Art et culture

La statue en bronze du personnage Rocky dans une exposition muséale à Philadelphie

«Rising Up : Rocky and the Making of Monuments» examine comment un boxeur fictif est devenu un symbole du monde réel, en replaçant la statue dans le contexte de l’histoire de l’art et de l’identité de Philadelphie.

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Des visiteurs posent devant la statue de Rocky au Philadelphia Museum of Art à Philadelphie, le mercredi 22 avril 2026 Photo AP/Tassanee Vejpongsa Des visiteurs posent devant la statue de Rocky au Philadelphia Museum of Art à Philadelphie, le mercredi 22 avril 2026 (Tassanee Vejpongsa/Associated Press)

Chaque jour, des visiteurs venus du monde entier se rendent sur les marches du Musée d’art de Philadelphie — pas nécessairement pour les galeries qu’il abrite, mais pour la statue d’un boxeur fictif originaire du sud de Philadelphie.

La statue en bronze de Rocky Balboa — les bras levés en signe de victoire, vêtu d’un short et de bottes de boxe — est devenue un lieu de pèlerinage pour les gens du monde entier.

Pendant des décennies, le musée a gardé une distance, gênée face à ce genre de dévotion. Aujourd’hui, il l’embrasse — et invite Rocky à entrer.

Ouverte ce week-end, l’exposition «Rising Up : Rocky and the Making of Monuments» examine comment un boxeur fictif est devenu un symbole du monde réel, en replaçant la statue dans le contexte de l’histoire de l’art et de l’identité de Philadelphie.

L’exposition est le fruit de l’imagination du conservateur invité Paul Farber, qui a passé des années à explorer la signification de la statue et des monuments publics — notamment à travers ses balados sur NPR, le réseau américain de radiodiffusion public, avant d’introduire le sujet au musée.

L’exposition couvre plus de 2000 ans d’imagerie de la boxe, retraçant un fil conducteur de la lutte humaine qui, selon Louis Marchesano, directeur adjoint des affaires muséales et de la conservation du musée, aide à expliquer l’attrait durable de Rocky.

«Le thème commun qui traverse ces 2000 ans d’imagerie de la boxe est que les gens réagissent au corps en lutte, à un conflit, de la même manière aujourd’hui qu’il y a 2500 ans», a déclaré M. Marchesano.

«Il ne s’agit pas simplement de regarder deux personnes se battre — il s’agit d’endurance, de force intérieure et de lutte intérieure.»

Lorsque la statue de bronze a été laissée sur les marches après le tournage des films «Rocky», le musée s’est battu pour qu’elle soit retirée. Elle a finalement été déplacée dans le sud de Philadelphie avant de revenir au pied des marches en 2006.

Elle a été accueillie à nouveau, mais jamais pleinement acceptée.

C’est la ville qui est propriétaire de l’emplacement où se trouve la statue, et non le musée.

Selon le Philadelphia Visitor Center, environ 4 millions de personnes visitent les marches chaque année — rivalisant avec la popularité de la Liberty Bell voisine en termes de fréquentation annuelle.

David Muller, un entraîneur de lutte français qui a récemment emmené ses élèves sur les marches, a déclaré qu’il pensait que les épreuves et les tribulations de Balboa étaient «bénéfiques pour la prochaine génération».

«Le film “Rocky” est important pour l’esprit du sport et l’esprit de la vie», a déclaré Muller, après avoir gravi les marches en courant avec eux, tandis qu’ils levaient les mains au sommet, souriant et frappant l’air comme des boxeurs.

Kate Tarchalska est venue de Pologne avec sa famille et a fait de la statue l’une de leurs étapes.

«C’était mon héros quand j’étais plus jeune», a-t-elle déclaré. «Et maintenant, je suis tellement heureuse d’avoir pu me trouver au même endroit que lui.»

Suraj Kumar, venu de Saint-Louis pour rendre visite à sa tante à Philadelphie, a tenu à photographier la statue pour la partager avec son père, qui lui avait fait découvrir les films lorsqu’il grandissait à Bengaluru, en Inde.

«Quand j’ai appris que cette statue était là, je me suis dit : “Il faut vraiment que je vienne ici”», a-t-il déclaré.

Une galerie replace Rocky dans la fièvre mondiale de la boxe des années 1970, en présentant des œuvres de Keith Haring, Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol — toutes créées à une époque où la boxe retenait l’attention du monde entier.

«Dans les années 1970, nous savions à la minute près qui était le champion du monde des poids lourds», a déclaré Marchesano. «Les artistes de cette galerie réagissent à cette frénésie mondiale. Sylvester Stallone, dans “Rocky”, faisait de même — il réfléchissait à la lutte intérieure et extérieure.»

Une autre galerie se tourne vers Philadelphie elle-même, présentant des photographies de la salle de boxe Blue Horizon et une section consacrée à Joe Frazier, dont l’histoire vraie a au moins partiellement inspiré Rocky.

«Sans Joe Frazier, Rocky n’existerait pas», a déclaré Marchesano.

Lorsque l’exposition fermera ses portes en août, la statue qui se trouve à l’intérieur sera transférée vers un emplacement permanent en haut des marches du musée — un endroit qu’elle n’a jamais officiellement occupé. La statue qui se trouve actuellement à l’extérieur est un prêt de Stallone.

L’emplacement de longue date de Rocky au pied des marches ne restera pas vide : une statue de Frazier viendra le remplacer.