Art et culture

Des groupes demandent d'améliorer la «découvrabilité hors ligne» de la musique d'ici

Selon eux, le gouvernement du Québec dispose de «nombreux leviers qui peuvent être mobilisés davantage».

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Le chanteur québécois Fredz se produit lors des prix SOCAN 2025 à Montréal, le dimanche 4 mai 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le chanteur québécois Fredz se produit lors des prix SOCAN 2025 à Montréal, le dimanche 4 mai 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Devant plusieurs rapports qui témoignent du désintérêt des Québécois pour la musique d’ici, plusieurs groupes demandent d’améliorer la «découvrabilité hors ligne» des artistes, notamment dans les commerces, les restaurants et les différents espaces publics.

Trente-quatre organisations du secteur musical, dont la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN), les Francos de Montréal et le Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ), ont signé une lettre ouverte publiée lundi, dans laquelle elles recommandent d’aller au-delà des plateformes d’écoute en ligne pour revenir à «l’environnement physique concret» de ceux qui écoutent la musique.

«La musique francophone, la musique québécoise ne s’est jamais aussi bien portée selon moi en termes de production. Pourtant, ces musiques-là ne sont pas écoutées», s’est désolée au bout du fil Ariane Charbonneau, directrice générale de la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE), qui fait aussi partie des signataires.

Mme Charbonneau croit qu’avec l’offre de musique qui se porte bien, le gouvernement doit utiliser tous les leviers à sa disposition pour maximiser l’exposition des artistes d’ici dans les différents milieux que fréquentent les Québécois.

Les groupes veulent notamment que le ministère de la Culture travaille de concert avec tous les ministères qui pourraient être concernés, dont ceux de l’Éducation, de l’Immigration, du Tourisme et de l’Économie – «puisque la musique est présente dans toutes les sphères de notre vie citoyenne».

Les organisations font écho à une recommandation du Commissaire à la langue française, qui recommandait une plus grande exposition de la musique québécoise et francophone dans les espaces publics. 

Dans son rapport publié la semaine dernière, le commissaire Benoît Dubreuil affirmait que le Québec faisait partie des marchés où les artistes nationaux étaient les moins écoutés, avec une part de 6 à 12 %. 

Selon les groupes, ce constat souligne «l’urgence d’agir». 

«Nos publics ne vivent pas dans les puces informatiques des algorithmes de grandes entreprises de technologie. Nos publics vivent ici, dans un environnement physique concret, que nous connaissons et maîtrisons mieux que personne au monde», soutiennent-ils.

En entrevue, Mme Charbonneau explique qu’il ne s’agit pas de «forcer personne» à diffuser de la musique québécoise dans son commerce, mais elle veut passer le message qu’il faut «consommer local» aussi en culture, et pas seulement lorsqu’il est question d’acheter des biens.

«Il faut un moment donné que tout le monde mette la main à la pâte et que tout le monde dise: “Moi je vais faire jouer de la musique ici”; c’est un choix. Et dans le contexte géopolitique actuel, je pense que c’est plus pertinent que jamais.»

Elle exhorte d’ailleurs le prochain gouvernement péquiste à passer à l’action sur ce front. «Un état des lieux, oui, mais qu’on aille réellement se servir de ces leviers dont dispose le Québec», a-t-elle conclu.