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Décès de Marcia Lucas, monteuse oscarisée de «Star Wars», à l'âge de 80 ans

Mme Lucas était souvent considérée comme l’héroïne méconnue de «Star Wars».

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ARCHIVES - Marcia Lucas, épouse du réalisateur George Lucas (à droite), porte sa statuette des Oscars à leur arrivée à la réception organisée après la cérémonie des Oscars à l'hôtel Beverly Hilton de Los Angeles, le 4 avril 1978. (Photo AP, Archives)... ARCHIVES - Marcia Lucas, épouse du réalisateur George Lucas (à droite), porte sa statuette des Oscars à leur arrivée à la réception organisée après la cérémonie des Oscars à l'hôtel Beverly Hilton de Los Angeles, le 4 avril 1978. (Photo AP, Archives) (Anonymous)

Marcia Lucas, oscarisée pour le montage du premier «Star Wars» (1977) et figure emblématique du montage à l’aube du Nouvel Hollywood, est décédée, a annoncé vendredi l’avocate de sa famille. Elle avait 80 ans.

Marcia Lucas, qui fut mariée au créateur de «Star Wars», George Lucas, de 1969 à 1983, est décédée mercredi des suites d’un cancer métastatique, a précisé son avocate, Deidre Von Rock, dans un courriel adressé à l’Associated Press. Elle s’est éteinte à Rancho Mirage, en Californie, entourée de ses proches, a ajouté Me Von Rock.

Marcia Lucas a notamment travaillé sur «Le Retour du Jedi» (1983) et sur les films «THX 1138» et «American Graffiti», réalisés par George Lucas avant «Star Wars». Elle a également fait partie de l’équipe de montage des films de Martin Scorsese des années 1970: «Taxi Driver», «Alice n’est plus ici» et «New York, New York».

Le poste de monteuse était alors un poste créatif de haut niveau rarement accessible aux femmes à Hollywood. Marcia Lucas est devenue l’une des rares femmes dont le travail de monteuse a permis de donner du sens aux films des réalisateurs, majoritairement masculins, du Nouvel Hollywood de la fin des années 1960 au début des années 1980, parmi lesquels Dede Allen, monteuse de «Bonnie and Clyde» et «Un après-midi de chien», Verna Fields, monteuse de «La Barbe à papa» et «Les Dents de la mer» et Thelma Schoonmaker, monteuse de la plupart des films de M. Scorsese à partir de «Raging Bull» en 1980.

Mme Lucas était souvent considérée comme l’héroïne méconnue de «Star Wars», le film original qui, après des suites, des antépisodes et des versions dérivées, est désormais connu sous le sous-titre «Un nouvel espoir». Elle a convaincu son mari de l’époque qu’Obi-Wan Kenobi, interprété par Alec Guinness, devait mourir lors de son duel au sabre laser contre Dark Vador et devenir le guide spirituel de Luke Skywalker, joué par Mark Hamill.

Elle a également dû donner un sens à des épreuves de tournage qui auraient pu être un véritable désastre entre de mauvaises mains, notamment la scène finale de l’attaque rebelle contre l’Étoile de la Mort.

«C’était extrêmement complexe. Nous avions 12 000 mètres d’épreuves de tournage avec des dialogues de pilotes. Elle a dû tout trier et y intégrer les scènes de combat, a confié George Lucas à Rolling Stone dans une entrevue quelques mois après la sortie du film. Personne n’avait jamais vraiment essayé d’intégrer une intrigue à un combat aérien, et c’est ce que nous avons tenté de faire.»

Marcia Lucas, née Griffin, est née à Modesto, en Californie, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a déménagé à Los Angeles avec sa mère après le divorce de ses parents, alors qu’elle était encore enfant.

Elle a débuté comme bibliothécaire spécialisée en cinéma, puis est devenue monteuse de publicités, de bandes-annonces et de films promotionnels. Elle a été assistante monteuse sur le documentaire «Destination Pacifique» pour M. Fields, qui avait également engagé George Lucas, alors étudiant en cinéma à l’Université de Californie du Sud.

Le couple s’est fiancé peu après. Leur mariage a pris fin en 1982, mais ils ont gardé leur divorce secret jusqu’après la sortie du «Retour du Jedi» en 1983. Marcia Lucas a ensuite été mariée à Tom Rodrigues, directeur de production au centre de production Skywalker Ranch, de 1983 à 1993.

Elle laisse dans le deuil ses filles, Amanda Lucas et Amy Soper, ainsi que ses petits-enfants, Felix Hallikainen, Aeliana Hallikainen et Knox Soper.

«Son influence sur le cinéma est indélébile, mais ceux qui la connaissaient le mieux se souviendront de la façon dont elle rendait la vie plus vivante, plus belle, plus joyeuse et plus pleine d’amour, a déclaré sa famille dans un communiqué. Son travail était reconnu pour son intelligence émotionnelle, son rythme et son humanité — une capacité rare à saisir la vérité d’une scène et à insuffler cœur, élan et clarté à l’écran.»

Andrew Dalton

Andrew Dalton

Journaliste