Des vidéos humoristiques présentant le vol à l’étalage comme une façon d’obtenir gratuitement des objets coûteux circulent sur les réseaux sociaux. Certaines de ces publications ont accumulé des centaines de milliers, voire des millions de vues. Bien que la plupart soient des mises en scène, certaines laissent davantage planer le doute quant à leur authenticité.
Au-delà de leur caractère humoristique, ces publications peuvent toutefois avoir un impact sur les jeunes qui les consomment, prévient Florence Marcil-Denault, psychologue spécialisée en santé mentale.
«Il y a là-dedans une espèce de banalisation du geste qui est commis, qui est un geste criminel», affirme-t-elle.
Les vidéos prennent souvent la forme de pseudo-tutoriels montrant comment obtenir gratuitement des objets dispendieux. Coller un code-barre de banane sur une console de jeux vidéo ou encore glisser un ordinateur portable dans une grosse poubelle, ce n’est pas les moyens qui manquent.
Selon la psychologue, les adolescents sont particulièrement sensibles à ce type de contenu puisqu’ils traversent une période de développement où ils cherchent encore à définir leur identité.
«Ils sont en recherche totale d’identité, explique-t-elle. Ils peuvent aller chercher dans ce genre de vidéos-là un modèle à suivre sans se rendre compte qu’ils sont en train de finalement se faire dire de faire un peu n’importe quoi.»
«C’est très difficile, contrairement à ce qu’on pourrait penser, d’être soi quand on est ado», renchérit la spécialiste. Elle explique que malgré le désir des adolescents d’affirmer leur individualité, ils demeurent fortement influencés par leurs pairs en raison de leur côté suggestible «vraiment élevé».
Le piège des algorithmes
Les algorithmes des plateformes contribuent également à multiplier l’exposition à ce type de contenu.
Florence Marcel-Denault observe que les réseaux sociaux favorisent une certaine uniformisation des comportements et des tendances. Elle ajoute que le principal risque réside dans l’accumulation de contenus similaires. À force de voir les mêmes comportements présentés sous un angle divertissant, certains jeunes peuvent finir par les percevoir différemment.
«Plus on voit du contenu, tranquillement pas vite, on se désensibilise au contenu», affirme-t-elle.
La psychologue estime que les parents et les écoles ont un rôle important à jouer afin d’aider les jeunes à mieux comprendre les contenus qu’ils consomment quotidiennement sur les réseaux sociaux.
