Le Canada sera bien représenté aux Oscars cette année avec trois œuvres en lice: La jeune fille qui pleurait des perles, perfectly a strangeness et Les guerrières de la K-pop.
Le court métrage d’animation La jeune fille qui pleurait des perles (The Girl Who Cried Pearls), réalisé par les Montréalais Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, est en nomination pour l’Oscar du meilleur court métrage d’animation.
Ce récit poignant, qui raconte l’histoire d’une jeune fille mélancolique et du garçon qui l’aime, se déroule à Montréal à l’aube du XXe siècle.
Produit par l’Office national du film (ONF), La jeune fille qui pleurait des perles a été projeté dans plus de 40 festivals et a déjà reçu 11 prix.
Le duo québécois avait aussi attiré l’attention en 2007 avec Madame Tutli-Putli, une autre production de l’ONF, qui lui avait valu sa première nomination aux Oscars dans cette même catégorie.
C’est la 79e fois qu’une production de l’ONF obtient cet honneur. Seuls Disney et MGM ont été nommés plus souvent dans la catégorie réservée aux meilleurs films d’animation. L’ONF devance même les géants Warner Bros. et Pixar.
La productrice de La jeune fille qui pleurait des perles, Christine Noël, était consciente qu’elle avait «un film assez exceptionnel entre les mains».
«On l’avait vu avec la promotion du film, qui a eu une très belle carrière dans les festivals. On savait que le film plaisait, mais on ne peut jamais tenir les choses pour acquises», a-t-elle affirmé en entrevue. C’est donc avec un «plaisir immense» qu’elle a appris la bonne nouvelle.
Mme Noël croit que l’aspect artisanal de l’œuvre a particulièrement plu aux membres de l’Académie des arts et des sciences du cinéma.
«À une époque où l’IA et où les images sont fabriquées par des machines, ce film-là retourne à la base. C’est un film artisanal dans la plus grande tradition de l’animation de marionnettes en 24 images par seconde. D’un point de vue technique, au niveau de la captation d’images, on y est allé de manière très analogique en travaillant la direction photo de manière exceptionnelle.»
Elle a également tenu à ajouter que «ce qui fait la force du film, c’est l’équipe d’exception qui a été réunie autour de celui-ci».
«Un honneur et un rêve»
Parmi les autres nommés canadiens annoncés jeudi matin figure Alison McAlpine, également de Montréal, en nomination pour l’Oscar du meilleur court métrage documentaire avec perfectly a strangeness.
Ce film expérimental suit trois ânes découvrant un observatoire astronomique dans le désert d’Atacama, au Chili.
Mme McAlpine a raconté en entrevue dans le studio de postproduction Cineground qu’elle et la monteuse chilienne Carolina Siraqyan ont «sauté comme des folles» en recevant l’appel. Elle ne s’y attendait vraiment pas.
«C’est tellement une belle surprise! C’est le film le plus “out of the box”, avec le budget le plus petit, je crois, mais en tout cas, c’est un honneur et un rêve», a-t-elle déclaré avec enthousiasme.
Ce film, que la réalisatrice décrit comme un «conte fantastique» et «un hybride entre documentaire et fiction», se promène partout dans le monde depuis sa sortie en mai 2024.
Mme McAlpine se considère privilégiée que son œuvre connaisse un tel succès. «On a eu de la chance. Le film a été présenté la première fois au Festival de Cannes. C’était aussi une belle surprise. Ça m’étonne que ce petit film de 15 minutes voyage encore.»
Fait inusité, il s’agit d’un court métrage muet sans acteurs «humains», puisque tous les personnages sont des ânes.
«C’est vraiment très cinématographique et poétique. Comme c’est un film sans dialogue, la musique et le son sont aussi importants que l’image», a-t-elle souligné.
Son intention était de créer une œuvre qui soit «comme un superbe tableau qu’on voudrait saisir, qu’on voudrait toucher, ou comme un poème qu’on voudrait revivre».
Les guerrières de la K-pop deux fois plutôt qu’une
Par ailleurs, Les guerrières de la K-pop (KPop Demon Hunters), écrit et coréalisé par la Torontoise Maggie Kang, a quant à lui été retenu dans la catégorie du meilleur long métrage d’animation.
Ce phénomène mondial, qui est le film le plus visionné de l’histoire de Netflix, a déjà été récompensé à la cérémonie des Golden Globes le 11 janvier.
Il a également été nommé aux Oscars pour la meilleure chanson originale avec Golden, qui a atteint la première place du Billboard Hot 100 en août.
Enfin, les équipes canadiennes qui ont travaillé sur le film Frankenstein se sont distinguées pour le maquillage, la coiffure et les décors. Le film de Guillermo del Toro, produit par Netflix, fait aussi partie des finalistes pour le meilleur film.
La 98e cérémonie des Oscars se déroulera le 15 mars au Dolby Theatre, à Hollywood.
Avec des informations de Vicky Fragasso-Marquis

