Le Canada n'a pu causer la surprise, samedi, s'inclinant 33-13 devant l'Angleterre en finale de la Coupe du monde de rugby féminin sur la pelouse du légendaire stade Twickenham.
Cette victoire de l'Angleterre, après avoir marqué cinq essais contre deux pour les représentantes de l'unifolié, couronne un cycle de Coupe du monde impressionnant, au cours duquel les 'Red Roses' ont gagné chaque match, 33 de suite, pour réaliser la plus longue séquence du genre en rugby international.
L'Angleterre avait perdu ses deux finales précédentes, et cinq de ses six dernières.
«Le passé dicte le présent, et les filles ont tenu bon tout au long du tournoi et ont créé un lien avec le pays, a déclaré le sélectionneur anglais John Mitchell. Je pense que nous avons été superbes en défensive pendant le tournoi; notre attaque n'avait pas besoin d'être à son meilleur niveau, mais elle a été suffisamment efficace pour faire le travail.»
Le Canada a bousculé tout le monde, incluant la championne en titre, la Nouvelle-Zélande, en demi-finales, en route vers sa première finale en 11 ans. Il a ainsi confirmé son deuxième rang sur l'échiquier mondial.
«Nous sommes sorties un peu à plat, aujourd'hui. Nous n'avons pas imposé notre rythme, a dit la capitaine de l'équipe canadienne, la Québécoise Alexandra Tessier. Nous n'avons pas paniqué, mais nous n'avons pas suivi notre plan de match, et je crois que ça nous a coûté cher.
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«Je dois lever mon chapeau aux filles, elles ont fait un boulot formidable pendant tout le tournoi. Je suis très fière — nous avions la certitude de pouvoir compléter le travail, mais ça n'a tout simplement pas tourné en notre faveur aujourd'hui», a-t-elle résumé.
Comme l'a souligné Tessier, la formation de l'unifolié n'a jamais pu installer son jeu, se heurtant systématiquement à la muraille défensive de l'Angleterre.
«Nous avons tout cassé aujourd'hui, et je ne pourrai jamais remercier suffisamment les filles de s'être sacrifiées comme elles l'ont fait sur le terrain», a mentionné la capitaine des 'Red Roses', Zoe Aldcroft.
Cette finale, qui s'est déroulée devant une salle comble de 81 885 spectateurs, soit la plus grande foule de l'histoire du rugby féminin, a permis à l'Angleterre de démontrer sa puissance et son rythme effréné. Les Anglaises ont du même coup décroché leur troisième Coupe du monde, après leurs triomphes de 1994 et 2014.
Le Canada convoitait son premier titre, après s'être incliné devant l'Angleterre en finale en 2014.
Asia Hogan Rochester a inscrit deux essais du côté des représentantes de l'unifolié. Sophie de Goede a ajouté un botté de pénalité, mais a raté deux tentatives de transformation de deux points.
L'Angleterre a profité rapidement des erreurs des Canadiennes en inscrivant trois essais sans riposte pour prendre les commandes 21-8 à la mi-temps.
Le Canada n'a jamais pu combler ce déficit. L'Anglaise Alex Matthews a marqué un deuxième essai dans ce match pour creuser l'écart à 31-13 en faveur des favorites locales.
Le Canada avait pourtant donné le ton au match lorsque Hogan-Rochester a ouvert la marque en inscrivant un essai après seulement cinq minutes de jeu. Les 'Red Roses' ont toutefois gardé leur sang-froid, et leur patience a été récompensée.
«Elles ont simplement été meilleures que nous, et nous n'avons pas marqué quand nous devions le faire, donc c'est difficile à avaler, a admis le sélectionneur canadien Kevin Rouet. Quand tu joues contre l'Angleterre, si tu ne marques pas quand tu en as l'opportunité, alors tu ne gagneras pas la rencontre.»
Le bronze pour les «Fougères Noires»
Un peu plus tôt samedi, la Nouvelle-Zélande a conclu la Coupe du monde de rugby féminin du bon pied, après avoir enfoncé six essais contre la France en route vers l'obtention de la médaille de bronze sur la pelouse du stade de Twickenham.
Les 'Fougères Noires' ont signé une victoire à sens unique de 42-26 lors de la petite finale, tournant ainsi la page sur leur défaite crève-coeur contre le Canada en demi-finale. Il s'agissait alors de leur première défaite en match éliminatoire en 34 ans.
L'ailière Braxton Sorensen-McGee, un espoir âgé de 18 ans qui disputait sa première Coupe du monde, a inscrit ses 10e et 11e essais du tournoi, le deuxième plus haut total dans l'histoire du prestigieux tournoi. Seule sa coéquipière Portia Woodman-Wickliffe a surpassé son total: 13, en 2007.
Renee Holmes fut sacrée la joueuse du match avec une contribution de 17 points, incluant cinq bottés de pénalité.
- Avec Foster Niumata, de l'Associated Press
