Le ministère des Transports a annoncé lundi l’injection d’une somme supplémentaire de 879,6 millions de dollars (M$) dans le transport collectif québécois.
La somme de près de 880 M$ est répartie de la façon suivante jusqu’en 2029 auprès des principales sociétés québécoises de transport:
- Aide à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) : 776,2 M$;
- Aide aux sociétés de transport collectif hors Montréal : 75,8 M$, déclinée ainsi :
- Société de transport de Québec : 37,8 M$,
- Société de transport de l'Outaouais : 20,2 M$,
- Société de transport de Sherbrooke : 6,3 M$,
- Société de transport de Lévis : 4,6 M$,
- Société de transport du Saguenay : 3,8 M$,
- Société de transport de Trois-Rivières : 3,1 M$;
- Aide aux organismes municipaux ou intermunicipaux, au transport collectif régional et au transport adapté : 3 M$;
- Aide spécifique aux couronnes nord et sud de Montréal : 24,6 M$.
Cette annonce s'inscrit dans un contexte difficile dans le transport collectif au Québec. On est à la recherche d'endroits où sauver des coûts. Il a été découvert en novembre dernier que les 10 sociétés de transport collectif de la province pourraient dégager, à terme, des économies totalisant 346 millions $, mais cela impliquera un changement des façons de faire et probablement de sérieuses parties de bras de fer entre ces sociétés et leurs syndicats.
L’audit de performance de 515 pages livré par la firme Raymond Chabot Grant Thornton a cependant permis d’établir que ces sociétés, ainsi que l'ARTM, sont bien gérées. Cependant, en présentant l’audit, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, avait souligné que, d’après les projections actuelles, les sociétés de transport collectif de la région de Montréal prévoient un déficit accumulé de 2,5 milliards $ d’ici 2028, déficit qu’elle a qualifié d’«insoutenable». «[Une] cagnotte de 346 millions $, on peut difficilement s'en passer. On en a besoin», avait-t-elle déclaré.
Lundi, Mme Guilbault a donc en plus délié les cordons de la bourse dans un effort pour «établir un cadre financier équilibré et prévisible à long terme». On cherche maintenant une transition vers l'équilibre budgétaire d'ici 2029.
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Sous conditions
Cet important appui financier vient cependant avec des conditions: le respect du cadre financier et des modalités de versement de l'aide financière, notamment les mesures liées au contrôle des dépenses et à la reddition de comptes».
«J'ai pris l'engagement de présenter un cadre financier à long terme pour structurer l'importante aide financière supplémentaire que nous consentons aux sociétés de transport, tout en m'assurant que leur performance est optimisée et qu'on règle une fois pour toutes les déficits annuels récurrents, notamment via des audits», a commenté la ministre dans un communiqué.
La ministre des Transports ne manque pas non plus d'ajouter que Québec a octroyé 2,4 milliards de dollars (G$) en financement dans le transport collectif depuis 2020 pour assurer la continuité des services de transport collectif et de transport adapté.
Car si l'audit publié par Raymond Chabot Grant Thornton n'a pas montré du doigt la gestion des sociétés de transport collectif du Québec, elle a déjà fait l'objet de confrontations entre la ministre des Transports et les municipalités qui les chapeautent. Mme Guilbault a déjà, par le passé, refusé d’augmenter l’aide financière aux municipalités, parce qu’elle estimait que son ministère n’est pas responsable de la gestion des sociétés de transport et que les contribuables ne doivent pas avoir à écoper pour la façon dont sont gérés leurs revenus et dépenses.
Autres exemples. Pas plus tard qu’au début du mois d’octobre, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, se plaignait de l’effritement du financement consacré à l’entretien des actifs de transport en commun à la suite de la fermeture inopinée de trois stations de la ligne bleue du métro de Montréal. En avril, dans une fronde contre Geneviève Guilbault, Mme Plante avait invité la ministre des Transports à prendre le métro. Elle réagissait ainsi à la déclaration de Mme Guilbault qui avait dit que le transport collectif n’était pas une mission de l’État. «Oui, le transport, c’est une mission de l’État», avait rétorqué la mairesse.
Rappelons également qu'en mai dernier, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a annoncé qu'elle augmentera la taxe sur l’immatriculation payée par les automobilistes du Grand Montréal à 150 $ dans un effort de financer le transport collectif à Montréal.
Avec de l'information de La Presse canadienne.

