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Un représentant américain fera une apparition au G20 sans participer aux discussions

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d459d8e8656d8afbe4cf5e20edbb2761e079f9af61a54ad99fc6423d57ae282d.jpg Un représentant de l'ambassade américaine en Afrique du Sud assistera à la cérémonie officielle de passation de pouvoir à la fin du sommet du Groupe des 20 (G20) qui se tiendra ce week-end à Johannesburg, mais les États-Unis ne participeront toujours pas aux discussions, a déclaré jeudi un responsable de la Maison-Blanche. Des bannières des leaders du G20 sont affichées le long d'une autoroute de Johannesbourg, en Afrique du Sud, le jeudi 20 novembre 2025. (Themba Hadebe | Associated Press)

Un représentant de l'ambassade américaine en Afrique du Sud assistera à la cérémonie officielle de passation de pouvoir à la fin du sommet du Groupe des 20 (G20) qui se tiendra ce week-end à Johannesburg, mais les États-Unis ne participeront toujours pas aux discussions, a déclaré jeudi un responsable de la Maison-Blanche.

Ce responsable, qui n'était pas autorisé à s'exprimer publiquement et s'est exprimé sous couvert d'anonymat, répondait aux commentaires du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, selon lesquels les États-Unis avaient indiqué avoir «changé d'avis» au dernier moment concernant leur boycottage et participeraient au sommet.

Le président américain, Donald Trump, a annoncé ce mois-ci qu'aucun représentant du gouvernement américain ne participerait à la réunion de deux jours des dirigeants mondiaux des pays riches et en développement dans la plus grande ville d'Afrique du Sud.

M. Trump a invoqué la persécution présumée par l'Afrique du Sud de sa minorité blanche afrikaner pour justifier le boycottage américain. Les États-Unis doivent prendre la présidence tournante du G20 à la place de l'Afrique du Sud, et une cérémonie officielle de passation de pouvoir est traditionnellement organisée à la fin de chaque sommet.

M. Ramaphosa avait précédemment exprimé sa déception, car le boycottage américain signifierait qu'il passerait le relais à une «chaise vide» à la fin du sommet.

 

Jeudi, le dirigeant sud-africain a déclaré qu'il se réjouissait de la participation des États-Unis au premier sommet africain du G20 et qu'il considérait cette communication tardive comme un changement d'approche «réjouissant» de la part de la première économie mondiale.

«Les États-Unis sont membres du G20, ils en sont même l'un des membres fondateurs, ils ont donc le droit d'être ici, a rappelé M. Ramaphosa. Tout ce que nous cherchons à faire, c'est d'examiner les aspects pratiques [...] de leur participation.»

Le président d'Afrique du Sud avait également évoqué jeudi matin le boycottage américain, qui menace de compromettre le sommet, en déclarant que la réunion du G20 publierait une déclaration commune malgré les pressions exercées par Washington pour l'en empêcher.

Un responsable sud-africain du G20 a déclaré en début de semaine que les États-Unis avaient envoyé une communication diplomatique à l'Afrique du Sud pour lui faire savoir qu'«aucune déclaration ne devrait être adoptée» lors du sommet, car les États-Unis n'étaient pas présents et qu'il n'y aurait donc pas de consensus.

Les États-Unis souhaitent plutôt que l'Afrique du Sud publie une déclaration modérée pour clore le sommet, qui est l'aboutissement de plus de 120 réunions organisées par l'économie la plus avancée d'Afrique depuis qu'elle a pris la présidence tournante du G20 pour cette année.

S'adressant aux journalistes après un discours prononcé plus tôt, Cyril Ramaphosa a annoncé qu'il y aura une déclaration. «Les discussions se déroulent extrêmement bien. Je suis convaincu que nous nous dirigeons vers une déclaration, et ils sont maintenant en train de mettre les derniers détails au point», a-t-il affirmé.

«Sans les États-Unis, l'ensemble du processus du G20 avance. Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous n'accepterons pas d'être intimidés.»

Trump et les Afrikaners

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n'a cessé de critiquer l'Afrique du Sud. En mai, il a tenu une réunion tendue avec Cyril Ramaphosa à la Maison-Blanche, au cours de laquelle il a confronté le dirigeant sud-africain à des allégations sans fondement de violence généralisée contre les Afrikaners en Afrique du Sud.

Le président américain a réitéré ses accusations à l'approche du G20, affirmant que le gouvernement noir de M. Ramaphosa menait une politique raciste anti-blancs à l'encontre de la minorité blanche afrikaner.

Le G20 est un bloc composé de 19 nations, parmi lesquelles figurent les économies les plus riches, mais aussi les principales économies en développement. L'Union européenne et l'Union africaine en sont également membres.

L'Afrique du Sud, qui est le premier pays africain à occuper la présidence tournante, espère profiter de ce sommet pour faire avancer les questions qui touchent particulièrement les pays pauvres. Il s'agit notamment d'atténuer l'impact du changement climatique et des catastrophes liées aux conditions météorologiques, d'alléger le fardeau de la dette des pays en développement et de lutter contre les inégalités de richesse dans le monde.

Les États-Unis ont déjà critiqué les priorités de l'Afrique du Sud pour le groupe, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, ayant boycotté une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 en février et rejeté les priorités de l'Afrique du Sud en matière de diversité, d'équité, d'inclusion et de changement climatique.

M. Rubio a argué qu'il ne gaspillerait pas l'argent des contribuables américains pour ce programme.

D'autres dirigeants ont également décidé de ne pas participer au sommet du G20, notamment le dirigeant chinois, Xi Jinping, le président russe, Vladimir Poutine, et le chef d'État argentin, Javier Milei, mais ils ont envoyé des délégations pour les représenter.

«Le seul pays qui n'est pas présent dans la salle est les États-Unis et, bien sûr, c'est leur choix de ne pas être présents», a indiqué cette semaine Xolisa Mabhongo, ambassadeur sud-africain auprès du G20, à la chaîne nationale SABC.