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Vous déménagez? Les étapes à suivre pour votre assurance habitation

Certaines étapes en lien avec votre assurance habitation pourraient vous faire sauver de précieux dollars.

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De nombreux ménages québécois se préparent à déménager alors que le 1er juillet approche à grands pas. Avant d’entamer vos boîtes, certaines étapes en lien avec votre assurance habitation pourraient vous faire sauver de précieux dollars.

Selon Lydia Roy, vice-présidente produit, tarification et souscription, assurance générale, chez TD Assurance, la première étape est d’appeler votre assureur avant la date de votre déménagement.

«Il faut s’assurer qu’on comprend bien où on est assurés présentement, qu’est-ce qu’on va assurer dans le futur, mais aussi s’assurer que l’assurance demeure valide pendant qu’on passe du logement A au logement B, s’assurer que l’assurance nous suit le tout au long de ce parcours-là», conseille-t-elle.

Ce ne sont pas toutes les polices d’assurances qui couvrent vos biens lors du transport vers une autre résidence, précise Mme Roy. «Normalement, la majorité des contrats d’assurance vont couvrir les biens pendant le transport. Il peut y avoir certaines clauses si les biens doivent être entreposés entre deux logements», ajoute-t-elle.

Prendre des photos de vos biens

Avant le déménagement, Mme Roy conseille également de prendre quelques photos de vos objets importants avant de fermer vos boîtes.

Il sera ainsi plus facile de faire une réclamation en cas de vol, de perte ou de bris.

Négocier votre assurance

Vous achetez une propriété? Il est temps de prendre votre téléphone pour magasiner votre prochain contrat pour parvenir à sauver quelques sous.

Carlos Melo, responsable des affaires techniques et du Centre d’information pour le Bureau d’assurance du Canada, conseille d’ailleurs d’essayer de jumeler vos polices d’assurance auto et habitation.

«Ça pourrait vous faire économiser certains coûts, donc avoir droit à certains rabais», note-t-il.

Il faut également identifier nos besoins en termes d’assurance et jusqu’où nous sommes prêts à aller en tant que propriétaire. «Est-ce que je suis prêt à assumer peut-être, par exemple, une franchise plus élevée, une franchise c’est ce qu’on devra assumer en cas de réclamation, donc, ça peut avoir un impact sur la tarification», prévient M. Melo.

Vous avez d’ailleurs le contrôle sur certains éléments qui peuvent vous faire sauver un peu d’argent, à commencer par l’entretien de votre propriété. «Ça se résume à bien entretenir la maison, donc éviter autant que possible des sinistres va vous faire économiser à travers les années étant donné que vous n’aviez pas ou peu de réclamations», explique-t-il.

L’installation de certains systèmes de détection des dégâts d’eau, des vols ou des incendies peut également faire diminuer certains coûts de votre assurance habitation.

Et tant qu’à faire l’exercice pour votre assurance habitation, pourquoi ne pas également le faire pour votre police d’assurance auto?

Vous êtes locataire?

Même si ce n’est pas obligatoire, il est important d’avoir une police d’assurance habitation même si vous êtes locataire aux yeux de M. Melo.

«Les locataires [...] pensent des fois que c’est l’assurance du propriétaire qui va couvrir, alors que ce n’est pas toujours le cas», poursuit-il.

C’est pourtant le cauchemar de plusieurs locataires: une laveuse qui coule et qui endommage votre logement et votre immeuble. Cette mésaventure pourrait drainer votre compte bancaire de plusieurs milliers de dollars, puisque vous devrez payer pour les réparations... si vous n’êtes pas convenablement assuré.

Me Antoine Morneau-Sénéchal, avocat spécialisé en droit du logement, rappelle qu’il existe deux types d’assurances pour les locataires: l’assurance responsabilité et l’assurance pour les biens. C’est cette première qui vous permettra d’avoir la conscience tranquille en cas de sinistre.

L’assurance responsabilité concerne des événements qui sont du ressort du locataire. Par exemple, si le système électrique de votre immeuble vient à provoquer un incendie et l’endommage, vous ne serez pas concerné par les travaux.

«La personne qui veut vous imputer la responsabilité doit le prouver. Par contre, dans un cas assez courant comme une laveuse mal connectée, c’est assez facile de prouver que c’est la faute du locataire; le point d’origine va être facile à prouver», développe M. Morneau-Sénéchal.

L’assurance relative aux biens, quant à elle et comme son nom l’indique, protège les meubles et les effets personnels. «S’il y a un incendie ou un dégât d’eau, le propriétaire n’est jamais responsable de nous dédommager pour nos biens. C’est l’assureur qui va nous payer, ce n’est pas le propriétaire qui doit nous dédommager, sauf exception», indique M. Morneau-Sénéchal.

Les conséquences

Devoir débourser des milliers de dollars du jour au lendemain est une éventualité angoissante pour bon nombre de locataires et nombreux sont ceux qui pourraient avoir de la difficulté à assumer une telle dépense. La faillite pourrait par exemple être envisageable pour certains.

Un propriétaire peut également obtenir un jugement contre son locataire, lequel peut être exécuté pendant 10 ans. «Le propriétaire accumule les intérêts au taux légal pendant ce temps-là. Le propriétaire peut se dire qu’il va attendre. Si la personne a plus de sous, peut-être quelques années plus tard, s’achète un immeuble, travaille dans un emploi plus rémunérateur et envoyer un huissier pour une saisie de biens ou de salaire», illustre M. Morneau-Sénéchal.

Des recours judiciaires simplifiés

Une assurance habitation permet essentiellement d’avoir la conscience tranquille. Si votre dossier en vient à se retrouver judiciarisé, vous n’aurez par exemple pas à vous soucier des frais d’avocat.

Inversement, si vous n’êtes pas assuré, vous devrez vous charger de ces frais, si vous devez affronter votre propriétaire dans une salle de cour. Et ce dernier, qui compte généralement sur une assurance en responsabilité, risque de voir ses frais d’avocat assumés par son assureur.

Il n’est pas obligatoire aux yeux de la loi de souscrire à une assurance responsabilité, mais des propriétaires peuvent ajouter à leur bail une clause en ce sens, ce qui est tout à fait légal. De nombreux locataires ignorent d’ailleurs cette technicité, relève M. Morneau-Sénéchal.

Selon l’avocat spécialisé en droit du logement, il ne serait pas vraiment envisageable ou utile de modifier la loi pour obliger les locataires à souscrire à une assurance habitation, notamment en raison du coût de celles-ci, qui vient s’ajouter à des budgets déjà serrés pour certains. «Je ne crois pas qu’on devrait l’obliger, mais on devrait peut-être plus sensibiliser les gens à ça», lance-t-il.

Par ailleurs, une assurance habitation inclut notamment une indemnité en ce qui concerne la relocalisation après un sinistre. L’assureur compense ainsi les frais d’hôtel en attendant de trouver une solution de rechange.

-Avec La Presse canadienne et Émile Bérubé-Lupien