Justice

Un ancien moniteur pour jeunes fait face à 66 accusations d'agression sexuelle

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eed2647f3b8b89167a8b995280818fdb7e6bc0b1c5d32c740a2dc4d84da18f46.jpg Le sergent d'état-major Rob McCamon, officier responsable des crimes majeurs et des sciences du comportement à la GRC de la Nouvelle-Écosse, annonce 66 accusations d'abus sexuels survenus au Centre pour jeunes délinquants de la Nouvelle-Écosse entre 1989 et 2015 lors d'une conférence de presse à Halifax, le mercredi 17 septembre 2025. (LA PRESSE CANADIENNE/Darren Calabrese)

La Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse affirme qu'un homme de Dartmouth fait face à 66 accusations d'agression sexuelle impliquant au moins 30 victimes présumées. Ces accusations font suite à une enquête de quatre ans sur des allégations de dizaines d'agressions sexuelles dans un établissement correctionnel provincial pour jeunes au nord-ouest d'Halifax.

Donald Douglas Williams, qui était moniteur de natation au Centre pour jeunes délinquants de la Nouvelle-Écosse, à Waterville, de 1988 à 2017, a été arrêté à son domicile samedi, a indiqué la police lors d'une conférence de presse, mercredi.

L'homme de 75 ans fait face à trois chefs d'accusation d'agression sexuelle causant des lésions corporelles, 28 chefs d'accusation d'agression sexuelle, 32 chefs d'accusation d'exploitation sexuelle, ainsi que des chefs d'attouchements sexuels, d'incitation à des attouchements sexuels et de voies de fait. La police a précisé que les infractions ont été commises dans l'établissement correctionnel entre 1989 et 2015.

Le sergent d'état-major Rob McCamon a déclaré que les victimes présumées étaient âgées de 12 à 18 ans. «Tous étaient de sexe masculin, à l'exception d'une femme», a déclaré M. McCamon, au quartier général de la Gendarmerie, mercredi.

Il a affirmé que les accusations concernaient 32 ou 33 victimes, mais la GRC a publié une déclaration par la suite disant qu'il y avait 30 victimes.

Le service de police a indiqué que Donald Douglas Williams avait été libéré sous certaines conditions et qu'il devait comparaître devant la cour provinciale de Kentville, en Nouvelle-Écosse, le 26 septembre. Il précise que son enquête – l'opération Headwind  – a nécessité l'interrogatoire de plus de 450 survivants et témoins partout au Canada et l'examen de plus de 9800 documents.

Le sergent d'état-major McCamon a souligné que la complexité et l'ampleur de l'affaire expliquent pourquoi il a fallu quatre ans à la police pour porter des accusations.

«Dans un contexte institutionnel comme celui-ci, il fallait examiner un grand nombre de communications et de documents (…) il faut beaucoup de temps pour examiner ces informations et les rendre utilisables et compréhensibles afin de porter des accusations, a-t-il détaillé. Sans parler du nombre de personnes à qui il fallait parler et qu'il fallait interroger, qui n'étaient pas nécessairement à proximité, ici, en Nouvelle-Écosse.»

Des accusations supplémentaires sont attendues contre Donald Douglas Williams, a ajouté le policier, et l'enquête se poursuit.

Le centre pour jeunes délinquants, situé à environ 100 kilomètres au nord-ouest d'Halifax, a ouvert ses portes en 1988. Il accueille des adolescents, hommes et femmes, purgeant des peines avec garde en milieu ouvert ou fermé, ainsi que des adolescents en attente de comparution devant le tribunal.

«Toutes les accusations que nous portons à ce stade-ci concernent des faits qui auraient eu lieu dans l'établissement, a indiqué Rob McCamon. Pour l'instant, Doug Williams est notre priorité.»