Art et culture

Des fans à l’affût de Céline Dion devant son palace à Paris

«Allez, juste un coucou!»

Publié le 

La chanteuse Céline Dion arrive à l'hôtel Le Royal Monceau à Paris le 28 août 2026, en amont de sa série de concerts dans la capitale française. La chanteuse Céline Dion arrive à l'hôtel Le Royal Monceau à Paris le 28 août 2026, en amont de sa série de concerts dans la capitale française. (SIMON WOHLFAHRT / AFP via Getty Images)

«Allez, juste un coucou!», s’écrie une fan à bout de patience devant le palace parisien où s’attroupent chaque jour des admirateurs de Céline Dion, déterminés à apercevoir la vedette mondiale, qui les gratifie parfois d’échanges improvisés.

Sourires, pas de danse, questions-réponses, paroles chantonnées: la chanteuse québécoise multiplie les interactions avec ses admirateurs, depuis son arrivée la semaine dernière au Royal Monceau.

«C’est au petit bonheur la chance», souffle Pascal, responsable comptabilité et fidèle depuis 1995 des concerts de la chanteuse en France, qui n’a pas souhaité donner son patronyme comme les autres fans interrogés.

Postés comme lui sur le trottoir de la contre-allée de l’hôtel, une centaine de badauds font le pied de grue derrière des barrières de sécurité.

La vedette a pris ses quartiers dans ce célèbre palace parisien, à 500 mètres de l’Arc de Triomphe. C’est dans ce même hôtel que le chanteur Michel Polnareff était resté cloîtré 800 jours à la fin des années 1980, pour préparer un album, entre dépression et alcool.

Ce jour-là, un frémissement parcourt la foule à la mi-journée: cinq vans s’avancent, des gardes du corps s’agitent, une silhouette se dessine. Cheveux longs et barbe fournie, l’un des fils de la vedette passe le perron.

Eddy et son frère jumeau Nelson, deux des trois fils de Céline Dion et René Angélil — son imprésario et mari, décédé en 2016 — accompagnent leur mère à Paris, avec Madison, le caniche miniature de la chanteuse.

«Empathie»

Parfois la patience paie.

Mardi soir vers 19h, la diva est sortie sous les acclamations. Vêtue d’une robe en cuir, elle a salué la foule, tout sourire. Ses looks travaillés contrastent avec sa spontanéité: elle se met à mimer les paroles de son tube «Pour que tu m’aimes encore» (1995), chanté par ses fans.

«Elle a fait un spectacle, c’était émouvant, incroyable, j’ai eu les frissons», raconte Stéphanie, employée dans le quartier. Mercredi, «j’ai dit à mon boss: ce soir je pars à 17h50 pour essayer de la choper, parce que hier je suis arrivé un peu juste», lance-t-elle.

Céline Dion avait déjà pris le temps, lundi soir, de discuter avec son comité d’accueil, bercée par des «Merci Céline!» et «On t’aime Céline!».

«J’essaie de garder toute mon énergie pour vraiment donner le meilleur de moi-même» sur scène, leur avait-elle confié, lors de cet échange simple et posé.

«Elle est l’emblème de la sincérité, de la générosité, de l’empathie», loue Sébastien, un Parisien de 45 ans. «Elle est capable de parler de la même façon avec le président de la République et celui qui balaie par terre», estime-t-il.

Concentrée sur ses répétitions avant son premier concert le 12 septembre, la vedette est dans sa bulle. À un homme qui lui demande si elle veut dire «un mot pour le Népal», frappé par une crue dévastatrice fin août, elle répond spontanément, visiblement pas informée de la catastrophe : «au Népal, il faut que j’y aille, je n’y suis jamais allée».

Bredouille

«Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est proche de ses fans. On sent qu’elle aime son public», confie Martine, 75 ans, qui n’a pas encore pu l’apercevoir.

Comme des milliers de déçus, cette Parisienne n’a pas réussi à décrocher un billet pour l’un des 16 prochains concerts de la vedette ni pour les dix autres prévus en 2027.

«Je ressens ses chansons dans ma peau, car elles font toutes écho à des problèmes que j’ai pu avoir dans ma vie», confie de son côté Kyrylo, un fan ukrainien de 26 ans.

Mal aux jambes, estomac qui tiraille, fatigue: vers 21h30, ce soir-là, les fans n’ont pas aperçu leur idole et songent à rentrer chez eux. «On a eu que des faux espoirs toute la journée», regrette une policière de 28 ans, venue sur son jour de repos.