$ Jour de paye

Trouver du logement seul à Montréal: mission quasi impossible en 2026

Un 3 et ½ dans le Grand Montréal dépasse en moyenne 1500$.

Publié le 

Trouver du logement seul à Montréal : mission impossible en 2026 La crise du logement frappe à Montréal où la recherche de logement devient de plus en plus compliquée pour les personnes seules. Avec une hausse des loyers d’appartements une chambre de près de 60% en 5 ans, certains n’ont d’autre choix que de se tourner vers la colocation.

La crise du logement frappe à Montréal où la recherche de logement se corse pour les personnes seules. Avec une hausse de près de 60% en 5 ans pour les loyers d’appartements comportant une chambre, certains n’ont d’autre choix que de se tourner vers la colocation.

«J’ai demandé pourquoi ils me refusaient et ils m’ont dit qu’ils préféraient avoir un couple», raconte Élodie Delhomme au téléphone.

Noovo Info l’a suivie dans sa recherche de logement depuis le début de l’année. Exaspérée par de longs mois de recherche, l’adjointe juridique ne pensait pas être en mesure de trouver un logement toute seule à Montréal.

Mme Delhomme doit quitter son logement puisqu’il se fait reprendre par les propriétaires.

Malgré un salaire stable, la jeune professionnelle se voit refuser plusieurs logements. «Je ne pensais pas que ça allait être si difficile et compétitif», confie-t-elle.

«C’est extrêmement facile pour un propriétaire de discriminer. C’est une pratique courante, presque encouragée», estime l’avocate maitre Brown.

La cofondatrice d’un cabinet spécialisé en droit des locataires déplore «l’optimisation des revenus» que font fréquemment les propriétaires.

Une crise qui touche tout le monde

Selon les données de Statistique Canada, le coût moyen d’un appartement d’une chambre est passé de 980$ en 2019 à 1550$ en 2025.

Avec cette estimation, une personne seule devrait toucher environ plus de 66 000$ brut par année pour éviter de verser plus du tiers de son salaire dans un loyer.

«On voit des personnes de tous les milieux et tous les âges venir demander de l’aide», affirme Sandrine Aimée Tsélikémé, coordinatrice au Comité Bails qui vient en aide aux locataires dans Hochelaga .

Celle qui voit quotidiennement la détresse des Montréalais peine à répondre à la demande : «J’ai un couple qui est venu me voir en me disant : “trouve-nous un logement ou sinon on va en finir”.»

La coordonnatrice blâme surtout le désintérêt de l’État envers le logement social. Ce qui permet de transformer le milieu immobilier «en marchandise», selon elle.

«Cette détresse vient contaminer nos vies, nos familles et nos amis... Parfois c’est vraiment difficile.»

—  Sandrine Aimée Tsélikémé, coordinatrice au Comité Bails

«Pas le choix d’être en colocation»

Voyant sa date d’éviction arrivée, Élodie Delhomme a finalement décidé de se tourner vers la colocation.

Par chance ou par la force des choses, elle a trouvé une jeune femme dans la même situation qu’elle.

À deux, trouver un appartement n’a pris que deux visites. «C’est vraiment un soulagement, on a été chanceuse de se trouver», dit-elle après avoir signé son nouveau bail.

Le gestionnaire de l’immeuble, présent lors de la signature, ne voit pas de manque de logement sur l’île. «Ça se construit partout, il n’y en a pas de crise du logement à Montréal», assure Claude Fettu.

L’homme qui travaille depuis longtemps dans le milieu estime qu’il suffit «de bien se présenter» pour trouver du logement. Il affirme néanmoins qu’une trentaine de personnes ont fait des demandes pour celui qu’Élodie Delhomme a réussie à avoir.