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Les sénateurs américains siègent ce week-end pour trouver une solution à la paralysie

Donald Trump a clairement indiqué qu'il était peu probable qu'il fasse des compromis prochainement avec les démocrates.

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John Thune, républicain du Dakota du Sud, s'adresse aux journalistes au Capitole à Washington, le vendredi 7 novembre 2025, le 38e jour de la fermeture du gouvernement. John Thune, républicain du Dakota du Sud, s'adresse aux journalistes au Capitole à Washington, le vendredi 7 novembre 2025, le 38e jour de la fermeture du gouvernement. (J. Scott Applewhite/Associated Press)

Pour la première fois depuis le début du blocage des services gouvernementaux il y a plus d'un mois aux États-Unis, les sénateurs siègent durant le week-end, espérant trouver une solution bipartite qui leur a échappé jusqu'à présent. 

Les fonctionnaires fédéraux n'ont pas été payés, les compagnies aériennes ont été contraintes d'annuler des vols et le versement des allocations du Programme d'aide supplémentaire à la nutrition (SNAP) a été retardé pour des millions d'Américains dans les dernières semaines. 

Au début de la séance de samedi, il était difficile de savoir si les républicains et les démocrates parviendraient à faire avancer les choses pour rouvrir le gouvernement et sortir de l'impasse partisane qui dure maintenant depuis 39 jours.

Le président Donald Trump a clairement indiqué qu'il était peu probable qu'il fasse des compromis prochainement avec les démocrates, qui réclament une prolongation des crédits d'impôt de l'Affordable Care Act. Il a notamment déclaré sur les réseaux sociaux que ce système de santé était «le pire au monde». Il a suggéré que le Congrès verse directement de l'argent aux citoyens pour qu'ils puissent payer une assurance maladie.

Le chef de la majorité sénatoriale, John Thune, un républicain du Dakota du Sud, a affirmé que la proposition de M. Trump ne contribuerait pas à mettre fin au blocage. Il a toutefois ajouté: «C'est un débat que le président et nous tous souhaitons avoir». 

M. Thune a déclaré qu'il prévoyait de maintenir le Sénat en session jusqu'à la fin du blocage et qu'«idéalement, il serait formidable de pouvoir voter aujourd'hui».

Les chefs de file républicains au Sénat se sont montrés ouverts à une proposition émanant d'un petit groupe de démocrates modérés visant à mettre fin au blocage en échange d'un vote ultérieur sur les subventions de l'«Obamacare».

La sénatrice Jeanne Shaheen, une démocrate du New Hampshire, qui mène les négociations entre les modérés, a soutenu vendredi soir que les démocrates «ont besoin d'une autre solution» après le rejet par les républicains d'une offre du chef de file démocrate Chuck Schumer, de New York, de rouvrir les services de l'État et de prolonger les subventions d'un an. 

Les modérés poursuivent les négociations

Mme Shaheen et d'autres sénateurs, négociant entre eux et avec certains sénateurs républicains, ont discuté de projets de loi qui financeraient certains services publics – comme l'aide alimentaire, les programmes pour les anciens combattants et le pouvoir législatif, entre autres – et prolongeraient le financement de tous les autres services jusqu'en décembre ou en janvier. 

L'accord ne s'accompagnerait que de la promesse d'un futur vote sur la réforme de la santé, sans garantie de prolongation des subventions.

On ignore si suffisamment de démocrates soutiendraient un tel plan. Même en cas d'accord, il semble peu probable que le président Trump soutienne une prolongation des prestations de santé. Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, un républicain de la Louisiane, a également dit cette semaine qu'il ne s'engagerait pas à un vote sur la santé.

Les dirigeants républicains n'ont besoin que de cinq voix supplémentaires pour financer le gouvernement, et le groupe impliqué dans les négociations a compté entre 10 et 12 sénateurs démocrates.

Certains républicains se sont dits ouverts à la prolongation des crédits d'impôt mis en place pendant la pandémie de COVID-19, car les primes d'assurance pourraient exploser pour des millions de personnes, mais ils souhaitent de nouvelles restrictions quant aux bénéficiaires des subventions. Samedi, ils se sont succédé au Sénat pour plaider en faveur d'un versement direct des subventions aux particuliers.

«Nous allons remplacer ce système défaillant par un système réellement plus avantageux pour le consommateur», a soutenu le sénateur Lindsey Graham, un républicain de la Caroline du Sud.

Un nouvel ensemble de mesures 

M. Trump souhaite que les républicains mettent fin rapidement au blocage budgétaire et suppriment l'obstruction parlementaire, qui exige 60 voix au Sénat pour l'adoption de la plupart des textes, afin de contourner complètement les démocrates. 

Le vice-président J.D. Vance, ancien sénateur de l'Ohio, a appuyé cette idée dans une publication en ligne samedi, affirmant que les républicains qui veulent maintenir l'obstruction parlementaire ont «tort».

Les républicains ont rejeté l'appel de M. Trump, et M. Thune envisage un ensemble de mesures bipartisanes qui reprend la proposition élaborée par les démocrates modérés. On ignore ce que M. Thune, qui refuse de négocier, pourrait promettre concernant la santé.

Cet ensemble de mesures remplacerait la loi adoptée par la Chambre des représentants, que les démocrates ont rejetée à 14 reprises depuis le début du blocage le 1er octobre. Le texte actuel ne prolongerait le financement du gouvernement que jusqu'au 21 novembre, bien que les sénateurs aient indiqué que leur version irait probablement jusqu'en janvier.

Un choix pour les démocrates

Un vote test sur la nouvelle législation pourrait avoir lieu dans les prochains jours si M. Thune décide d'aller de l'avant.

Les démocrates se trouveraient alors face à un choix crucial: devraient-ils continuer à se battre pour un accord significatif sur la prolongation des subventions qui expirent en janvier, quitte à prolonger les difficultés liées au blocage budgétaire? Ou bien, devraient-ils voter pour la réouverture des services publics et espérer une issue favorable, les républicains promettant un vote ultérieur sur la réforme de la santé, sans toutefois garantir un résultat?

Samedi, M. Schumer a persisté à affirmer que les républicains devraient accepter une prolongation d’un an des subventions avant de négocier l’avenir des crédits d’impôt.

«Ne rien faire est une négligence grave, car des gens feront faillite, perdront leur assurance maladie, et leur santé se détériorera, a fait valoir M. Schumer lors d’une intervention au Sénat. Voilà ce qui arrivera si le Congrès ne prend aucune mesure.»

Plus tôt, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, indépendant siégeant avec les démocrates, avait déclaré qu’ils devaient rester fermes.