Votre artiste préféré vient en ville ou votre équipe locale se qualifie pour les séries éliminatoires: vous voulez y aller, mais vous ne voulez pas payer le prix fort. Voici votre dilemme: faut-il acheter vos billets dès maintenant ou attendre que la date approche dans l’espoir que les prix baissent?
Comme les grandes entreprises de billetterie ont de plus en plus recours à des modèles de tarification dynamique, qui permettent aux prix de varier en temps réel en fonction de facteurs, tels que la demande, les consommateurs à la recherche d’une bonne affaire ne savent pas toujours quel est le meilleur moment pour acheter.
«En fin de compte, quand on parle de prix, tout est une question de demande des consommateurs; ainsi, presque toujours, quand on se plaint du prix des billets, c’est simplement parce que l’événement est très populaire et que beaucoup de gens veulent vraiment y aller», explique David Clement, responsable des affaires nord-américaines au Consumer Choice Center.
Il évoque les prix élevés des billets pour les matchs des Blue Jays de Toronto lors de la Série mondiale de l’année dernière, alors que «tout le monde, sans exception, voulait y aller».
«C’est simplement la conséquence naturelle d’une demande accrue et d’une offre fixe», ajoute M. Clement.
À l’approche du premier match des Séries mondiales, certains des prix les plus bas pour des billets de revente vérifiés sur Ticketmaster s’élevaient à 1843 $, tandis que certains des billets les plus chers dépassaient la somme astronomique de 10 000 $.
Le coût d’accès aux grands événements sportifs reste un sujet de préoccupation, les billets pour assister au premier match du Canada lors de la Coupe du monde de soccer de cet été restant onéreux.
La question du prix des billets est récemment revenue sur le devant de la scène, les gouvernements de l’Ontario et du Québec ayant pris des mesures visant à lutter contre les prix de revente des billets.
Des prix très variables
Bien que tous les billets d’événements au Canada ne soient pas soumis à une tarification dynamique, cette pratique est couramment utilisée par certaines grandes entreprises du secteur.
D’après les données du marché américain, que M. Clement juge comparable à celui du Canada en raison de sa structure similaire, les prix des billets peuvent fluctuer considérablement.
Une analyse réalisée en février par SeatData.io a examiné 307 727 ventes de billets de concert et a révélé que les billets achetés le jour même affichaient le prix médian le plus bas, à 99 $ US. Parallèlement, elle a constaté que les prix atteignaient leur pic environ deux à quatre semaines avant un événement, avec une médiane de 162 $ US. Selon cette analyse, le moment idéal pour acheter se situait environ 90 jours à l’avance ou les derniers jours précédant l’événement.
L’analyse a également révélé que le samedi était généralement le jour le moins cher de la semaine pour acheter des billets et que mars était le mois le moins cher, avec des prix environ 67 % moins élevés que les prix de pointe enregistrés en septembre.
«La règle numéro 1 est la suivante: si le risque de rupture de stock est élevé, vous devriez probablement acheter tôt, car il y a de fortes chances que les billets s’arrachent et que la demande augmente à l’approche de l’événement en raison de l’engouement médiatique», explique Preet Banerjee, expert en finances personnelles.
«La règle numéro 2: si l’événement est moins populaire, il est souvent préférable d’attendre, par exemple pour les sports en saison régulière ou certains artistes moins demandés.»
Par exemple, il explique que les billets pour un concert de Taylor Swift devraient continuer à augmenter à l’approche de l’événement, mais que ceux pour une équipe sportive disputant de nombreux matchs à domicile pourraient baisser à l’approche du jour du match.
Avec les modèles de tarification dynamique, M. Banerjee spécifie que les indicateurs pris en compte par les entreprises pour déterminer les prix des billets sont devenus très sophistiqués. Il précise que les entreprises examinent des facteurs, tels que la vitesse de vente des billets, les séries de victoires des équipes sportives professionnelles, les performances actuelles des joueurs et même la météo.
À l’approche d’événements plus récurrents, M. Banerjee explique que les revendeurs se font souvent concurrence pour écouler leurs billets, car tout billet non utilisé n’a finalement aucune valeur.
«Le prix peut chuter de manière spectaculaire. Donc, si vous êtes flexible, c’est votre meilleur choix si vous voulez essayer d’obtenir la meilleure offre. Si vous êtes un partisan inconditionnel, vous devriez probablement acheter vos billets à l’avance», ajoute-t-il.
M. Banerjee précise que, à mesure que l’écart entre les personnes à revenus élevés et celles à faibles revenus continue de se creuser, les personnes disposant d’un revenu disponible plus important sont prêtes à dépenser beaucoup plus pour des billets d’événements, ce qui fait grimper les prix pour tout le monde. Les partisans inconditionnels sont également prêts à payer des suppléments, ajoute-t-il.
Alors que l’on se concentre souvent sur la hausse des prix dans le cadre de la tarification dynamique, M. Clement fait remarquer que l’on oublie parfois que les prix peuvent aussi baisser.
«Les billets peuvent devenir considérablement plus chers, mais ils peuvent aussi devenir nettement moins chers, en même temps. J’insiste sur ce point, car les décideurs politiques se concentrent presque toujours sur la tarification dynamique et sur les hausses de prix, mais ils ignorent toujours que les prix peuvent aussi baisser», conclut-il.

