Justice

Ivre au volant, il tue son ami: Julien Ségaux devra purger sa peine à domicile

«Julien Ségaux doit faire face aux conséquences de cette bavure, qui a changé le cours de la vie de deux familles.»

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Ivre au volant, il tue son ami: Julien Ségaux devra purger sa peine à domicile Ivre au volant, il tue son ami: Julien Ségaux devra purger sa peine à domicile

Julien Ségaux, un jeune chauffard intoxiqué ayant causé la mort de son meilleur ami en 2021, devra purger une peine dans la collectivité de deux ans moins un jour, en plus de respecter d'autres conditions.

C'est ce qu'a statué le juge Jean-Jacques Gagné jeudi matin au palais de justice de Montréal. Rappelons que la mère de la victime avait demandé au tribunal en novembre dernier que l'accusé n'aille pas en prison.

«Julien Ségaux doit aujourd’hui faire face aux conséquences de cette bavure, qui a changé le cours de la vie de deux familles.»
-Le juge Jean-Jacques Gagné au début de la lecture de sa décision

L'homme de 21 ans avait plaidé coupable en août 2024 à une accusation de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort de Noah-Leewis Mercier.

Outre une condamnation à 200 heures de travaux communautaires à réaliser dans les 18 mois, M. Ségaux devra purger sa peine à domicile pendant les 12 premiers mois, à l'exception de quelques situations : lorsqu'il suivra sa thérapie, accomplira ses travaux communautaires, rencontrera son agent de surveillance, participera à sa réadaptation ou pour des raisons religieuses.

Pour le reste de sa peine, l'accusé devra être à la maison entre 22h et 8h du matin, sauf exceptions.

Tout au long de la lecture du jugement, la mère de l’accusé a été très émotive et a versé quelques larmes. À un certain moment, elle a posé sa tête sur l’épaule de son fils.

Pour expliquer sa décision, le juge Gagné a énuméré plusieurs facteurs atténuants, dont entre autres l'âge de l'accusé au moment des faits, son plaidoyer de culpabilité, ses remords et excuses ainsi que l'absence d'antécédents judiciaires.

Dans ce dossier, la poursuite réclamait une peine de deux ans, moins un jour, derrière les barreaux, alors que la défense demandait une peine de prison de 18 mois à purger dans la collectivité. 

«Je ne peux pas dire que je ne suis pas déçue de la décision. [...] Je vais quand même prendre le temps de regarder la décision», a réagi la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sylvie Dulude, à Noovo Info. «Comme le juge le mentionnait, ce type d'infraction sème de la souffrance dans toutes les familles.»

Marie-Christine Parent, la mère de Noah-Leewis, avait dit au tribunal qu'elle n'en avait jamais voulu à Julien Ségaux pour la mort de son deuxième fils dans un accident de la route.

Noovo Info Marie-Christine Parent, mère de Noah Leewis Mercier (Noovo Info)

«Il a plus besoin d'aide pour se sortir de tout ça. Je crois qu'aller en prison va le faire souffrir davantage et je ne sais pas s'il va s'en sortir», avait dit Mme Parent en novembre dernier. «Mon fils aurait été le premier à dire que ce n'était pas de sa faute et que c'était une décision conjointe. [...] J'espère que ça peut servir de leçon pour d'autres jeunes et adultes.»

Rappel des faits 

L’accusé, Julien Ségaux, et la victime, Noah-Leewis Mercier, étaient deux grands amis d’enfance. 

Le soir du drame, ils ont passé la soirée à jouer à des jeux vidéos en buvant de l'alcool.

Facebook | Maryline Picard (Facebook | Maryline Picard)

Vers 3h du matin, Julien Ségaux - qui était âgé de 18 ans - a pris le volant, alors qu'il était ivre. Son taux d'alcoolémie dépassait deux fois la limite permise.

Il a roulé à très grande vitesse sur le boulevard des Sources près de l’autoroute 20, dans l’ouest de Montréal. Il a perdu le contrôle de son véhicule, qui a percuté une glissière de béton avant de tomber quelques mètres plus bas sur le boulevard Cadinal.