’annonce en soirée dans un bref communiqué, sans préciser la cause de son décès.
«Musicien exceptionnel, âme douce et ami qui a marqué tant de vies, sa gentillesse et son immense talent ont laissé une empreinte indélébile sur de nombreuses personnes et générations, et son souvenir continuera de nous inspirer», peut-on lire dans le document.
Né le 11 septembre 1934 dans le quartier la Petite-Bourgogne, dans l’arrondissement du Sud-Ouest à Montréal, Oliver Jones a commencé à se passionner pour la musique dès l’âge de trois ans. Âgé de cinq ans, il devient pianiste à l’église Union United.
Au cours de sa carrière, qui lui a amené une reconnaissance canadienne et internationale, il a partagé la scène avec de grands noms du jazz, dont Sarah Vaughan, Buddy Rich et Tony Bennett.
Ses tournées l’ont amené à se produire dans de nombreux pays à travers le monde. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada en 2003 à l’animatrice Marie-Claude Lavallée, il a rapporté que dans les années 1980 et 1990, il effectuait de 115 à 130 concerts chaque année.

Sa discographie, qui s’étale de 1983 à 2013, comprend de nombreux albums enregistrés avec Justin Time Records.
Oliver Jones a rapidement commencé à gagner sa vie avec la musique. Il a emménagé à Porto Rico en 1964, où il a été directeur musical du chanteur Kenny Hamilton.
Il revient s’établir à Montréal en 1981, où il renoue avec le jazz. Il devient le pianiste attitré du Biddle’s Jazz & Ribs, le club de son ami contrebassiste Charles Biddle. C’est à cet endroit qu’il rencontre le producteur de disques Jim West, qui lancera Justin Time.
Jones a enregistré son premier album en 1983 chez Justin Time avec Biddle, Live at Biddles Jazz & Ribs.
Parmi les autres albums diffusés lors de sa prolifique carrière, on compte Lights of Burgundy (1985), Have Fingers, Will Travel (1997) et Just in Time (1998).
Oliver Jones a été nommé commandeur de l’Ordre de Montréal en 2016 et a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 1994. En mai 2016, il a reçu la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec.
Il a reçu de nombreux prix et distinctions, dont des prix Félix, des prix Juno, le Martin Luther King Jr. Award et le prix Opus.

Oliver Jones avait annoncé prendre sa retraite en janvier 2000, mais il n’est pas resté en dehors du regard du public très longtemps. En 2002, il a diffusé son album Then and Now, puis One More Time en 2006. Pour ses 80 ans, en 2014, il s’est également produit dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a réagi au décès du pianiste sur les réseaux sociaux mercredi soir, soulignant que «le Québec perd aujourd’hui un ambassadeur exceptionnel de sa culture».
«Véritable légende du jazz, Olivier Jones a fait rayonner Montréal, le Québec et le Canada sur les plus grandes scènes du monde, tout en demeurant profondément attaché à sa ville natale. Son immense talent, sa générosité et son engagement auprès de la relève auront marqué des générations de musiciens et de mélomanes», a écrit Mme Fréchette.
