Kim Clavel et Fara El Bousairi se sont livré un combat endiablé en finale du gala présenté jeudi soir au Cabaret du Casino de Montréal. La Québécoise voulait s'assurer de ne pas laisser de doutes dans la tête des trois juges, mais elle n'a pas réussi à tous les convaincre, signant une victoire par décision majoritaire.
Deux juges ont donné des pointages de 96-94 et 98-92 à Clavel (18-2, 3 K.-O.), qui a eu, en El Bousairi (8-4, 3 K.-O.), une adversaire de qualité. Le troisième a vu un combat nul, 95-95.
«Je ne parle plus des juges, a dit Clavel avec sagesse en mêlée de presse. Je suis très contente de ma performance. J’ai suivi notre stratégie, notre plan de match. J’étais en très grande forme physique. C’est une adversaire qui était lourde, imposante physiquement. J’ai su m’imposer par ma rapidité.
«C’est certain que ça fait une petite boule dans le ventre, a-t-elle ajouté quand on lui a demandé quelle sensation elle ressentait en entendant un tel pointage. C’est un risque, c’est un sport qui est jugé.»
Celle qui est classée deuxième aspirante à la World Boxing Association (WBA) et au World Boxing Council (WBC) et quatrième à la World Boxing Organisation (WBO) chez les mi-mouches a livré une bagarre solide.
Après un premier round serré, au cours duquel l'Espagnole a placé de bons crochets de gauche, Clavel est passée à la vitesse supérieure.
Ses combinaisons précises aux deuxième, troisième et au quatrième — quelle gauche au corps suivie de deux combinaisons au corps et à la tête! — ont laissé peu de chances à El Bousairi de s'exprimer. Elle en a ajouté au cinquième. En termes de boxe, elle a joué avec son adversaire pendant ces quatre rounds.
«C’est un beau combat de qualité, contre une fille qui est une guerrière qui est venue ici pour boxer, pas pour venir chercher un chèque, a noté Clavel. Après une défaite, c’est difficile de revenir. Je l’ai fait. Je suis contente, je vais bien dormir.»
Les sixième, septième et huitième ont été plus serrés et c'est possiblement dans cette portion du combat que Clavel a perdu la faveur du troisième juge, même si ce pointage égal semble sévère.
Se sachant en difficultés, El Bousairi a ouvert la machine en début de 10e round, lançant tout ce qu'elle avait. Elle n'a toutefois pas été en mesure de soutenir le rythme pendant deux minutes et c'est en grande force que Clavel a terminé le combat, remportant sans équivoque ce dernier assaut.
«Je pense qu’elle a été surprise par ma vitesse, a expliqué Clavel. Je l’ai solutionnée, mais j’ai senti à certains moments qu’elle avait du mal à le faire.»
«Kim dans ce combat a montré plus de coups de puissance que d’habitude», a pour sa part indiqué son entraîneuse, Danielle Bouchard.
«Malgré que j’étais la plus légère, j’ai placé les meilleurs coups de puissance», a renchéri Clavel.
Clavel s'en est sortie sans coupures et avec seulement quelques ecchymoses, ce qui devrait lui permettre de remonter dans le ring sur la prochaine carte de Groupe Yvon Michel, le 16 mai.
«Je vais prendre quatre ou cinq jours de repos, mais ce sera une continuité avec le dernier camp.
«J’ai vraiment eu du plaisir, c’est ce que j’ai dit à mon équipe en terminant. (…) Je suis fière de notre réussite. On remonte la pente.»
Marie-Pier Houle dispose de Marisa Joana Portillo de façon convaincante
Marie-Pier Houle a couronné une sous-carte de grande qualité jeudi soir au Cabaret du Casino de Montréal en battant l'Argentine Marisa Joana Portillo, qui a abandonné après le troisième round d'un combat à sens unique.
J'avais du fun en tabarouette!, a lancé Houle aux journalistes réunis en coulisses. J'ai mal dormi, j'ai passé la nuit à visualiser ce qui allait arriver. Je voulais vraiment l'arrêter cette fille-là. Elle avait 41 combats. Oui, beaucoup de défaites, mais elle ne s'était jamais fait arrêter, même en championnat du monde. De savoir que j'ai réussi à l'arrêter après trois rounds... C'est ce qu'on avait établi comme plan: d'y aller fort les trois premiers rounds.'
Houle (10-1-1, 3 K.-O.), aspirante no 8 à l'International Boxing Federation (IBF) des super-légères, a martelé Portillo (20-19-3, 4 K.-O.) de plusieurs coups en puissance dans tout le combat, mais jamais autant que dans les 30 dernières secondes du troisième round.
L'Argentine n'a pas répliqué à cette salve sans fin, amorcée par un uppercut qui a complètement trompé la garde de Portillo. Houle a lancé la suite de cette attaque des deux mains. Elle a seulement manqué de temps pour lui passer le K.-O.
