Art et culture

Céline Dion et la leçon de style parisienne

Qu’importe la place, qu’importe l’endroit… ou le soulier.

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La chanteuse Céline Dion arrive à l'hôtel Le Royal Monceau à Paris le 28 août 2026, en amont de sa série de concerts dans la capitale française. La chanteuse Céline Dion arrive à l'hôtel Le Royal Monceau à Paris le 28 août 2026, en amont de sa série de concerts dans la capitale française. (SIMON WOHLFAHRT / AFP via Getty Images)

Qu’importe la place, qu’importe l’endroit… ou le soulier. Chaque sortie de Céline Dion à Paris avant son retour sur scène samedi génère une avalanche de commentaires mode enthousiastes, donnant un avant-goût des tenues que la chanteuse pourrait porter lors de ses concerts.

Tout commence fin août avec un trench coat, un peu en avance sur la saison. Une pièce signée Alaïa en coupe parachute, épaisse, beige foncé, nouée à la ceinture de la vedette, qui affole à la veille de la rentrée et devient «le costume de la it-girl parisienne», note le journaliste mode Matthieu Bobard Delière.

Cette première apparition de la chanteuse canadienne, avec un chignon serré, ouvre la première partie de cette résidence en France: une succession de mini-rencontres avec les fans, devant son hôtel, pleines d’humour, d’inattendu et de vocalises.

Chaque journée donne l’impression d’être celle d’une Fashion Week, à l’image de cette silhouette Tom Ford avec un perfecto en crocodile et un bermuda, de retour en grâce depuis le printemps, tant dans sa forme casual chez les lycéens que sur les tapis rouges.

Le 1er septembre, la superstar a cette fois opté pour une sculpturale robe noire en cuir froissé, accompagnée d’une traîne de la marque espagnole Loewe. Le lendemain, ce furent un simple legging noir et un haut asymétrique, puis, plus tard, un jean et une veste-péplum noire cintrée Givenchy par Sarah Burton.

«Ça me rappelle cette période en 2016 lorsqu’elle venait aux Fashion Weeks et c’était le festival de styles, le feu d’artifice de la pièce-penderie», s’emballe Matthieu Bobard Delière.

À la pointe des tendances aujourd’hui, Céline Dion revient pourtant vestimentairement de loin.

«Femme caméléon»

Le début de sa carrière, jusqu’à la fin des années 1990, est marqué par le consensuel. En témoigne son modeste T-shirt blanc col en V porté pour sa performance d’ouverture des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996.

Le contraste est d’autant plus frappant lorsque, près de 30 ans plus tard, pour ceux de Paris en 2024, Céline Dion apparaît au balcon de la tour Eiffel dans un fourreau altier scintillant, blanc encore, signé Dior pour une interprétation de l’Hymne à l’amour.

La bascule s’est faite en 1999, lorsque Céline Dion enflamme la cérémonie des Oscars dans son costume d’homme créé par John Galliano, porté à l’envers, décolleté au dos.

«J’ai toujours aimé ce côté masculin/féminin. Elle porte aussi bien des robes coutures que des vestes, chemises, cravates. (…) J’adore quand cette femme un peu caméléon s’habille chez l’homme», estime dans Paris Match Alexandre Mattiussi, le fondateur d’AMI Paris et fan de la première heure.

Bête de mode

C’est le styliste le plus couru de Los Angeles, Law Roach, qui a ancré la chanteuse de variété dans l’univers du style au plus haut degré, l’extirpant de la facilité des tenues à strass et la transformant en bête de mode.

L’artiste possède près de 10 000 paires de chaussures et stocke sa garde-robe dans un entrepôt de la taille d’un supermarché près de Las Vegas.

«Céline Dion affirme que je l’ai aidée à reprendre confiance en elle après la disparition de son mari», René Angélil, avait confié M. Roach à la presse.

Avec lui, Céline Dion mue et assume en effet son côté excentrique, voire parodique, comme lorsque l’interprète de My heart will go on sort avec un sweat à capuche à l’effigie du Titanic.

Après l’ère Law Roach, pour son retour sur scène, la Canadienne s’est entourée de deux conseillères en image, Annie Horth et l’ancienne journaliste mode du New York Times, Malina Joseph Gilchris.

Si aucun nom n’a filtré concernant les maisons choisies pour les tenues portées sur scène, bien que celui d’Alaïa revienne souvent, sa styliste n’a eu qu’un adjectif pour qualifier le rendu attendu: «grandiose».