Le philanthrope et économiste Alban D’amours, qui fut président du Mouvement Desjardins de 2000 à 2008, est décédé à l’âge de 85 ans.
Sa famille en a fait l’annonce lundi, sans préciser le moment du décès, dans un message sur les réseaux sociaux signé notamment par sa fille, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.
Né en 1940 à Sainte-Françoise, dans le Bas-Saint-Laurent, Alban D’Amours avait amorcé ses études universitaires en sciences sociales à l'Université Laval où il a découvert les sciences économiques, une voie qu’il ne devait jamais quitter par la suite, complétant son baccalauréat et sa maîtrise dans ce domaine dans l’institution de Québec.
Il devait par la suite ajouter un doctorat en théorie monétaire, économétrie et finances publiques à l’Université du Minnesota.
Professeur puis mandarin
À l’issue de ses études, il était devenu professeur d’économie à l’Université de Sherbrooke, où il a enseigné durant 12 ans. Un des thèmes qu’il s’était engagé à transmettre à ses étudiants était de développer leur sens de la responsabilité sociale et leur implication auprès de la communauté. En plus de son enseignement, il était devenu directeur du département et avait participé à la création de l’Institut de recherche sur les coopératives (IRECUS).
Il avait par la suite été recruté comme haut fonctionnaire par l’État québécois, devenant sous-ministre du Revenu puis de l’Énergie.
Coopératisme plutôt que capitalisme
Alban D’Amours était entré au Mouvement Desjardins en 1988 comme vice-président avant de devenir président et chef de la direction en 2000. C’est son passage au sein de cette institution qui l’avait mené à écrire le livre «Le coopératisme, un antidote aux dérives du capitalisme: réflexions ancrées dans mon parcours chez Desjardins». Il y exprimait sa vision d’un modèle d’affaires coopératif distinct du modèle capitaliste, où la propriété collective, le pouvoir partagé et l’humain sont à l’avant-plan d’une logique d’affaires distinctive basée sur la réponse aux besoins et non sur le profit.
L’actuel président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Denis Dubois, a publié une déclaration exprimant sa «profonde tristesse».
«Visionnaire, humaniste et leader engagé, il a marqué non seulement notre organisation, mais aussi le Québec tout entier, par son attachement indéfectible au modèle coopératif et son engagement constant envers les valeurs de solidarité, d’équité et de responsabilité.»
Architecte de la transformation
M. Dubois rappelle qu’Alban D’Amours a été l’architecte d’une «transformation majeure pour rendre notre grand groupe financier coopératif plus agile, plus uni et toujours mieux adapté aux défis d’une société en pleine évolution. C’est à ce grand bâtisseur que nous devons la création de la nouvelle Fédération des caisses Desjardins du Québec ainsi que la mise en place d’une direction unique.»
«Mais au-delà de ses réalisations professionnelles, poursuit-il, nous nous souvenons d’un homme profondément humain, à l’écoute et animé par le souci du bien commun. Il était fortement convaincu que la coopération était l’un des leviers les plus puissants pour assurer le progrès social. (…) Il a aussi démontré que performance et coopération peuvent non seulement coexister, mais se renforcer mutuellement.»
Grand philanthrope
L’implication philanthropique d’Alban D’Amours auprès de multiples causes ne s’est jamais démentie au fil des ans, et ce, même lorsqu’il occupait des fonctions de haut niveau. Président fondateur du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), il a aussi présidé le conseil d’administration de l’Université de Sherbrooke. Il a également siégé au conseil de la Fondation Lucie et André Chagnon et de Cominar dont il a assumé la présidence.
Il a aussi mis son expertise au service du public, présidant des commissions gouvernementales et comités d’experts, comme la Commission sur l’énergie, la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics et celle sur l’avenir du système de retraite québécois.
Il a longtemps été membre du Bureau des gouverneurs de la Fondation Québec Philanthrope et membre du conseil d’administration du Groupe Femmes Politique et Démocratie.
Il a été fait grand officier de l’Ordre national du Québec en 2008 et a été nommé membre de l’Ordre du Canada en 2012.
