Art et culture

Cinéma: le TIFF s'ouvre à Toronto sous fond de tensions avec les États-Unis

Plus de 200 longs et courts métrages provenant de dizaines de pays répartis sur six continents sont projetés au TIFF, de l’Iran à l’Irlande.

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Des employés s'affairent à organiser et à régler les derniers détails avant le Festival international du film de Toronto, à Toronto, le mercredi 9 septembre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Des employés s'affairent à organiser et à régler les derniers détails avant le Festival international du film de Toronto, à Toronto, le mercredi 9 septembre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Nathan Denette)

L’industrie cinématographique mondiale se donne rendez-vous au Canada à l’occasion du Festival international du film de Toronto (TIFF), sous fond de guerre commerciale avec les États-Unis.

Plus de 200 longs et courts métrages provenant de dizaines de pays répartis sur six continents sont projetés au TIFF, de l’Iran à l’Irlande.

Le festival s’ouvrira avec Being Heumann, un film biographique consacré à Judy Heumann, militante américaine pour les droits des personnes handicapées, réalisé par la cinéaste oscarisée Sian Heder.

Un autre film très attendu est Fjord, lauréat de la Palme d’or de cette année, qui explore la question de la tolérance religieuse dans une Norvège laïque, avec Sebastian Stan dans le rôle d’un père de cinq enfants profondément chrétien.

Sebastian Stan fait partie des célébrités attendues sur le tapis rouge jeudi, tout comme Jodie Comer, qui incarne une entrepreneur de pompes funèbres devenue taxidermiste dans la comédie musicale Stuffed, et Naomi Watts, qui tient le rôle principal dans le drame historique The Housewife du réalisateur canadien Ben Shirinian.

Et pour la première fois cette année, un marché du film sera organisé, où les professionnels du secteur pourront acheter et vendre des projets à différents stades de développement.

TIFF: The Market se tient alors que le Canada et les États-Unis sont empêtrés dans un différend commercial où le cinéma et la télévision constituent un point d’achoppement.

Les négociateurs américains contestent les règles canadiennes obligeant les entreprises de diffusion en continu américaines à verser des contributions financières en faveur du contenu canadien — bien que le gouvernement libéral ait déjà fait marche arrière sur ce point, suscitant un tollé au sein de l’industrie canadienne.

Par ailleurs, le président américain, Donald Trump, a récemment apporté son soutien à une mesure fiscale fédérale visant à rendre les tournages sur le territoire américain plus abordables.

Cameron Bailey, PDG du TIFF, a déclaré qu’il comprenait cette tendance protectionniste, tout en soulignant que Hollywood s’était enrichi grâce aux contributions du Canada.

«Des Canadiens comme James Cameron, Denis Villeneuve, Sandra Oh, nos deux Ryan (Gosling et Reynolds) et tous ces autres talents ont contribué à renforcer Hollywood», a-t-il souligné lors d’une récente entrevue.

«Hollywood est évidemment la première industrie cinématographique au monde, mais elle se renforce lorsqu’elle est capable de travailler avec des talents venus des quatre coins de la planète», a-t-il ajouté.

Mais alors que les tensions avec les États-Unis persistent, l’industrie cinématographique canadienne cherche à nouer des partenariats avec d’autres «puissances intermédiaires».

Julie Roy, directrice générale et cheffe de la direction de Téléfilm Canada, a indiqué qu’elle venait de se rendre en France pour le Sommet Lumière, consacré au cinéma international et organisé conjointement par la France et la Corée du Sud.

«Cela me remplit d’enthousiasme, car dans ce contexte, la coopération et la collaboration internationales sont de plus en plus indispensables, a-t-elle affirmé en entrevue téléphonique. Et le Canada est à la pointe dans ce domaine. Je veux dire par là que nous avons conclu des accords de coproduction avec 57 pays différents.»

Téléfilm disposera du plus grand pavillon au marché du TIFF, où l’organisme facilitera les rencontres entre les créateurs canadiens et les investisseurs internationaux.

Elle compare cela à la maison du Canada au village olympique — mais dans le secteur audiovisuel.

Nicole Thompson

Nicole Thompson

Journaliste