Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a officiellement déclenché les élections provinciales mardi pour le 27 février, plus d'un an avant la date fixe des prochaines élections.
Les élections avaient été fixées à juin 2026, mais M. Ford a avancé qu'il avait besoin d'un nouveau mandat pour faire face aux quatre années de présidence de Donald Trump aux États-Unis.
M. Ford a déclaré que la menace de M. Trump d'imposer des tarifs de 25 % sur les produits canadiens frapperait durement l'Ontario et son secteur automobile, et que le gouvernement provincial devrait dépenser des dizaines de milliards de dollars pour protéger les emplois et l'économie.
M. Ford a indiqué plus tôt mardi avoir rencontré son cabinet pour discuter d'un «plan d'action économique» afin de répondre aux tarifs douaniers des États-Unis. Il a souligné que celui-ci serait révélé au long de la prochaine campagne électorale.
Les responsables affirment que le plan d'action économique n'a pas encore été approuvé par le cabinet et ne sera donc pas mis en œuvre pendant la campagne. Doug Ford a plutôt suggéré qu'il sera présenté sous forme d'annonces.
«Nous voulons aller de l'avant et nous assurer de donner des garanties», a déclaré le premier ministre.
«À l’heure actuelle, le président Trump a semé l’incertitude chez tous les Canadiens et dans de nombreux autres pays du monde, et cela ne se produira pas du jour au lendemain. Cela n’arrivera peut-être pas le 1er février, je suis sûr que quelque chose va arriver, mais ce sera une bataille pour les quatre prochaines années, et je veux m’assurer d’avoir un mandat solide pour survivre au président Trump», a-t-il ajouté.
Les oppositions contre les élections
Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, a soutenu qu'il n'était pas logique d'annoncer un tel plan une fois que les tarifs douaniers seront en place.
«Si le premier ministre a un plan d'action économique prêt à être mis en œuvre, pourquoi ne pas simplement le mettre en œuvre ?», a écrit M. Schreiner dans un communiqué. «Pourquoi ne pas travailler au-delà des clivages partisans pour protéger les travailleurs de l'Ontario, les emplois de l'Ontario et les entreprises de l'Ontario ?»
La cheffe du NPD, Marit Stiles, a affirmé que la menace des tarifs douaniers est précisément la raison pour laquelle l'Ontario ne devrait pas se lancer dans une campagne électorale en ce moment.
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«Alors que les Ontariens s'inquiètent de la grave menace des tarifs douaniers, Doug Ford poursuit son propre gain politique», a-t-elle écrit dans un communiqué. «Les gens ont besoin d’un premier ministre qui se battra comme un dingue pour chaque emploi menacé, et non pas qui se présentera aux urnes plus d’un an plus tôt.»
Les partis d’opposition ont insisté sur le fait qu’une élection anticipée n’était pas nécessaire, car ils soutiendraient les dépenses de relance et que M. Ford a déjà un mandat après que les électeurs lui ont accordé une large majorité la dernière fois. Aller aux urnes maintenant est de l’opportunisme pour tirer profit de bons sondages, affirment-ils.
«L’Ontario de Doug Ford vous a laissé tomber», a mentionné la cheffe libérale Bonnie Crombie dans un communiqué. «Il gaspille 175 millions de dollars pour des élections anticipées au lieu de les utiliser pour réparer notre système de santé défaillant et rendre votre vie plus abordable.»
Doug Ford a rendu visite à la lieutenante-gouverneure Edith Dumont mardi après-midi afin de demander la dissolution de l'Assemblée législative de la province. Les décrets ordonnant des élections dans les 124 circonscriptions électorales de la province doivent être publiés mercredi.
M. Ford a affirmé qu’il avait besoin du «plus grand mandat de l’histoire de l’Ontario».
Ses progressistes conservateurs ont remporté 83 sièges aux élections de 2022, bien que ce nombre s’élève maintenant à 79 en raison de diverses démissions.
M. Ford dit qu'il prévoit agir en sa qualité de premier ministre, notamment en se rendant à Washington en février avec un groupe d'autres premiers ministres, tout en faisant campagne en tant que chef du Parti progressiste-conservateur.
Presque immédiatement après sa visite à la lieutenante-gouverneure, M. Ford doit participer à une rencontre virtuelle du Conseil de la fédération avec les autres premiers ministres.
Les critiques ont avancé qu'il ne devrait pas faire campagne et agir en tant que premier ministre en même temps, mais M. Ford a rejeté cette hypothèse.
«Je suis le premier ministre», a souligné M. Ford mardi matin.
«Je vais travailler dur, comme je l'ai fait, 18 heures par jour, pour m'assurer que notre province soit prospère et que nous ayons un développement économique, et pour m'assurer que nous ayons une voix forte lorsque nous négocions contre ces tarifs», a-t-il précisé.
