Avant que les zombies ne se mettent à errer en se régalant de manière macabre de la chair de ceux trop lents pour s’enfuir, les extraterrestres régnaient en maîtres sur les salles de cinéma, les ciné-parcs et les émissions télévisées du samedi soir consacrées aux créatures surnaturelles.
Même si Hollywood continue de façonner la façon dont les Américains imaginent ces petits hommes verts aux grands yeux et à la tête encore plus grosse, la fiction pourrait bientôt être distinguée de la réalité, ou se révéler être de la réalité, si les agences gouvernementales publient les dossiers secrets relatifs aux extraterrestres et aux ovnis, comme l’a demandé en février le président Donald Trump.
Le genre de la science-fiction a façonné la façon dont les gens envisagent la vie intelligente ailleurs dans l’univers, «qu’il s’agisse de récits d’invasion, d’extraterrestres venant nous avertir que nous sommes sur la mauvaise voie, ou d’extraterrestres essayant simplement d’entrer en contact avec nous pour nous aider ou simplement nous dire “bonjour”», explique Priscilla Wald, professeure à l’université Duke, qui donne un cours sur la science-fiction et le cinéma.
L’annonce de M. Trump sur les réseaux sociaux est survenue à la suite d’une entrevue dans un balado de l’ancien président Barack Obama, dans laquelle il laissait entendre que les extraterrestres existaient bel et bien. Obama a précisé par la suite qu’il n’avait pas vu de preuves que des extraterrestres avaient établi un contact, mais a déclaré que, l’univers étant si vaste, il y avait de fortes chances que la vie existe ailleurs.
Les films laissent entendre qu’ils sont presque partout, du champ de maïs de Pennsylvanie dans Signes (2002) à la Devil’s Tower du Wyoming dans Rencontres du troisième type (1977), en passant par la jungle d’Amérique centrale où se déroule Le Prédateur (1987).
«Hollywood a en quelque sorte préparé le public à cela», affirme le contre-amiral à la retraite Timothy Gallaudet à propos de toute révélation selon laquelle une vie intelligente venue de l’espace existe et a visité la Terre. «Je pense que les gens peuvent le supporter. Cela dépend bien sûr des informations qui seront publiées (par le gouvernement)», précise-t-il.
Hollywood s’est rapidement emparé du sujet après la prétendue découverte, en 1947, de débris près de Roswell, au Nouveau-Mexique. Les autorités avaient initialement identifié les débris comme provenant d’un disque volant avant de faire rapidement marche arrière et d’affirmer qu’ils provenaient d’un ballon météorologique à haute altitude.
Environ trois ans après Roswell, The Flying Saucer sortait en salles. Ce film a été suivi de quelques productions à petit budget, pour la plupart oubliables, tandis que d’autres continuent d’inspirer les passionnés de science-fiction, comme Le Jour où la Terre s’arrêta (1951).
«Si l’on repense à l’essor des films sur les extraterrestres, celui-ci a véritablement commencé aux États-Unis dans les années 1950», souligne Mme Wald.
«Les extraterrestres sont des êtres bienveillants qui descendent sur Terre pour tenter de nous avertir après une guerre nucléaire, explique-t-elle à propos de Le jour où la terre s’arrêta. Ils essaient de nous avertir que nous causons des problèmes dans le cosmos et que si nous n’arrêtons pas, ils devront intervenir.»
D’autres encore dépeignent des visiteurs arrivant avec des motivations et des intentions plus malveillantes: nous tuer, conquérir la Terre, parfois même nous transformer en nourriture.
«Si nous apprenions que des extraterrestres sont en route, les réactions seraient mitigées, suppose Mme Wald. Beaucoup de gens les accueilleraient à bras ouverts. Beaucoup d’autres se précipiteraient dans leurs caves pour les remplir de conserves.»
Une multitude de documentaires ont également été publiés, notamment The Age of Disclosure (2025), qui détaille les connaissances du gouvernement sur l’existence d’une vie intelligente en dehors de l’espèce humaine et les tentatives de rétro-ingénierie de la technologie extraterrestre.
Steven Spielberg a réalisé des succès au box-office tels que E.T. l’extra-terrestre, sorti en 1982, et Rencontres du troisième type. Son prochain film, Disclosure Day, pose la question suivante: «Si vous découvriez que nous ne sommes pas seuls, si quelqu’un vous le montrait, vous le prouvait, cela vous effraierait-il?»
Mme Wald s’interroge énormément sur ce que cette peur reflète de l’être humain. «Il me semble que c’est une réflexion sur qui nous sommes, que nous projetons sur les extraterrestres la façon dont nous nous traitons les uns les autres. Ainsi, les extraterrestres descendent sur Terre, ils veulent nous conquérir, ils sont violents. À qui cela fait-il penser ? Cela nous fait penser à nous-mêmes».
