Art et culture

Le MNBAQ annonce la livraison de son nouveau pavillon dédié à Jean Paul Riopelle

Le pavillon devrait officiellement ouvrir ses portes en octobre prochain.

Mis à jour le 

Publié le 

Le philanthrope Michael Audain s'adresse aux invités lors de la cérémonie de livraison de l'Espace Riopelle - Pavillon Michael Audain, à Quebec, le 2 mai, 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le philanthrope Michael Audain s'adresse aux invités lors de la cérémonie de livraison de l'Espace Riopelle - Pavillon Michael Audain, à Quebec, le 2 mai, 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

La construction de l’édifice qui abritera le nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec consacré aux œuvres de Jean Paul Riopelle entre dans son dernier droit, deux ans après le début des travaux.

Cet après-midi a eu lieu la cérémonie de livraison, dernière étape avant l’inauguration de l’Espace Riopelle – Pavillon Michael Audain, nommé en l’honneur du philanthrope et homme d’affaires pour son importante contribution au projet.

Pour l’occasion, la première ministre Christine Fréchette, le ministre de la Culture Mathieu Lacombe, le maire de Québec Bruno Marchand ainsi que d’autres donateurs privés ont assisté au dévoilement du pavillon.

«C’est un grand jour», a affirmé Michael Audain à La Presse Canadienne, quelques heures avant de découvrir ce nouveau sanctuaire qui hébergera une partie de sa collection: un don de 45 œuvres des artistes autonomistes Jean Paul Riopelle et Paul-Émile Borduas, dont la somme est évaluée à 76,9 millions $.

«Jean Paul Riopelle est une personnalité à laquelle je suis lié depuis de nombreuses années et que j’ai appris à connaître, même si je ne l’ai jamais rencontré en personne», a expliqué M. Audain.

L’entrepreneur collectionne les œuvres de Riopelle depuis «seulement 20 ou 30 ans», ce qui, du haut de ses 88 ans, lui semble être une courte période.

Néanmoins, la figure de proue du mouvement automatiste fait partie intégrante de la «très longue vie» de M. Audain depuis sa jeunesse. «Mais, bien sûr, pendant longtemps, je n’avais pas les moyens de m’offrir ne serait-ce qu’un seul Riopelle», a-t-il reconnu.

En 2019, de concert avec la fille de Riopelle, Yseult, il a mis sur pied une fondation pour contribuer au rayonnement de l’héritage de l’artiste, décédé en 2002.

Un héros canadien

Pour le philanthrope britanno-colombien, l’Espace Riopelle représente bien plus qu’une salle d’exposition, c’est un rempart contre la culture américaine qui «nous submerge».

«Je pense qu’aujourd’hui, c’est encore plus important. Pour nous tous, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, de célébrer nos héros culturels et nos héros sportifs», a-t-il soutenu.

Tout le monde est familier avec le Riopelle du demi-siècle, signataires du Refus global, a relevé M. Audain, mais il fait le pari que la plupart des visiteurs découvriront le peintre sous un angle inédit.

«Je ne sais pas à quoi ressemblera le pavillon, mais je peux vous dire qu’il abritera des perles», a-t-il laissé planer.

Sa collection comprend des aquarelles réalisées alors que le peintre n’avait que 21 ans et des tableaux représentant l’Arctique canadien peints dans les années 1970.

«Je pense qu’il a représenté le pays de la neige et de la glace d’une manière qui n’avait jamais été vue auparavant», a analysé M. Audain.

«Des frissons»

M. Audain, qui a fait fortune dans le domaine de la construction dans l’Ouest canadien, a l’habitude de voir naître des bâtiments à partir de plans.

«C’est toujours un grand moment quand on voit ou qu’on peut entrer pour la première fois dans un nouvel immeuble, a-t-il expliqué. Quand on a vécu longtemps avec les plans de construction en tête, de voir le bâtiment se construire procure toujours des frissons», a-t-il ajouté.

La création de l’Espace Riopelle, dont le budget est estimé à 84 millions $, a été annoncée en décembre 2021, comme étant le fruit d’une collaboration entre le privé et le public.

L’homme d’affaires Pierre Lassonde, la famille Desmarais — André Desmarais et sa femme, France Chrétien Desmarais — ainsi que M. Audain ont investi plus du quart de cette somme par l’entremise de la Fondation Jean Paul Riopelle.

Le gouvernement du Québec a engagé une somme 44 millions $ et la Ville de Québec, de 5 millions $. L’apport de la Ville «permettra d’aménager une toute nouvelle salle consacrée à la fresque monumentale intitulée «L’Hommage à Rosa Luxemburg», peut-on lire sur le site Web du MNBAQ.

La Fondation du MNBAQ offre quant à elle une contribution de 10 millions $.

Quant au grand public, il devra attendre l’ouverture officielle du pavillon prévue en octobre.

Samira Ait Kaci Ali

Samira Ait Kaci Ali

Journaliste