Le cabinet du premier ministre François Legault a annoncé mercredi en début de soirée que les discussions entre le gouvernement et la Fédération des médecins omnipraticiens vont reprendre concernant la loi 2 qui vise notamment à changer la rémunération des médecins.
Dans une déclaration transmise aux médias mercredi en début de soirée, François Legault et le Dr Marc-André Amyot affirment que les discussions reprennent dès maintenant.
«Si une entente est conclue, le gouvernement accepterait des modifications à la loi 2 en sachant qu’une partie de la rémunération des médecins de famille demeure conditionnelle à la prise en charge d’un nombre accru de Québécois», conclut la courte missive.
Cette annonce survient 24 heures après une rencontre entre les deux hommes à Québec. Une discussion qui a été qualifiée de «constructive» par le premier ministre du Québec sur les réseaux sociaux.
Les deux parties n’ont offert aucun autre détail.
«Je tenais à rencontrer le président de la fédération des médecins de famille, puis revenir à la base», a affirmé M. Legault mercredi dans les couloirs de l’Assemblée nationale avant la période des questions.
«Pourquoi on fait tout ça? Parce que ça n’a pas de bon sens qu’il y ait autant de Québécois qui n’ont pas accès à un médecin de famille, a-t-il ajouté. Donc, il faut revenir aux objectifs. Je ne peux pas croire qu’on n’est pas capable ensemble de trouver des moyens de donner ces services.»
Les fédérations médicales et le Collège des médecins réclament depuis plusieurs semaines la suspension de la loi 2, qui a été présentée le 24 octobre, puis adoptée sous bâillon quelques heures plus tard.
Cette loi change le mode de rémunération des médecins, leur impose des cibles de performance et les menace de sanctions s'ils se désengagent. Elle prévoit également la mise en place d'un système de surveillance.
Face à la grogne généralisée, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a suspendu deux dispositions controversées de la loi, le 4 novembre.
D'abord, le gouvernement caquiste a décidé de maintenir, jusqu'à nouvel ordre, la prime accordée aux médecins spécialistes pour les premières consultations. Cette prime devait être abolie et l'argent devait être redistribué.
Il conserve aussi le supplément de 30 % qui était versé aux médecins des groupes de médecine familiale pour éponger certains frais administratifs.
La FMOQ avait réagi à cette annonce en disant qu'elle ne retournerait pas à la table de négociation si Québec ne suspendait pas l'entièreté de la loi 2.
La FMOQ exige, entre autres, l'abandon des indicateurs de performance la poussant à faire ce qu’elle appelle de la médecine «fast-food» et le déploiement des ressources humaines nécessaires pour améliorer l'accès au réseau de la santé.
- Avec des informations de La Presse canadienne

