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Alex Gibney dit qu'Elon Musk devrait «défendre la liberté d'expression»

Le milliardaire fait l’objet d’un nouveau documentaire présenté au Festival international du film de Toronto.

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Alex Gibney (à gauche) et Elon Musk (à droite). Photo AP. Alex Gibney (à gauche) et Elon Musk (à droite). (The Associated Press)

Le réalisateur d’un nouveau documentaire sur Elon Musk a été surpris par certaines des réactions du milliardaire à l’encontre de son film.

Alex Gibney a été critiqué toute la semaine par le milliardaire. Sur sa plateforme X, Musk a écrit que le réalisateur était «un être humain horrible qui manquait d’intégrité . «Un vieil homme aigrí qui a perdu la tête depuis longtemps», a-t-il résumé.

Le documentaire de Gibney, présenté au Festival international du film de Toronto, explore le pouvoir extrême que Musk a accumulé grâce à ses trois entreprises (X, Tesla, SpaceX), et soulève des questions sur ce que pourrait être l’objectif ultime de l’entrepreneur.

«Il a en quelque sorte perdu la tête et a menacé d’intenter un procès, ce qui n’est pas ce à quoi je m’attendrais de la part d’un défenseur absolu de la liberté d’expression, comme il se qualifie lui-même», dit Gibney lors d’une interview avant la projection de presse de «Musk», un film de près de quatre heures dont la première publique aura lieu lundi.

«Il dit dans le film que la liberté d’expression consiste à promouvoir les propos de personnes que l’on n’aime pas, à dire des choses avec lesquelles on n’est pas d’accord, en somme. Alors d’accord, il faut se montrer à la hauteur et embrasser la liberté d’expression», a ajouté Gibney.

Musk n’a pas répondu aux demandes de commentaires adressées à Tesla et SpaceX.

Gibney est convaincu de la justesse du portrait critique qu’il dresse de Musk dans ce documentaire, compte tenu, selon lui, de l’énorme travail de recherche et de vérification des faits qui y a été consacré.

«Chaque documentaire que je réalise fait l’objet d’une vérification minutieuse, et celui-ci a été examiné de manière encore plus approfondie que d’habitude: nous avons nous-mêmes vérifié nos informations à maintes reprises», souligne le documentariste, qui s’était déjà penché sur le défunt cofondateur d’Apple, Steve Jobs, ainsi que sur l’entrepreneuse déchue Elizabeth Holmes.

«Nous disposons de sources approfondies et multiples pour pratiquement tout ce qui figure dans le film; nous avons ensuite fait vérifier ces informations par des vérificateurs de faits indépendants et les avons fait relire ligne par ligne par une équipe d’avocats.»

Gibney précise également qu’une grande partie du contenu provient de recherches et de témoignages qui ne figurent pas nécessairement dans le montage final du documentaire.

«Nous avons discuté avec de nombreuses personnes, des centaines de personnes en coulisses, dont beaucoup ont refusé de s’exprimer officiellement», mentionne-t-il.

Parmi les personnes apparaissant dans le film figurent le père de Musk, sa première femme Justine Musk et son ex-compagne Ashley St. Clair, avec qui il a eu un enfant. L’informaticien anglo-canadien Geoffrey Hinton, considéré comme le «parrain» de l’intelligence artificielle, fait également une apparition, tout comme d’anciens partenaires commerciaux de Musk et des journalistes qui l’ont suivi de près.

Les récentes déclarations de Musk ne sont pas la première fois qu’il fustige Gibney à propos de ce film.

Avant même que le documentaire ne soit loin d’être achevé, Musk s’était exprimé sur X pour le qualifier de «film à charge».

Gibney avait répondu: «Comment le sauriez-vous?»

Tara Deschamps

Tara Deschamps

Journaliste