Journée plus rassurante mercredi aux abords de la rivière Saint-Maurice, dont le débit atteignait la veille un niveau alarmant et forçait la Ville de Shawinigan à se placer en état d’alerte, vu le risque imminent d’inondations.
Il faisait beau et beaucoup de plaisanciers ont renoué avec les plans d’eau… ce qui peut s’avérer prématuré, compte tenu des niveaux d’eau. Les autorités municipales font toujours appel à la prudence citoyenne et recommandent d’éviter la rivière jusqu’à nouvel ordre.
«Pour ce temps-ci de l’année, c’était peut-être cinq à six fois plus élevé au niveau des débits», a calculé le directeur du Service incendie à la Ville de Shawinigan, Jean-Philippe Leblanc, dans un entretien avec Noovo Info. «C’était comparable à ce qu’on a en crue printanière.»
Des accès à l’eau ont été fermés et les activités nautiques ont été suspendues.
L’enjeu maintenant, c’est qu’il fait beau, constate le directeur Leblanc. «Les gens sont portés vers les plans d’eau, mais les débits sont importants et causent des risques pour la sécurité», dit le policier.
«On invite les gens à ne pas aller sur l’eau.»
— Jean-Philippe Leblanc, directeur du Service incendie à la Ville de Shawinigan
Prêts
Interrogé par Noovo Info, Guy Lessard, lui pense que «le danger est passé», mais ce citoyen riverain a pris les risques au sérieux.
«On a été avisés de bonne heure le matin qu’Hydro-Québec allait ouvrir le barrage de Grand-Mère et que, dans l’heure qui allait suivre, on était à risque d’inondations», a confié M. Lessard à Noovo Info. «On avait commencé à travailler à sécuriser le quai.»
À l’administration municipale, on affirme qu’on était prêt à toute éventualité au moment où la rivière menaçait de déborder.
«Nos services d’incendie était là et les gens pouvaient aller chercher des poches de sable au besoin – ils peuvent encore aller en chercher», a commenté le président de la Sécurité civile à la Ville de Shawinigan, Louis-Jean Garceau. «Là, ça s’est calmé.»
Un effet de domino
La hausse du débit de la rivière Saint-Maurice ne s’explique pas uniquement par les fortes précipitations: l’eau accumulée en Haute-Mauricie, particulièrement à La Tuque, descend progressivement la rivière après l’ouverture du barrage d’Hydro-Québec à Grand-Mère, qui a bien communiqué la situation.
Voilà qui a eu un effet «domino», selon M. Garceau, mais les autorités étaient avisées et prêtes.
Reste que des débris se sont retrouvés à la Marina de Grand-Mère. «Il n’y a pas eu de dommage comme tel», a toutefois déclaré le maître de port Louis Morais, «parce que le bois vient s’accoter dans les bateaux très tranquillement».
«Le problème, c’est que, quand ça s’accumule comme ça, ça fait le même effet qu’un [barrage] de castors: ça s’entremêle», déplore M. Morais. «Il faut le détricoter, enlever les débris un par un.»
Une estacade dédiée à la protection des plaisanciers en bloquant l’accès à proximité du barrage a d’ailleurs cédé, ce qui entraîne des risques en raison de la présence de turbines.
La surveillance se maintient dans le secteur, car les niveaux d’eau pourraient mettre des jours avant de revenir à la normale de saison.

