Économie

Algoma Steel va licencier 1000 employés, selon le syndicat

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5105432e1509e46d77ba37df3d16ec017ab191dd3d9cd794a20fe97301846e16.jpg Des machines et des travailleurs sont visibles chez Algoma Steel, à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, le vendredi 25 avril 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick (Sean Kilpatrick/Sean Kilpatrick | La Presse canadienne)

Algoma Steel prévoit de licencier plus de 1000 employés au cours des prochains mois, selon le syndicat représentant certains d’entre eux. 

Bill Slater, président de la section locale 2724 du Syndicat des Métallos, soutient que l’entreprise de Sault-Sainte-Marie, en Ontario, a émis 1050 avis de licenciement lundi matin, dont environ 150 concernaient ses membres. 

«Il y aura beaucoup de changements pour les gens et ce ne sera pas une transition heureuse», souligne M. Slater.

Il ajoute que l’ampleur des licenciements serait également difficile à supporter pour l’ensemble de la ville de Sault-Sainte-Marie, qui compte environ 72 000 résidents.

«C’est beaucoup de monde pour une communauté de notre taille», déplore-t-il.

Mike Da Prat, président de la section locale 2251 du Syndicat des Métallos, affirme que 900 membres de son syndicat travaillant chez Algoma Steel seront licenciés à partir du mois de mars.

Il ajoute que cette nouvelle a rendu les travailleurs anxieux et stressés à l’approche des fêtes de fin d’année.

«Vous pouvez imaginer l’ambiance qui règne, n’est-ce pas? Nous sommes le 1er décembre, ils reçoivent cette annonce et Noël est dans 25 jours», témoigne-t-il.

Production électrique

Ces suppressions d’emplois interviennent alors qu’Algoma a accéléré ses projets de fermeture de ses hauts fourneaux et de ses fours à coke dans le cadre de sa transition vers une production d’acier plus efficace basée sur l’électricité.

Ces plans sont en cours d’élaboration depuis des années, mais les droits de douane américains sur l’acier ont poussé l’entreprise à accélérer le mouvement, selon M. Slater.

«Une partie des licenciements aurait fini par avoir lieu avec la transition vers les fours à arc électrique», affirme-t-il lors d’un entretien téléphonique.

«Mais ils auraient eu lieu au moins dans un an, et non maintenant. Les droits de douane ont donc raccourci le délai.»

Algoma n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires. 

L’entreprise a également déclaré près d’un demi-milliard de dollars de pertes au dernier trimestre, les droits de douane de 50 % imposés par les États-Unis sur l’acier l’ayant effectivement exclue du marché.

C’est lors de la publication de ses derniers résultats que la société a dévoilé qu’elle accélérait la transition vers son four à arc électrique, ce qui lui donnera plus de flexibilité alors qu’elle réoriente sa production pour se concentrer sur les tôles d’acier destinées au marché canadien. 

Soutien gouvernemental

Le premier ministre Mark Carney a annoncé la semaine dernière son dernier train de mesures visant à stimuler le marché intérieur pour les producteurs d’acier et de bois d’œuvre, notamment des quotas plus stricts sur l’acier étranger entrant au Canada et la promesse de réduire les tarifs de fret pour les transports ferroviaires interprovinciaux.

Les gouvernements fédéral et ontarien ont également accordé à Algoma un financement de 500 millions $ pour aider l’entreprise à faire face à la crise du marché. 

Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, rappelle que le gouvernement avait mis en place un certain nombre de programmes pour soutenir les travailleurs.

S’exprimant avant la période de questions à Ottawa lundi, il indique que des travaux sont en cours pour s’assurer que tous les niveaux de gouvernement accordent la priorité aux politiques d’achat de produits canadiens, ainsi que d’autres mesures visant à garantir la survie de l’industrie sidérurgique au Canada.

«Nous avons besoin d’une industrie sidérurgique forte au Canada», dit-il.

Les difficultés rencontrées par l’industrie sidérurgique ne sont pas uniquement dues aux droits de douane, car le secteur mondial est confronté à des problèmes de surproduction.

Lundi, le géant allemand ThyssenKrupp Steel a annoncé avoir conclu un accord avec son syndicat, alors que l’entreprise envisage de réduire sa production et de supprimer ou d’externaliser 11 000 emplois sur un effectif total d’environ 26 000 personnes.

Avec des informations de Ian Bickis et Sharif Hassan à Toronto.