Société

Le port de Montréal ne peut pas obliger ses employés à travailler pendant une grève

Cette décision ouvre la voie à la reprise des négociations avant d'éventuels moyens de pression.

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Des camions transportant des conteneurs d'expédition traversent le port de Montréal, le mardi 19 septembre 2023. Des camions transportant des conteneurs d'expédition traversent le port de Montréal, le mardi 19 septembre 2023. (Christinne Muschi | La Presse canadienne)

Un tribunal fédéral a réitéré jeudi sa position selon laquelle les employeurs du port de Montréal ne peuvent pas obliger leurs employés à travailler pendant une grève, ouvrant ainsi la voie à la reprise des négociations avant d'éventuels moyens de pression.

Dans une décision sommaire, le Conseil canadien des relations industrielles a rejeté une demande de l'Association des employeurs maritimes visant à considérer le travail portuaire comme un service essentiel dans le but d'éviter une grève dans le secteur.

Les employeurs et le syndicat, représentant 2100 travailleurs du port, n'ont pas réussi à conclure une nouvelle convention collective avant son expiration, le 31 décembre, mais l'affaire était alors devant le tribunal, ce qui a reporté d'éventuelles actions syndicales.

Pour expliquer sa récente décision, le Conseil a cité une décision de 2020 selon laquelle l'Association des employeurs maritimes n'a pas démontré des risques imminents et graves pour la santé et la sécurité du public – les critères d'une activité essentielle – en cas d'arrêt de travail.

«Dans cette décision, le Conseil a conclu qu’aucune activité de débardage ne devait être maintenue au Port de Montréal en cas de grève», a écrit la vice-présidente Louise Fecteau, indiquant que cette décision avait été confirmée par la Cour d'appel fédérale.

«Il n’y a rien dans les observations de l’employeur qui amène le Conseil à revoir sa décision précédente», a-t-elle ajouté.

L'Association des employeurs maritimes a affirmé que sa priorité était de parvenir à une entente négociée sur la convention collective, avec l'aide de médiateurs fédéraux.

«Même si (le jugement) ne correspond pas à nos attentes, nous restons convaincus que la continuité et la stabilité de la chaîne d'approvisionnement sont de la plus haute importance», a déclaré la porte-parole Isabelle Pelletier dans un courriel.

À l'été 2020, les débardeurs de Montréal ont lancé une grève de 13 jours qui a laissé de côté des milliers de conteneurs sur le quai du second port du Canada.

L'été dernier, une grève de 7400 débardeurs de la Colombie-Britannique s'est étirée sur 12 jours, fermant le plus grand port du pays et coûtant des milliards de dollars à l'économie.

Lors de la grève de 2020 à Montréal, les membres du Syndicat canadien de la fonction publique avaient indiqué qu'ils continueraient à fournir des services d'amarrage pendant les arrêts de travail uniquement pour l'approvisionnement de Terre-Neuve-et-Labrador et des navires céréaliers, afin de se conformer respectivement au Code du travail fédéral et à la décision du tribunal.

La grève faisait suite à une bataille de 21 mois devant le Tribunal administratif du travail pour déterminer si les dispositions des services essentiels s'appliquaient aux employés du port.